Bye bye 2015

WordPress m’a envoyé le bilan de mon blog en 2015. L’article le plus populaire a été celui sur le festival de Cannes. Normal, c’était un grand moment de l’année. Mais certains posts écrits en 2014 sont toujours très consultés. Et le meilleur jour pour poster est le lundi à 11h. Je m’en souviendrai pour 2016 qui sera toujours, j’en suis sûre, riche en découvertes, bonnes idées et solutions pour sauver ce monde de fou.

 

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Les bonnes idées de la semaine #1

Dans un billet désabusé, le directeur adjoint de la rédaction de L’Express Eric Mettout constatait cette semaine l’impuissance des médias face au FN. « Qu’on le dénonce ou qu’on le dénonce pas, on est toujours perdants », écrit-il en substance. Tout en réfutant l’idée que les journalistes contribuent à sa montée en créant un climat anxiogène.

Les mauvaises nouvelles existent, le monde en est plein et c’est le boulot des journalistes de les relayer. Mais je pense que les médias ont une responsabilité en déversant les malheurs du monde dans le quotidien des gens sans proposer de solutions ou sans montrer, aussi, ce qui marche, créant un sentiment de désespérance.

La peur est mauvaise conseillère et quand les néoélecteurs FN expriment de façon viscérale leur peur du multiculturalisme dans les pages de L’Obs, on enrage que les médias ne mettent pas autant en avant tous les quartiers où les cultures, les religions et les classes sociales se mêlent en bonne intelligence -le mien, par exemple. On dira que je vis dans un monde de Bisounours? Et s’il ne fallait pas plutôt s’inspirer de ce qui marche pour diffuser les bonnes pratiques?

Puisque chacun peut agir à son niveau, je vais proposer chaque semaine une sélection de bonnes idées repérées dans les médias, sur le net ou dans mes rencontres, en m’en tenant à ma ligne éditoriale de ne retenir que les idées positives.

« Arabie Saoudite Paroles de femmes », diffusé le 8 décembre sur France 5

L’Arabie Saoudite est un pays effroyable qui emprisonne, lapide, exécute ses opposants et enferme les femmes dans un carcan patriarcal. Et pourtant, même dans cette dictature, les choses avancent à petit pas. Demain 12 décembre, pour la première fois, les femmes pourront participer à une élection. Rappelons qu’en France cela ne date que de 70 ans. La journaliste Clarence Rodriguez est allée à la rencontre de femmes artistes, entrepreneuses, engagées, qui font bouger la société saoudienne en conduisant une voiture ou en dirigeant un chantier. Le reportage est à retrouver en replay sur le site de France TV. Au-delà des clichés sur la femme soumise dans l’Orient obscurantiste, leurs paroles et leurs actes ont doit à tout notre respect.

Bernard Guetta et l’idéal européen

Encore un membre de « l’élite » que les électeurs anti-système abhorrent mais Bernard Guetta a trouvé les mots justes dans Challenges pour exprimer ses sentiments face à la montée du vote FN -et de l’extrême-droite dans le monde puisqu’on peut inclure Donald Trump dans le même marigot. Je retiens l’extrait ci-dessous mais j’adhère à l’ensemble de son billet. On a besoin de ces voix mesurées et intelligentes.

« Il y a des idées, des innovations, des entrepreneurs du XXIe siècle, des individus mais pas de force politique assez consensuelle et majoritaire pour indiquer une direction, tracer la route et rendre sa noblesse à une puissance publique faite pour bâtir un futur crédible et mobilisateur. »

Diva Madonna 

J’avoue, j’ai craqué quand j’ai vu la vidéo de Madonna chantant Imagine sur la place de la République, avec son fils à ses côtés et sa doudoune à 10 000 dollars. C’est kitsch et corny (nunuche) comme peut l’être une diva américaine à des millions d’années lumière de la vie réelle, mais on sent sa sincérité et son émotion authentique face à toutes les vies brisées dans les attentats. A sa façon à elle, de chanteuse et de star, elle a rendu un bel hommage à l’humanité et au vivre ensemble, et les Parisiens qui ont partagé ce moment avec elle ne s’y sont pas trompés.

