Tout savoir sur le marché français du parfum

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À l’occasion des Fifi Awards, les prix de la Fragrance Foundation France, l’association qui promeut la parfumerie française, le magazine professionnel BW Confidential m’a confié un dossier sur l’état des lieux des ventes de parfums dans l’Hexagone. Autant le dire, elles ne sont pas florissantes, les consommateurs se détournant d’année en année de cette catégorie de produits. Plusieurs raisons à cela : la concurrence des smartphones et autres joujoux électroniques qui grèvent les budgets, la « génération selfie » qui préfère un maquillage qui se voit à un parfum évanescent, la mauvaise adéquation de la distribution aux comportements des acheteurs…

Pour ce sujet, j’ai interrogé des dirigeant.e.s de l’industrie, de Chanel à Shiseido en passant par Coty, Puig et NPD, l’institut qui mesure les ventes en sélectif (parfumeries et grands magasins). Ils m’ont livré leur vision du marché et leurs idées pour stimuler les ventes, aux côtés des experts Pierre Bisseuil de Peclers Paris, Sylvie Polette, ex-parfums Jean Paul Gaultier, et Anaïs Dupuy de Kantar Worldpanel. Un gros travail d’enquête qui suppose de contacter des dizaines d’interlocuteurs et de trouver des chiffres jalousement gardés par les panélistes. Ce dossier ainsi que le compte-rendu des prix a été publié dans un numéro spécial de BW Confidential diffusé lors de la soirée des Fifi Awards, le 11 avril, salle Wagram à Paris.

A retrouver ici le dossier réalisé pour les Fifi Awards 2017 avec le retour sur les 25 dernières années du parfum et le numéro spécial sur les Achiever Awards du CEW France (association caritative et réseau professionnel).

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Design, cosmétiques, management, résumé des épisodes précédents

Les cosmétiques noirs dans le Journal du dimanche

Les masques et crèmes de couleur noire sont une tendance de fond du monde des cosmétiques. Appréciés pour leur aspect spectaculaire, ils sont les stars de Youtube et Instagram, parfois à l’excès avec des produits non homologués épinglés par la Febea (Fédération des entreprises de la beauté). La couleur correspond au charbon végétal qu’ils contiennent, aux vertus assainissantes. Je décris cette tendance dans le Journal du dimanche du 5 novembre.

 

Dans les coulisses du Peugeot Design Lab

Design fax est une newsletter hebdomadaire pour la communauté des designers. J’y contribue une fois par mois, en alternance avec trois autres journalistes. Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion d’interviewer le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris sur ses actions en faveur du design, de faire le portrait de la jeune société de mobilier Versant Édition, et de visiter le Peugeot Design Lab, le studio de design hors automobile du constructeur. En quelques années, cette agence est devenue une référence dans le monde des transports, avec des réalisations pour Alstom, Airbus, et un vélo pliant qui lui a donné du fil à retordre. Article paru le 9 octobre.

 

Achiever Awards du CEW

Pour le magazine BW Confidential, j’ai réalisé les portraits des lauréats des Achiever Awards du CEW, réseau à la fois professionnel et caritatif du secteur de la beauté. L’occasion de découvrir l’itinéraire étonnant d’Elise Boghossian, acupuntrice à Paris qui part une fois par mois soulager les réfugiés d’Irak. Et d’interroger Françoise Montenay, l’opiniâtre présidente du CEW dont l’action permet d’apporter du bien-être aux malades du cancer. À feuilleter ici le « flipbook » distribué en version papier lors de la remise des prix le 6 novembre.

Le nez des designers

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Nez, la revue olfactive, en est déjà à son numéro 4 (revoir ici mes précédents articles). En complément du dossier spécial sur parfum et art, j’ai interrogé six designers français sur leur rapport aux senteurs : Philippe Starck, Matali Crasset, India Mahdavi, Jean-Sébastien Blanc des 5.5, Élise Fouin, Ionna Vautrin. D’autres seront publiés sur le site, à commencer par Noé Duchaufour-Lawrance.

Sujets management pour Stratégies

Pour Stratégies, j’ai traité deux sujets d’actualité dans les ressources humaines : les shadow comex (article paru le 10 octobre) et le recrutement prédictif. Le premier concerne la création de comités de direction alternatifs pour faire entendre la voix des « millennials » dans les prises de décision.  Accor, Orange, Carrefour, Havas Media ont sauté le pas. J’ai recueilli leurs témoignages ainsi que l’éclairage du consultant Édouard Tessier du cabinet Anakao.

Le recrutement prédictif consiste à utiliser les algorithmes et l’intelligence artificielle pour recruter les meilleurs candidats dans des postes difficiles à pourvoir, non seulement en fonction de leurs compétences mais aussi du meilleur moment pour les contacter. Des robots pour remplacer les DRH? Les experts s’en défendent et font valoir au contraire une élimination des tâches répétitives au profit du contact humain. L’article est paru le 30 novembre (réservé aux abonnés les premières semaines).

