Cocktails d’hiver et flacons vintage dans le Journal du dimanche

La période des fêtes a été l’occasion de traiter quelques sujets de circonstance dans le « JDD ». Le mixologue Stephen Martin a concocté une recette exclusive de cocktail pour le journal, une pina colada réinventée avec de la liqueur de cerise. Un joli cadeau pour illustrer un article sur les cocktails d’hiver, ces recettes qui réchauffent après les mojito et les Spritz de l’été.

 

Dans le même numéro spécial Noël, j’ai écrit sur le retour des flacons vintage, ces anciennes formes signées Lalique ou Baccarat sorties des archives des grandes marques, Guerlain, Lancôme ou Molinard. Un savoir-faire français à préserver, à l’exemple de Lalique qui continue de fabriquer des objets en cristal dans son usine en Alsace.

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Notre avenir est-il dans les archives ?

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Dans les locaux de Perfume Holding à Paris – photos P.C.

Au coeur de l’été, j’ai rencontré Brigitte Wormser, vice-présidente création et marketing de Perfume Holding, une société à capitaux italiens qui gère les licences parfums de Ferrari, Liu Jo, La Perla et, dans les quels pays qui distribuent encore la marque, John Galliano. Elle est aussi propriétaire de la marque britannique Atkinsons, créée en 1799 et dont les archives, par des détours dont l’Histoire a le secret, se sont retrouvées à Parme en Italie. Enfouis sous une couche de poussière, les livres de comptes du début du XXe siècle révèlent des trésors : des commandes du duc de Wellington, de la famille Rothschild et autres aristocrates argentés de l’époque ; des échantillons d’étiquettes dorées à chaud, richement décorées…

Fondée par un certain James Atkinson, la marque a débuté par des baumes à la graisse d’ours parfumés à la rose, d’où le symbole de l’ours que l’on retrouvait en effigie sur les pots et qui revient aujourd’hui sous forme de clin d’oeil dans la communication. Les flacons façon flasques de whisky, certains très kitsch comme celui du Bal des Fleurs, ont miraculeusement traversé les décennies et ont inspiré une nouvelle collection, à découvrir cet automne en exclusivité au Printemps Haussmann.

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De l’officine revisitée Buly aux parfums Patou, du retour de l’Art déco à Maison Martin Morel, j’ai eu maintes fois l’occasion d’écrire sur des marques qui plongent dans leurs archives pour en exhumer des pépites. Ce n’est pas un hasard. « Notre époque est en quête d’authenticité, de la richesse des belles histoires du passé », souligne Brigitte Wormser. C’est ce que j’expliquais déjà dans l’article sur la tendance Art Déco, une période d’effervescence culturelle et artistique dans laquelle notre époque épuisée cherche à se ressourcer.

Cela est encore plus vrai de la Belle Epoque, ère bénie de prospérité et d’innovation célébrée dans l’exposition Paris 1900 au Petit Palais jusqu’au 17 août. De l’architecture au cinéma naissant, de la mode aux découvertes scientifiques, on y ressent un optimisme innocent, qui sera fracassé par la folie de la Première guerre mondiale. On y lit par exemple cette définition de l’élégance parisienne, toujours revendiquée par les maisons de couture contemporaines :

« La Parisienne diffère des autres femmes par une élégance pleine de tact, appropriée à chaque circonstance de la vie ; ses caractéristiques sont la sobriété, le goût, une distinction innée et ce quelque chose d’indéfinissable que l’on ne trouve que chez elle, mélange d’allure et de modernité et que nous appelons le chic. »

Face à un présent déprimant, il est légitime et rassurant de vouloir s’inspirer d’un passé glorieux. Cela vaut aussi pour Courrèges, dont j’ai récemment rencontré les repreneurs et dont l’esprit années 60 a une fraîcheur inaltérée. Mais j’attends avec impatience que cet enthousiasme, cet optimisme, cette gaité s’incarnent dans des références actuelles et inventent de nouvelles perspectives d’avenir à notre monde à bout de souffle.

Secouons la poussière ! De l’air !

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Un bon lieu pour s’aérer à Paris : l’esplanade de la bibliothèque François Mitterrand – photo P.C.

Parfums couture et Art Déco, mes tendances dans le JDD

C’est en visitant l’exposition Art déco à la Cité de l’architecture et du patrimoine que j’ai eu l’idée de proposer une tendance sur le sujet au Journal du dimanche (l’article est paru hier). Une large place était consacrée à deux parfums mythiques des années 20, N°5 de Chanel et Joy de Patou. Deux jus précurseurs chacun à leur manière, le premier par sa construction abstraite se démarquant de l’odeur naturelle des fleurs, le second en ayant le culot d’être le parfum le plus cher du monde en plein krach de 1929. Tous deux ont su traverser les époques, et la griffe Jean Patou trouve une nouvelle actualité dans la crise actuelle, tout comme le style Art Déco. Reprise par la société à capitaux britanniques Designer Parfums, Patou vient de retrouver son adresse historique rue Saint-Florentin à Paris et envisage de relancer la couture.

Jean Patou vient d'emménager au 9 rue Saint-Florentin près de la Concorde, l'adresse historique du temps de sa splendeur

Jean Patou vient d’emménager au 9 rue Saint-Florentin près de la Concorde, l’adresse historique du temps de sa splendeur

La tendance « couture » tombait justement à pic pour composer une page complète sur les parfums de luxe. L’Eau Couture d’Elie Saab, La Petite Robe Noire Couture de Guerlain, les lancements se télescopent sur cette thématique. Dans ces deux cas, il s’agit surtout d’habiller des déclinaisons de printemps, « flankers » destinés à animer les gammes. L’Atelier de Givenchy, qui sort aujourd’hui en avant-première au Sephora Champs-Elysées et dans une quarantaine de points de vente haut de gamme dans le monde, va plus loin en transposant les modèles d’Hubert de Givenchy et Riccardo Tisci en créations olfactives ambitieuses. La ligne de sept parfums a très bien démarré chez Harrods à Londres d’après Alain Lorenzo, PDG des parfums LVMH, et témoigne de la volonté du groupe de remettre en valeur l’héritage de ses maisons de couture. C’est fou de penser que M. Hubert de Givenchy, l’ami d’Audrey Hepburn, indissociable de la petite robe noire habilement récupérée par Guerlain, est toujours parmi nous. Une légende vivante s’il en est, qui a fêté ses 87 ans le 20 février dernier selon sa fiche Wikipedia.