Les marques de cosmétiques doivent-elles s’inquiéter de la une de 60 millions de consommateurs?

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Le magazine de défense des consommateurs fait sa une du mois d’octobre sur son banc d’essai des produits d’hygiène-beauté, avec un titre anxiogène -« Chassez les molécules toxiques »- et un bandeau accrocheur -« Notre sélection de produits sans danger ». Le dossier intérieur est ravageur pour une marque comme Clarins qui obtient la plus mauvaise note dans deux catégories en raison de la présence d’allergènes et de phénoxyéthanol. Mais aussi pour Colgate qui s’avère contenir du triclosan, une molécule soupçonnée d’être un perturbateur endocrinien et censée être interdite par la Commission européenne. En revanche, le groupe L’Oréal s’en sort bien avec de bons points pour Mixa, La Roche Posay, Vichy et L’Oréal Paris.

L’intérêt de 60 millions de consommateurs est qu’il teste des marques tous circuits de distribution confondus et qu’il les met à égalité en toute indépendance. Avec cette méthode, le roi est nu et la vérité éclate au-delà des discours marketing. Le pouvoir d’influence de ces tests est immense et nul doute que les industriels et les distributeurs vont devoir gérer les inquiétudes de leurs clients. Chaque dossier du mensuel est un exercice de communication de crise pour les marques qui tombent dans son collimateur.

Mais il faut reconnaître aussi que la cosmétique est un sujet vendeur pour le magazine consumériste. 60 millions de consommateurs sait faire « mousser » ses unes sur les crèmes anti-rides premier prix qui s’avèrent les plus efficaces ou sur les crèmes amincissantes qui marchent. Par ailleurs, à ce jeu des gagnants et des perdants, tout est mis dans le même sac. La présence d’allergènes ne concerne que les personnes sensibilisées, et ne précise pas la source de l’allergie. Que des marques bio contiennent des allergènes, c’est compréhensible puisque qu’elles sont souvent à base d’huiles essentielles. Les fabricants qui font valoir qu’aucun conservateur satisfaisant substibuable aux parabens et au phénoxyéthanol n’a été développé ne sont pas audibles. Et les tests ne laissent jamais la possibilité aux mis en cause de répondre.

60 millions de consommateurs apporte une information au lecteur, qui est en demande de décryptage des étiquettes. Ses études sont un instrument de pression sur les marques qui ont fait de gros efforts pour réduire leur liste d’ingrédients ces dernières années. Pour autant, le magazine de l’Institut national de la consommation ne prône pas un mode de vie décroissant et ne milite pas pour le savon de Marseille pour tous. Il a besoin des marques pour continuer à faire ses tests et vendre ses exemplaires. Sa position est donc ambiguë. En attendant que chacun fabrique ses propres cosmétiques (ce qui n’est pas sans risque non plus), les industriels ont encore de beaux jours devant eux.

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