A propos pascalecaussat

Journaliste indépendante à Paris Freelance journalist living in Paris

Une bonne idée par jour : voyager en France

Le compte Instagram Atterrissage promeut les alternatives au voyage en avion

Alors que l’on essaie de saisir les contours de la vie après le confinement strict, il paraît clair que les voyages lointains ne seront pas au programme pendant un bon moment. Les vacances s’il y en a cette année auront lieu en France et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Le tourisme de masse nous a habitués (pour 20% des Terriens qui en ont les moyens) à partir à l’autre bout du monde pour un budget souvent moins élevé que si nous étions restés chez nous, encourageant un mode de vie polluant et une approche consumériste du voyage. On peut connaître la Thaïlande et Bali et n’avoir jamais mis les pieds en Lozère ou en Ariège. Et pourtant il y a en Bretagne, en Auvergne ou dans les Pyrénées des paysages qui valent bien des panoramas exotiques. Et de même que l’on peut choisir d’acheter un produit français plutôt que son alternative moins chère made in China, on peut aussi avoir une approche plus raisonnée du voyage en allant à la redécouverte des beautés locales. Ce n’est pas du repli sur soi, c’est juste un ralentissement indispensable pour la planète qui peut être consenti plutôt que contraint.

Le compte Atterrissage sur Instagram met en avant des régions de France qui font rêver comme les calanques de Marseille, le lac du Salagou, les gorges du Verdon ou une piste cyclable dans les Ardennes. Il fait la démonstration que l’on peut se dépayser sans monter dans un long courrier. Le mouvement flygskam, la honte de prendre l’avion, va certainement prendre de l’ampleur après la crise sanitaire. Et grâce au train, on peut explorer de nombreux pays d’Europe pour un bilan carbone modéré.

Une bonne idée par jour : Arte.tv

Une offre très riche de documentaires, de séries, de classiques du cinéma

Netflix, OCS, Disney +, Canal +, toutes ces plateformes sont alléchantes pour occuper son temps libre pendant le confinement mais elles sont payantes. Si l’on veut suivre aussi bien Le bureau des légendes que Succession, Years and Years ou Unorthodox (autant d’excellentes séries que je recommande chaudement), ça commence à faire un sacré budget. Il existe pourtant une façon de se divertir et de s’instruire sans bourse délier, c’est de suivre la programmation d’Arte.tv. Le week-end dernier, je me suis fait un marathon Éric Rohmer (Ma nuit chez Maud, Le genou de Claire, La Collectionneuse) et j’ai avalé la série Dérapages (pleine d’incohérences mais quand même prenante). L’offre de documentaires est passionnante et les programmes sur le voyage permettent de s’évader sans sortir de chez soi. Tout cela ne coûte pas plus cher que le montant de la redevance! Il faut se féliciter d’avoir une offre d’une telle qualité à disposition face aux mastodontes américains.

Une bonne idée par jour : être utile

L’épisode « Le Hameau » de la série L’Effondrement, visible sur YouTube. Faut-il forcément faire un métier manuel pour avoir le droit de survivre à une catastrophe? (photo AlloCiné)

Depuis le début du confinement, on a beaucoup parlé des métiers les plus utiles dans la gestion de la crise, les professionnels de santé, les employés de supermarché, les éboueurs et tous les salariés qui assurent la continuité de l’activité pour que l’eau, l’électricité, internet soient délivrés aux utilisateurs. Beaucoup de Français en télétravail ou au chômage partiel ont pu se poser la question de l’intérêt de leur métier, pas directement indispensable dans l’état d’urgence. On a même entendu que les métiers les plus utiles à la société étaient les plus mal payés, ce qui oublie un peu vite le rôle des médecins et des chercheurs en virologie, pas exactement des derniers de cordée, dans la lutte contre la maladie.

Je n’aime pas ce discours sur l’utilité, qui rappelle la révolution culturelle de Mao qui envoyait les porteurs de lunettes dans les champs. Dans un épisode de la série L’Effondrement visible sur YouTube, des rescapés sont triés selon l’intérêt de leur savoir-faire : un ébéniste a plus de valeur qu’un commercial au temps du survivalisme. Actuellement il est plus utile d’avoir un diplôme en médecine ou d’aller récolter des légumes qu’être artiste ou guide touristique, mais qui pourrait contester l’importance de l’art et de la culture pour affronter des difficultés? Les restaurants, les théâtres, les musées sont fermés parce qu’un virus invisible nous menace, pas parce que ces activités sont superflues. Et quand bien même on exerce un métier futile ou un « bullshit job » qui nous ennuie, cela signifie pas que l’on est inutile à la société ou que l’on ne peut pas se réaliser dans autre chose que son travail. La crise sanitaire pose la question du sens que l’on donne à son métier et de la reconnaissance des emplois mal payés, pas de la valeur des personnes en tant que telles.

