Souvenirs d’une rencontre avec Oscar Pistorius

Le procès d’Oscar Pistorius en Afrique du Sud me remet en mémoire la rencontre avec ce jeune homme hors norme il y a trois ans (lire ici l’article publié à l’époque dans Cosmétique Mag). Il était alors l’ambassadeur publicitaire du parfum Amen de Thierry Mugler, véritable surhomme aux jambes de carbone. Loin d’être diminué par ses prothèses, il avait au contraire quelque chose en plus, à commencer par une ambition et une volonté de se dépasser peu communes. A seulement 24 ans, il semblait heureux de sa gloire mondiale, préparait activement sa qualification pour les Jeux olympiques de Londres parmi les valides -qu’il a réussie. Il sortait aussi son autobiographie Blade Runner, aux confessions franches comme cette phrase étonnante qu’il aimait répéter : « Quand mon frère mettait ses chaussures, moi je mettais mes jambes. » Clarins Fragrance Group, propriétaire de la marque Thierry Mugler, pouvait s’enorgueillir d’avoir un porte-parole aussi charismatique. En 2013, le séducteur était 10ème du classement mondial des égéries de la beauté réalisé par Cosmétique Mag et Lexis Nexis BIS, un article bouclé juste avant le drame de la Saint-Valentin.

Oscar

Comme tous les superhéros, le champion avait ses fragilités et ses zones d’ombre qu’il cachait derrière une confiance en soi de façade. Le portrait que lui consacrait M le magazine du Monde le 14 février dernier contenait cette citation significative : « Je ne veux pas que qui que ce soit ait pitié de moi ». Lorsqu’on a surmonté des épreuves, et dans son cas la mort de sa mère a sans doute compté autant sinon plus que son handicap, on a tendance à se croire invincible, à très mal supporter les frustrations. Sa réaction excédée lors de son échec en demi-finale des Jeux paralympiques, son impulsivité alliée à son goût immodéré pour les armes à feu étaient des signaux d’alarme. Sans être psy, il semble évident qu’il lui a manqué une personne de confiance auprès de qui il aurait pu relâcher la pression, car aucun être humain, aussi exceptionnel soit-il, ne peut garder le contrôle en permanence. Une leçon qui vaut pour tous ceux qui se retrouvent un jour dans la lumière sans garde-fous solides.

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