Buly, le Midnight in Paris de la parfumerie

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Le Journal du dimanche, sous la plume de Charlotte Langrand, consacrait récemment un article à la personnalisation des cosmétiques, une tendance largement illustrée par la nouvelle parfumerie Buly, ouverte par Victoire de Taillac et Ramdane Touhami au 6 rue Bonaparte à Paris dans le 6ème.

Quand je dis nouvelle, c’est tout relatif car si l’adresse a ouvert en avril, son décor ancien à base de bois, de marbre et de carrelage brut donne l’illusion d’une officine restée dans son jus depuis deux siècles.

Buly se présente comme « officine universelle depuis 1803 » et reprend le nom de l’entrepreneur Jean-Vincent Bully, qui a inspiré le César Birotteau de Balzac. Sur une photo en noir & blanc de la fin du XIXème siècle, son fameux vinaigre de toilette s’affiche au fronton du 67 rue Montorgueuil. La maison familiale a fermé dans les années 1960 mais de nombreux Parisiens se souviennent de ses produits. Historienne de la beauté, Victoire de Taillac a retrouvé des archives chez les collectionneurs, certaines en excellent état qui ont pris leur place dans le décor de la boutique. Directeur artistique, Ramdane Touhami s’est largement inspiré du graphisme et du vocable d’origine pour créer des packagings au charme tellement désuet qu’il en devient étrange, ne ressemblant à rien de connu actuellement. Les produits s’appellent Pommade concrète (une crème pour les mains), Eau Triple (une collection de huit parfums sans alcool), Lait virginal, Eau de la belle haleine, Opiat dentaire… Les bougies d’intérieur protégées par une cloche en verre sont accompagnées d’allumettes elles aussi parfumées.

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Passer la porte de Buly, c’est, comme dans Midnight in Paris de Woody Allen, être transporté dans un autre espace-temps. Rien à voir avec la mode du vintage qui fleure bon les années 60. On a l’impression de se retrouver dans les pages du Parfum de Patrick Süskind, ou d’être une bourgeoise parisienne à la Belle Epoque. On redécouvre un patrimoine français classique mais finalement très peu conservé par les plus anciennes maisons. Guerlain fait appel à l’architecte américain Peter Marino pour moderniser son adresse historique des Champs-Elysées, Hermès crée des imprimés pour la clientèle moyen-orientale. Avec ce projet, les fondateurs, qui avaient déjà créé la Parfumerie Générale et relancé les Cires Trudon, voulaient ressusciter une maison de beauté à la française, en maîtrisant tous les détails. « Un peu sur le modèle de Santa Maria Novella à Florence », glisse Victoire de Taillac, enchantée de l’accueil du public, porté par le bouche-à-oreille et une presse élogieuse.

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