 

Pour une viralité positive!

Pas facile de garder le cap des bonnes idées quotidiennes en ce lendemain d’élections. Ce ne sont pas les idées qui manquent, la France et le monde sont pleins d’initiatives enthousiasmantes, d’entrepreneurs talentueux, d’artistes visionnaires. Mais la noirceur et la violence s’imposent par la force et recouvrent tout si on les laisse faire. Pourtant, la beauté et la bienveillance, par définition plus humbles, existent aussi pour qui veut les voir.

En tant que journaliste, je suis bien placée pour savoir que les mauvaises nouvelles font de meilleurs sujets que les bonnes. Il est plus gratifiant de révéler des scandales que de célébrer les pratiques vertueuses. Et pourtant… N’est-ce pas un cliché journalistique? Face à la profusion d’émetteurs, quand chacun peut s’improviser média sur sa page Facebook ou relayer des propos racistes sur son compte Twitter, y compris pour les dénoncer, les journalistes de métier ont une responsabilité accrue.

Il ne s’agit pas d’appeler à l’autocensure, mais de résister à la cacophonie ambiante qui donne l’avantage à ceux qui parlent le plus fort. C’est comme si, une fois les vannes ouvertes sur les réseaux sociaux, on ne pouvait plus fermer le robinet. Puisqu’un média ne peut pas se passer de Facebook pour exister, qu’il s’en serve au moins pour diffuser des informations constructives. Qu’il évite de relayer le moindre fait divers anxiogène par exemple. Car l’état électoral de la France vient aussi de là.

Le dossier consacré cette semaine par L’Obs aux néo-électeurs FN est à ce titre éloquent. On s’attend à des citoyens déclassés, au chômage. Ils ont tous un emploi qualifié (enseignant, graphiste, comptable). Leur vote relève largement du fantasme : perte de repères, incompréhension d’un monde qui change, incapacité à se situer dans une société multiculturelle. On est proche du constat du livre La France périphérique de Christophe Guilluy, qui traite de l’abandon des classes moyennes françaises par les élites parisiennes. Sans être confortées directement au terrorisme, à la délinquance ou à la précarité, elles votent FN, « parce qu’on n’a pas encore essayé », « parce que ça ne peut pas être pire », parce que les médias et les politiques alimentent leurs peurs. A noter que le 11e arrondissement, touché au coeur par les attentats du 13 novembre, a donné un score de 7,5% au Front National, contre 36% pour l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine par exemple. On est donc bien davantage dans l’irrationnel que dans la réalité vécue de près.

Naïvement, je crois à une viralité positive. A des débats numériques mesurés où chacun prend le temps de développer ses arguments et d’écouter ceux des autres, avec l’envie de poursuivre la conversation « dans la vraie vie ». Se parler tout simplement, c’est sans doute ce qui manque le plus aux électeurs apeurés qui tremblent devant BFM TV et filent voter pour les extrêmes quand une élection se présente. Utiliser les médias sociaux et traditionnels pour s’informer et échanger, c’est bien, mais pas au détriment de sortir, voyager, développer son esprit critique, vivre enfin, loin des écrans.

Du côté politique, j’espère aussi l’émergence d’un mouvement tourné vers l’avenir, qui ne serait basé ni sur l’invective ni sur la stigmatisation, conscient des problèmes mais porteur de solutions, ouvert sur le monde actuel et capable d’en valoriser les opportunités. Une alternance synonyme non pas de repli sur soi mais de vitalité démocratique comme en Espagne, en Grèce ou  en Ecosse, à même de susciter l’adhésion pour contrer l’abstention qui gonfle artificiellement les scores de l’extrême droite.

Pour ma part, sur ce blog, sur les réseaux sociaux et dans mon travail de journaliste, je vais continuer de faire ce que j’aime le plus, écrire sur les start up dynamiques et le made in France créateur d’emplois (voir ici et ). Y compris dans le secteur des cosmétiques si futile, donc indispensable.