Pendant cette épreuve, chacun peut être utile en faisant un don à une association, en aidant un voisin, en remontant le moral d’un ami, en s’occupant de ses enfants ou en respectant tout simplement le confinement pour soulager les hôpitaux. La plupart de ces actes sont invisibles et ne mettent pas leurs auteurs en danger, mais ils n’en contribuent pas moins à la cohésion de la société. Lorsque le virus sera sous contrôle comme on l’espère tous, les professions en première ligne pourront se mettre en retrait pendant que l’arrière reviendra au premier plan pour faire redémarrer l’économie. Chaque vie est précieuse et il ne faut pas laisser dire qu’il y a des utiles et des inutiles dans la société.

Une bonne idée par jour : des cocktails pour les apéros Zoom

Le confinement n’est pas l’occasion de tomber dans l’alcool, mais ces quelques recettes de cocktails festifs peuvent agrémenter les apéro visio du dimanche, en attendant de se revoir « en vrai ». Voici quatre classiques faciles à confectionner chez soi. Sans alcool, ce sont des « mocktails » rafraîchissants. À déguster avec des crudités (bâtonnets de carotte et concombre, radis, chou fleur…) et des biscuits apéro maison!

Le Moscow Mule

C’est un mélange de vodka, de citron vert et de ginger beer, un soda sans alcool au gingembre. Le gingembre est réputé pour booster l’immunité alors prenons-le comme un remontant!

Traditionnellement il se sert dans une chope en cuivre remplie de glaçons : mélanger 5 cl de vodka, 15 cl de jus de citron vert et 10 cl de ginger beer. Presser deux quartiers de citron vert et les déposer dans la chope. Garnir d’une tranche de gingembre frais et de feuilles de menthe.

Le Spritz

On ne s’en lasse pas et il nous rappelle l’Italie durement touchée par le virus. En attendant de retourner en Vénétie d’où il vient, voici la recette de ce cocktail orange :

Dans un verre à pied mettre trois ou quatre glaçons et une demie rondelle d’orange. Verser 1/3 d’Aperol, 2/3 de Prosecco et rajouter un trait d’eau gazeuse. Mélanger délicatement avec une cuillère pour faire remonter l’Aperol. On peut adapter la recette avec du Campari ou du St-Germain, une liqueur de fleurs de sureau.

Le Mojito

C’est le cocktail de l’été par excellence, bu et rebu mais celui qui demande le plus d’huile de coude. Directement dans un verre, piler une poignée de feuilles de menthe avec le jus d’un citron vert et une cuillère à café de sucre. Ajouter 5 cl de rhum blanc, remplir le verre de glaçons et allonger d’eau gazeuse.

Le Gin Fizz

L’alcool à base de baies de genièvre fait son grand retour sur les cartes de cocktail avec de nombreuses distilleries artisanales y compris en France. En attendant la réouverture des bars on peut faire cette recette chez soi avec un shaker :

Mixer 6 cl de gin, 4 cl de jus de citron, 2 cl de sirop de sucre de canne et des glaçons. Verser dans un verre et allonger d’eau gazeuse. Ajouter une rondelle de citron vert. Sans shaker, ce cocktail se nomme Tom Collins.

Merci à Laurent Guyot & Co, à Passion Prosecco, Elle à table , CuisineAZ et 1001 cocktails pour l’inspiration.

Une bonne idée par jour : empanadas

Succès assuré (photo P.C.)

L’empanada est un petit chausson à la viande que l’on retrouve dans la cuisine espagnole et d’Amérique latine. On peut le déguster à l’apéro façon tapas ou en plat principal avec une salade verte. L’idéal est de faire soi-même la pâte mais j’ai une technique express qui fonctionne très bien.

Pour une vingtaine d’empanadas il faut : une pâte feuilletée toute prête, 200 g de boeuf hâché, un petit oignon, persil, assaisonnement.

Je mélange la viande hâchée avec quelques gouttes de Worcestershire sauce, de Tabasco, une pincée de poivre (comme pour un tartare), l’oignon et le persil coupés finement. Dans la pâte feuilletée, découper des disques avec un petit verre. Placer une boulette du mélange viande-oignon au centre du disque et replier les bords en les refermant bien et en les striant avec la pointe d’une fourchette. Recouvrir les chaussons de jaune d’oeuf pour qu’ils soient bien dorés.

Enfourner dans un four chauffé à 200° pendant environ 20 minutes. Bien surveiller la cuisson afin qu’ils ne soient pas trop secs.