Hong Kong, les tendances cosmétiques à la source

Novembre a été un long tunnel de bouclages, voyages et rendez-vous. C’est décidé, en 2017 je lève le pied. En attendant, retour sur mon séjour express à Hong Kong à l’occasion du salon Cosmoprof Asia du 15 au 17 novembre.

Cosmoprof Asia est un des plus grands salons asiatiques de l’industrie cosmétique avec China Beauty Expo à Shanghai. On y trouve toutes les marques occidentales qui veulent s’implanter en Asie, les marques asiatiques qui veulent faire le chemin inverse et les sous-traitants packaging puisque la plupart des tubes de rouges à lèvres et mascaras présents sur le marché sont fabriqués en Asie.

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La plupart des packagings de cosmétiques présents sur le marché sont fabriqués en Chine, pour beaucoup à Canton – photo P.C.

J’y étais pour le magazine professionnel BW Confidential, fondé par d’anciens du groupe de presse professionnel Cosmedia que j’ai côtoyés lorsque j’étais rédactrice en chef adjointe de Cosmétique Mag. Les cosmétiques me poursuivent, il est vrai qu’il n’y a pas tant de journalistes qui peuvent suivre la beauté avec un angle économique, qui plus est en anglais. Après avoir suivi de près l’arrivée des rituels de beauté japonais et coréens en France (les sérums, les BB creams, cushion creams et autres masques en tissu), il était temps d’aller voir ces tendances à la source, dans le continent qui les a vu naître, et de repérer celles de demain.

Constat : les cushions creams, ces éponges imbibées de fond de teint, sont partout mais l’influence coréenne recule au profit d’une approche plus régionale. En effet les Coréennes ont imposé leur idéal de peau parfaite à coup de rituels de nettoyage précis et de superposition de crèmes (il existe en Corée du Sud des émissions de télévision où l’on voit des stars se démaquiller), mais le climat de Séoul n’est pas celui de Singapour ou de Taïwan. Les Sud-Coréennes aiment un fini brillant sur la peau , un « glow » qui convient à leur temps sec mais qui est incompatible avec des atmosphères tropicales. On voit donc émerger des cushion creams au fini mat sur la peau.

De même la quête de perfection des Coréennes, qui correspond à une éthique nationale et qui passe largement par de la chirurgie esthétique, ne serait s’exporter partout, notamment en France où la « French touch » représente une approche naturelle de la beauté que le monde nous envie. Les Chinoises et les Japonaises non plus n’ont pas les mêmes attentes que les Coréennes, et sont davantage préoccupées par des problématiques de pollution. En Chine par exemple, on ne compte plus les cosmétiques revendiquant des protections contre les particules fines ou la lumière bleue des écrans, tandis qu’au Japon le vieillissement de la population entraîne des développements de produits sur le thème du « positive aging ».

Cependant la culture coréenne reste un modèle à suivre de près, et j’entendais récemment dans une émission sur la K-pop sur J-One que face aux icônes agressives venues des Etats-Unis (les Miley Cyrus ou Nicki Minaj qui s’affichent sans pudeur), l’imagerie plutôt chaste des pop-stars coréennes pouvaient plaire à des pays marqués par la religion, au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud. Pour ma part je suis convaincue que face à une Amérique discréditée par l’élection de Donald Trump, l’Asie jeune, optimiste et digitalisée est le continent qui compte actuellement. D’ailleurs dans le secteur des cosmétiques, on voit émerger des salons professionnels en Thaïlande ou dans les pays du Mekong (Vietnam, Cambodge, Laos, Myanmar) qui ouvrent de nouvelles opportunités aux entreprises. Ainsi l’agence de design française Centdegrés est déjà bien implantée à Shanghai et Hong Kong et partenaire de ces salons, j’en parlais aussi dans Design fax cette semaine.

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Elie Papiernik, président de Centdegrés, et Sandrine Amice, responsable de l’agence de Hong Kong. L’agence de design a compris très tôt le potentiel de l’Asie – photo P.C.

Sinon au rayon tendances on constate toujours beaucoup de masques en tissus imbibés d’actifs, à mélanger au dernier moment comme dans la marque The Oozoo ou connectés pour relever les données de la peau.

Ci-dessous quelques images du salon avec les marques coréennes toujours en force, la présence de Miss Japan herself, un stand français très visible et celui de Schwan Cosmetics, fabricant allemand de crayons de maquillage (le même groupe que les crayons de couleur Schwan Stabilo de notre enfance).

Et même si je n’ai pas eu le temps de faire du tourisme, quelques images volées de Hong Kong sur le chemin du centre des expositions, avec un métro ultra moderne qui donne des recommandations très précises. Pour se rendre à l’aéroport, on peut même enregistrer ses bagages dans le métro, avant de prendre le train express les mains libres. Un autre monde par rapport à notre vieux RER B à Paris!