Qui n’a pas son coussin de peau?

IMG_0648

C’est l’année de la cushion cream (littéralement la crème coussin). J’ai découvert pour la première fois ces fonds de teint imbibés dans une éponge l’année dernière, quand Lancôme a lancé son Miracle Cushion à 45 euros (photo). Les beautistas émérites connaissaient déjà ce geste de beauté des Coréennes et commandaient leurs produits directement sur le site des marques Iope ou Etude House. Mais en 2016 en France, toutes les marques s’y mettent, et à tous les prix : Kiko, Yves Rocher, Sephora, L’Oréal Paris. Yves Saint Laurent arrivera en septembre avec un boîtier noir et doré, très chic à glisser dans sa minaudière pour aller danser, comme l’égérie Cara Delevingne.

J’explique ce phénomène dans Le Journal du dimanche du 28 février.

IMG_0625

Publicités

Un peu de couleur dans l’hiver

IMG_0590

Le Joli baume de Clarins, back by popular demand

Froid, vent, grisaille, pollution, l’hiver à Paris est une épreuve. C’est pourquoi je sais gré aux marques de cosmétiques de nous offrir des bulles de bonne humeur lors de leurs présentations maquillage d’été. Les cosmétiques, c’est le petit accessoire futile qui apporte un peu de plaisir dans la vie. C’est aussi un secteur économique. Parmi les informations que j’ai glanées récemment lors des conférences de presse (reprises pour certaines par Challenges) :

-Le fond de teint Nude Magique Cushion est devenu la première référence maquillage de L’Oréal Paris en Asie.

-Givenchy a doublé son chiffre d’affaires maquillage en cinq ans dans le monde, principalement grâce au rouge à lèvres Le Rouge et au Prisme Libre, numéro un des poudres libres en Chine.

-Le Joli baume de Clarins (photo ci-dessus) a été le premier soin des lèvres vendu en sélectif en 2015. Censé rester une édition limitée, il entre au catalogue en 2016.

IMG_0597

Ceci n’est pas un gloss

A part ça on peut continuer à se lamenter sur la France qui tombe. On peut aussi célébrer le maquillage pour ce qu’il est, un univers coloré et créatif. Après avoir conquis les ongles, la couleur arrive sur les cils. Dior et Chanel ont ouvert la voie, Yves Saint Laurent va plus loin avec un mascara présenté dans un tube transparent comme un gloss, révélant des teintes flashy : fuchsia, bleu, vert, or… Des couleurs très Saint Laurent à déposer sur la pointe des cils ou en couche généreuse pour un regard en Technicolor.

Je ne sais pas où va Yves Saint Laurent, mais la licence beauté de L’Oréal Luxe se positionne de plus en plus comme la marque des party girls avec ses égéries Cara Delevingne en maquillage et Edie Campbell en parfum. Un virage très junior assez éloigné de la femme fatale fantasmée par M. Saint Laurent qui passe aussi par quelques produits iconiques comme le pinceau Touche Eclat, le mascara Volume effet faux cils ou le vernis à lèvres Rouge Pur Couture.

Photos P.C.

Design et cuivre, le bon alliage

Le cuivre, c’est le détail design qui n’a l’air de rien mais qui change tout. Deux marques de cosmétiques l’utilisent avec subtilité, l’élevant au rang de nouveau code du luxe.

Chez Codage, créée par la fratrie Amandine et Julien Azencott, la charte graphique est majoritairement noir et blanc, en cohérence avec son inspiration pharmaceutique déclinée dans la boutique de la rue du Trésor à Paris. Mais dans le laboratoire et l’espace institut, le cuivre martelé apporte la juste touche de couleur et de chaleur. Une identité visuelle signée de l’agence 7 Lieux.

IMG_0235

Derrière le comptoir d’accueil, un mur façon tableau périodique des éléments, en lien avec les ingrédients des formules personnalisables

IMG_0231

Tout en transparence, le mini-laboratoire fait apparaître le mur cuivré de l’institut

IMG_0239

Le métal vient réchauffer le code couleur noir et blanc, synonyme de rigueur scientifique

Cha Ling l’esprit du thé vient tout juste d’éclore au sein du groupe LVMH. Cette marque de cosmétiques franco-chinoise, formulée autour d’une variété ancestrale de thé du Yunnan, se veut respectueuse de la nature et de la peau. BETC Design a créé le logo et les packagings, avec de nombreuses références à la culture chinoise : idéogrammes traditionnels, volutes évoquant l’infusion du thé, toucher céramique, couleurs blanc, vert, rouge et ce qu’il faut de cuivre pour rappeler les théières traditionnelles. L’effet est apaisant, élégant, haut de gamme (jusqu’à 250 euros le masque de printemps), précurseur d’une nouvelle forme de luxe, transculturelle et concernée par la biodiversité.

IMG_0431

Chez Cha Ling, nouvelle marque franco-chinoise du groupe LVMH, le cuivre rappelle les ustensiles traditionnels chinois

IMG_0427

Blanc et cuivre, un contraste apaisant dans la salle de bain

IMG_0430

Un univers à retrouver au Bon Marché Rive Gauche

J’ai traité des projets de Codage en pharmacies dans le numéro de février de Pharmacien Manager et du lancement de Cha Ling dans Le Journal du dimanche du 24 janvier.

Toutes les photos : P.C.

Cha Ling, nouvelle marque chez LVMH

IMG_0430-2

Cha Ling est lancé en avant-première au Bon Marché avant Hong Kong à la fin du mois – photo P.C.