Pour les végétariens, on peut remplacer la viande par de l’oignon tout seul, de l’épinard, du fromage de chèvre…

Une bonne idée par jour : la fête du travail

Photo Guerlain

S’il n’y avait pas l’épidémie on irait acheter du muguet, ce serait un jour férié, on pourrait manifester. On peut quand même se promener -pendant une heure, pas plus d’un kilomètre, avec une attestation- mais certains doivent aller travailler. D’autres ont peur de perdre leur travail, en cherchent un, ou aimeraient en changer. Certains sont contents d’être en télétravail, d’autres s’impatientent de retrouver leurs collègues. Beaucoup craignent de se contaminer ou de contaminer leurs proches, beaucoup sont tristes d’être séparés. Qu’on ait un travail ou pas, qu’on l’aime ou pas, qu’on ait peur du virus ou des conséquences du confinement, on est tous dans l’incertitude. C’est un 1er mai confiné.

Une bonne idée par jour : acheter français

soutenonsnosentreprise.fr, un site pour favoriser l’achat français

La crise sanitaire mondiale que nous traversons repose la question de la relocalisation des industries. On l’a vu sur les masques et les tests, la délégation de certaines fabrications à d’autres pays a fait perdre du temps à la France dans la lutte contre l’épidémie. Pendant le confinement, les distributeurs s’engagent à privilégier les produits agricoles français, ce qui garantit des débouchés à des cultures qui doivent être récoltées.

Afin de soutenir les entreprises françaises, l’appellation Origine France Garantie et la plateforme de financement participatif Tudigo lancent une opération solidaire en trois volets : acheter français, prêter de l’argent à des TPE et PME, donner à une cagnotte. Le site soutenonsnosentreprises.fr recense toutes les initiatives à défendre. Encore une fois, c’est le consommateur qui a le pouvoir en choisissant les achats qui ont du sens : le dernier smartphone à la mode fabriqué dans des conditions sociales et environnementales déplorables qu’il changera dans un an, ou une production locale d’alimentaire ou de cosmétiques qui font vivre des salariés à côté de chez lui? Difficile d’arguer que le made in France coûte cher quand on dépense sans rechigner des dizaines d’euros par mois en abonnements à internet et à des plateformes de streaming (souvent américaines). Tout est question d’arbitrage et du coût réel de ce que nous achetons.

Cela fait des années que j’écris sur le « made in France », principalement dans Le Journal du dimanche. Je me tue à dire qu’acheter français n’est pas un mot d’ordre nationaliste mais une garantie de créations d’emplois et de cohésion sociale. La France est allée trop loin dans la destruction d’emplois industriels et a toutes les peines aujourd’hui à retrouver des savoir-faire dans le textile notamment. J’espère que cette crise remettra en cause une mondialisation excessive, même s’il y a fort à parier que la Chine fera pression pour que l’on continue d’acheter ses produits. Une consommation plus locale, plus raisonnée, dans tous les pays, peut cependant assurer une mondialisation plus responsable et moins coûteuse pour l’environnement.

Les scénarios de l’après-crise

Une analyse de L’Échangeur BNP Paribas Personal Finance

La semaine dernière, L’Échangeur BNP Paribas Personal Finance a organisé un webinar sur les scénarios économiques de l’après-crise. En collaboration avec l’Observatoire Cetelem, le centre d’innovation dédié au commerce a formulé quatre hypothèses pour l’avenir de la distribution et de la consommation. Aucune ne l’emporte sur les autres, la réalité sera plus vraisemblablement un mélange des quatre modèles. Grands groupes et petits acteurs, technologie et local auront leur place dans le fameux « monde d’après ». 

Star Systems

C’est le triomphe des grandes entreprises capables de s’adapter, LVMH qui fabrique du gel hydroalcoolique, Décathlon qui offre les plans de ses masques de plongée pour les transformer en respirateurs, Nike qui fabrique des visières et propose des activités sportives à faire en intérieur. Amazon, Carrefour, Tesco, Walmart approvisionnent et livrent les consommateurs quitte à faire évoluer leur modèle avec le développement du paiement sans contact ou la signature de partenariats avec Uber Eats par exemple. À côté de ces « gagnants », la descente aux enfers s’accélère pour les grands magasins américains ou André en France.

Life Control

L’utilisation des données de santé est une composante essentielle des plans de sortie de la pandémie. Les Gafas sont sur les starting blocks et en Chine, Alibaba est associé aux projets de smart cities équipées de caméras capables de repérer la température corporelle des individus. Les objets connectés comme l’Apple Watch ou FitBit racheté par Google vont pouvoir détecter si leurs porteurs ont de la fièvre et les renvoyer directement vers un service de télémédecine. Amazon Alexa peut également interroger sur les symptômes, lancer une consultation à distance, commander des médicaments etc. La France et l’Europe sont plus prudentes sur cette évolution technologique mais Orange pourrait devenir un acteur de la télémédecine. 

