Les bonnes idées de la semaine #7

#JesoutiensITELE

 

On peut ne pas être fan de l’info en continu ni même de la télévision en général et être inquiet de ce qui se passe à Itélé. Autant j’ai pu respecter la démarche d’entrepreneur de Vincent Bolloré, autant sa stratégie actuelle est incompréhensible. Apparemment, il veut faire d’Itélé, ou plutôt CNews, le futur nouveau nom de la chaîne, un Fox News à la française, à base d’infotainement et de chroniqueurs forts en gueule. Il est vrai qu’il y a beaucoup de chaînes d’info en France et qu’il faut se différencier. Il est vrai aussi que la télé potache à la Cyril Hanouna est un succès public. Pour autant, on n’est pas obligé de cautionner ce cynisme et cette course à l’audience qui font préférer Jean-Marc Morandini à des reporters de terrain. Tout cela ressemble au bon vouloir d’un autocrate qui prend plaisir à semer la discorde. Un peu comme Donald Trump qui dynamite la routine des élections américaines. Sauf que cette logique détruit de la valeur, puisque Canal + perd des abonnés à vitesse grand V et que les annonceurs désertent la tranche horaire de Morandini. A quand, peut-être, un boycott des Autolib?

La télévision et les réseaux sociaux n’ont pas besoin de plus de shows hystériques et de polémiques qui tournent à vide, quand bien même les médias doivent se réinventer. Pour tout cela, la mobilisation pour la rédaction d’Itélé illustrée par le hashtag #jesoutiensITELE est indispensable.

A lire sur le sujet : L’empire de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, le récit de la main-mise de Vincent Bolloré sur le groupe Canal +, aux éditions Seuil/Les Jours.

Edith, la diva des brosses

fullsizerender-5J’ai déjà parlé ici du combat de Bioseptyl pour conserver une fabrication de brosses à dents en France. Un tout petit combat qui concerne 28 emplois mais le symbole d’une France industrielle qui milite pour maintenir ses savoir-faire -la vallée du Thérain dans l’Oise a connu des milliers d’usines de brosses au XXe siècle, La Brosserie Française/Biospetyl est la dernière. Pour perdurer, l’entreprise doit innover, avec des matériaux recyclés, la vente sur abonnement et depuis peu un nouveau modèle, Edith, à la tête qui tourne (vous voyez l’allusion?). Cette tête amovible permet de diviser la quantité de plastique par cinq et le manche peut être en polypropylène recyclé, à base d’algues, en liège ou en bois de hêtre. On doit tous se laver les dents et les professionnels recommandent de remplacer sa brosse tous les trois mois, alors autant en faire un geste responsable, citoyen et esthétique.

A noter que le salon Made in France se tiendra du 18 au 20 novembre à Paris Porte de Versailles pour mettre en valeur ces entreprises françaises qui défendent l’emploi et l’industrie, loin du French bashing habituel.

L’exposition Roger Tallon aux Arts Décoratifs

J’ai croisé Roger Tallon à mes débuts à Stratégies, quand il travaillait encore chez Euro RSCG Design. J’ai le souvenir d’un homme affable et souriant, toujours passionné par son métier de designer à près de 70 ans. L’exposition que lui consacre le musée des Arts Décoratifs à Paris jusqu’au 8 janvier 2017 est l’occasion de faire découvrir au grand public l’oeuvre de ce touche-à-tout qui mériterait d’être aussi connu que Philippe Starck. Il a dessiné des télévisions, des réfrigérateurs, des machines à écrire, des trains Corail, des TGV et même le funiculaire de Montmartre. On sent qu’il s’est amusé toute sa vie en travaillant et son enthousiasme se ressent dans la diversité de ses projets.

Pour Design fax, j’ai interrogé des anciens d’Euro RSCG Design qui m’ont raconté un collègue qui avait un bon coup de fourchette. Cela me l’a rendu encore plus sympathique.

 

Fornasetti Profumi, le maître des illusions

Présentée au printemps aux Arts Décoratifs à Paris, l’exposition Piero Fornasetti a remis à l’honneur cet illustrateur milanais du XXe siècle, popularisé par sa collaboration avec l’architecte Gio Ponti. Ses images qui empruntent autant à la Renaissance qu’au surréalisme continuent d’être éditées par son fils Barnaba et déclinées sous forme de licences d’accessoires pour la maison, dont des bougies parfumées (il faut absolument aller se perdre sur le site internet).

Cette licence gérée depuis Londres par United Perfumes fait travailler des parfumeurs français, comme Olivier Polge, aujourd’hui créateur des parfums Chanel, auteur de la fragrance signature inspirée par les parquets et les papiers d’archives du siège milanais, Otto. Ou Emmanuel Philip, nez des bougies Cire Trudon, qui s’est promené dans les jardins de la maison pour composer la senteur Flora.

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Laurent Delafon, fier président de Fornasetti Profumi – photos P.C.

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Parce que Fornasetti ne fait rien comme tout le monde, la marque a aussi lancé des sphères de diffusion de parfum d’intérieur qui renouvellent les bâtonnets de roseau trempés dans l’huile parfumée : ceux-ci sont épais et teintés à l’encre noire pour leur donner l’aspect du charbon. « Fornasetti est une marque illusionniste », résume Laurent Delafon, le président de la licence. 

Cet automne, la maison lance deux nouveaux décors pour la fragrance Otto : R.I.P., une vanité juxtaposant un visage de femme et un crâne, et Mille Bocche, une succession de bouches qui créent l’illusion d’un flacon cannelé. Mon goût pour le gothique me fait évidemment préférer le premier.

*Les collections Fornasetti se trouvent à Paris chez L’Eclaireur.