Aujourd’hui dans Le Journal du dimanche, je relate la création de la marque de cosmétiques Cha Ling l’esprit du thé au sein du groupe LVMH. Il est rare qu’un grand groupe coté prenne le risque de lancer une marque de toute pièce, et c’est tout à l’honneur de Laurent Boillot, le président de Guerlain, d’avoir convaincu ses actionnaires, certes avec un risque limité puisque les équipes en interne ont piloté le projet. Lancé en avant-première au Bon Marché, Cha Ling est en ligne avec la clientèle du grand magasin, avec des crèmes à 150 euros et des masques à 250 euros, mais l’approche franco-chinoise et développement durable incarne de nouveaux codes du luxe sans ostentation. Une initiative à suivre.

Le contouring, l’atelier sculpture du teint

« Merci les Kardashian ». D’après L’Oréal Paris, les produits de contouring, qui permettent de sculpter le visage à la façon de la fratrie américaine, ont représenté 45% des ventes de maquillage pour le teint en 2015. Personnellement, le fait de redessiner le contour de son visage à grands coups de pinceau me semble une activité fort fastidieuse, mais le pouvoir de prescription de Kim et ses soeurs est si fort que des cheveux aux sourcils en passant par le grain de peau, toute « beautista » digne de ce nom veut leur ressembler.

FullSizeRender

Déjà présent chez Sephora et consorts, le contouring arrive en supermarchés – photo P.C.

Ce phénomène venu des Etats-Unis arrive en France et L’Oréal Paris lance ce mois-ci sa propre gamme de contouring, Infaillible Sculpt, comprenant un fond de teint, une palette pour ombrer et illuminer là où il faut et un trio de blush. Sans oublier une brume fixatrice pour que « l’oeuvre » tienne toute la journée.

Si je passe mon tour pour le teint, je suis assez fan de la gamme pour les lèvres Infaillible Matte Max, certes au rendu mat donc sec, mais très facile à appliquer et qui tient. De quoi oser porter du rouge sans craindre la bavure.

Les prix vont de 12,90 euros les fards à lèvres à 15,90 euros le fond de teint, un maximum pour de la grande distribution. On est une émule de Kim Kardashian ou on ne l’est pas.

J’ai testé… Ban Thaï Spa à Trocadéro

Le week-end des attentats, les commerces parisiens ont connu une vague d’annulations. Pas la tête à ça, peur de sortir, anesthésie de la volonté. Mais nul doute que les lieux de bien-être vont connaître un regain d’activité cet hiver. Après tout, un bon massage est une thérapie comme une autre pour évacuer le stress et les tensions, en temps normal et plus encore pendant l’état d’urgence. C’est toujours mieux que de recourir aux médicaments ou de voter Front National.

IMG_0190

C’est dans ce contexte que j’ai pris le chemin du nouveau Ban Thaï Spa avenue Raymond Poincaré au métro Trocadéro. La chaîne compte déjà trois spas dans le Marais, à Montorgueil et à Odéon, mais celui-ci est le plus grand, 580 m2 et 15 cabines dont 8 doubles, une spécificité recherchée. Ce gigantisme ne se sent pas lorsque l’on circule dans l’espace, élégamment décoré dans des tons bois et doré.

IMG_0188

L’accueil commence par un bain de pied (qui devrait être indispensable dans tous les spas) et un longue séance de réflexologie en fauteuil. C’est le moment de se laisser aller à ses sensations en débranchant le cerveau (pas forcément facile par les temps qui courent). La réflexologie relaxe tout le corps en partant de points de pression sur la plante des pieds. C’est parfois douloureux mais c’est le prix de l’efficacité et l’effet sur l’équilibre général est réel.

IMG_0189

On aborde ensuite le massage thaï en cabine proprement dit et autant le dire pour les néophytes, on n’est pas dans des effleurements légers. Menues, les masseuses du Ban Thaï Spa sont toniques et appuient de tout leur poids au point qu’on en a le souffle coupé. Annoncé comme modéré, le massage (quand on n’est pas kiné on dit modelage) m’a paru vigoureux. Un peu comme dans un restaurant asiatique qui assure que ses plats sont tout juste pimentés alors qu’ils mettent la bouche en feu!

A noter que les masseuses utilisent de simples huiles végétales, le spa ne proposant pas de soins cosmétiques. A la sortie, un thé bienfaisant permet un retour en douceur dans la réalité.

Verdict : le massage thaï est un peu rude à mon goût, la réflexologie en fauteuil plus relaxante. Le décor et l’accueil souriant invitent au voyage.

Photos P.C.

Parfums sur mesure, l’extravagance ultime

S’offrir un parfum à 50 000 euros, est-ce bien raisonnable? C’est en tout cas ce que proposent Guerlain, Cartier et Patou à quelques privilégiés, amateurs d’un luxe non ostentatoire -car pour ce prix-là, ils pourraient s’acheter une montre clinquante ou une voiture de sport. Il est vrai que les clients de ce type de prestation repartent aussi avec un coffret en cuir et un flacon en cristal pour « épater la galerie ».

Ce sont souvent des hommes qui souhaitent faire un cadeau à leur épouse, tel ce riche inconnu qui a commandé une fontaine en cristal à l’effigie d’une rose de son jardin. L’anecdote m’a été rapportée par Stéphanie de Bruijn, qui propose aussi des parfums sur mesure dans sa boutique boudoir éponyme du 7e arrondissement de Paris, aux prix presque accessibles de 6000 à 15 000 euros. Difficile de trouver moins que 3000 euros pour une vraie création sur mesure, comme le promet le studio Flair, qui reconnaît qu’à ce prix-là les tests sanitaires ne sont pas inclus.

Je décris ce domaine peu connu de la haute couture parfumée dans un article paru le 22 octobre dans la rubrique « Affaires privées » de Challenges (l’équivalent du « How to spend it » du Financial Times, pour les CSP+++ qui ne savent comment dépenser l’argent de leurs stock options).