Made Locally

Pendant le confinement, le commerce de proximité est passé du statut de dépannage à un commerce de fond de placard. La recherche de transparence, de qualité, s’est traduite par la croissance des drives fermiers (achats à la ferme), livraisons de paniers alimentaires en circuits courts (+70% de commandes pour La Ruche qui dit oui). On a vu le même phénomène au Québec avec la mise en place du Panier Bleu qui livre des produits québécois. Cette tendance est compatible avec la technologie : l’étude a repéré en Arizona un service de livraison par drones organisé par des petits commerçants. 

Earth in Progress

Le « made locally » permet de rassurer pendant le confinement, mais la sortie de crise à long terme se fera grâce à des solutions collectives. Le succès de C’est qui le patron?! en France est un exemple de coopération réussie entre producteurs, consommateurs et distributeurs. On assiste à une réévaluation des priorités avec la notion de confort marginal (ce nouveau produit technologique est-il vraiment indispensable? ne contribue-t-il pas à provoquer plus d’inégalité?). La hiérarchie des métiers est remise en cause, le versement de dividendes est considéré comme indécent. La philanthropie elle-même apparaît comme obsolète avec la recherche de solutions co-construites et de solidarité.

Ces quatre scénarios fonctionnent et ont leurs limites, conclut l’étude : Star System consacre les grandes enseignes et évince les plus fragiles; Life Control s’appuie sur l’innovation des Gafas en suscitant des inquiétudes sur le respect de la vie privée; Made Locally répond à l’urgence à court terme mais porte le risque d’une fermeture des frontières; Earth in Progress est le seul véritable projet de long terme mais c’est celui qui demande le plus de responsabilité et de coordination. En sommes-nous capables?

Pas facile pour un acteur de la finance comme BNP Paribas de remettre en cause le dogme du progrès, même si les banques et les assurances se sont déjà engagées à arrêter leurs investissements dans des industries polluantes. Les clients de L’Échangeur, qui sont eux-mêmes des marques et des distributeurs, ont besoin de ses analyses pour envisager leur avenir. On espère très fort que la période actuelle est l’occasion d’innover pour ne pas refaire les mêmes erreurs qu’avant. La crise climatique nous y oblige.

Une bonne idée par jour : panacotta à la vanille

Un dessert fait avec amour (photo P.C.)

Encore une recette de Marmiton. La panacotta est un dessert vraiment simple et bon, pas la peine d’acheter celles du commerce. Il faut un ingrédient essentiel : l’agar agar, un gélifiant naturel à base d’algue, il se trouve normalement en supermarchés et dans les magasins bio.

Pour 4 ramequins il faut : 60 cl de crème liquide, 70 g de sucre en poudre, 2 gousses de vanille (ou une cuillère à café d’arôme de vanille liquide), 2 g d’agar agar.

Verser la crème liquide dans une casserole (conserver une cuillère à soupe pour l’agar agar).

Gratter les grains des gousses de vanille, les ajouter dans la crème avec le sucre (ou verser la vanille liquide).

Diluer l’agar agar en poudre dans la cuillère à soupe de crème et ajouter dans la casserole.

Ma touche perso : j’ajoute une cuillère à soupe de graines de chia, elles gonflent à la cuisson et apportent de la texture.

Faire chauffer le mélange crème, vanille, agar agar à feu doux en mélangeant jusqu’à ébullition (la crème doit atteindre au moins 90° pour que l’agar agar puisse agir en tant que gélifiant). J’ai tendance à remuer avec un fouet afin de bien dissoudre l’agar agar et éviter la formation d’une peau en surface.

Verser dans des ramequins et laisser refroidir au réfrigérateur au moins 4 h.

L’idéal est de les préparer le soir et de les déguster le lendemain. On peut les recouvrir d’un coulis de fruits rouges mais nature c’est délicieux.

Une bonne idée par jour : il faut soutenir Emmaüs

Emmaüs est un acteur essentiel de l’économie sociale et solidaire à même de construire un monde plus juste et plus durable. Ses boutiques fournissent une activité aux compagnons et une aide aux personnes démunies et donnent une seconde vie à des objets pour lutter contre le gaspillage. Mais avec la crise sanitaire, son réseau est fermé et l’association n’a plus de revenus. Pour la première fois de son histoire, elle fait appel aux dons afin de traverser le cap. Ce serait vraiment trop triste qu’elle ne tienne pas le coup. On peut faire un don sur ce site, ponctuel ou régulier, en bénéficiant d’une réduction fiscale. Et lorsque l’activité reprendra, on ira acheter des vêtements et des meubles d’occasion plutôt que d’entretenir le marché du neuf coûteux sur le plan social et environnemental.