Respect, Madame Carven

Les parfums Carven ont été relancés en 2013 par le groupe indépendant Jacques Bogart

Les parfums Carven ont été relancés en 2013 par le groupe indépendant Jacques Bogart – photo P.C.

Le 8 juin dernier, on apprenait le décès de Marie-Louise Carven, doyenne de la haute couture française, à l’âge de 105 ans. Les hommages ont rappelé son goût pour les robes légères de couleur verte, symboles d’espérance au lendemain de la Seconde guerre mondiale, adaptées à son petit format. La créatrice mesurait 1,55m, ce qui est tout de même 8 cm de plus qu’Helena Rubinstein, qui a parcouru le monde sur talons hauts pour vendre ses crèmes de beauté, de Pologne aux Etats-Unis en passant par l’Australie, comme l’a raconté la journaliste Michèle Fitoussi dans sa biographie de référence.

Carven, Rubinstein, Chanel, Estée Lauder, Elizabeth Arden, l’histoire de la mode et des cosmétiques est remplie de femmes à poigne qui ont monté des empires grâce à leur énergie, leur « vista », leur créativité, à une époque où elles n’avaient même pas le droit de vote. Les inégalités hommes-femmes sont un scandale dénoncé à juste titre et pourtant il y a un siècle, des femmes créaient des entreprises, faisaient des découvertes scientifiques, écrivaient, peignaient, sans demander l’autorisation aux hommes. Des femmes d’exception comme il y en a peu dans une génération, sans doute, mais dont l’exemple est suffisamment impressionnant pour permettre toutes les ambitions aux jeunes filles occidentales d’aujourd’hui, qui ont bien moins d’obstacles à surmonter.

Dans mon métier, j’ai souvent l’occasion de rencontrer des femmes actives et créatives, comme la chef Stéphanie Le Quellec, la sommelière Caroline Furstoss ou la directrice artistique Florence Vermelle. Elle n’ont pas un discours revendicatif.  Elles sont elles-mêmes et elles font ce pour quoi elles sont douées, voilà tout. On peut vouloir créer des quotas pour que plus de femmes aient accès aux mêmes responsabilités. On peut aussi décider de parler davantage de celles qui les exercent déjà, pour créer un effet d’entraînement.

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Caroline Furstoss, sommelière de l’année

Caroline Furstoss HD@StephanedeBourgies

Caroline Furstoss, sans tache – photo Stéphane de Bourgies

Le magazine en ligne de Longchamp poursuit ses rencontres avec des femmes remarquables, élégantes, créatives et qui parlent avec éloquence de leur métier. J’ai eu le plaisir d’interviewer Caroline Furstoss, sommelière du restaurant gastronomique de Jean-François Piège, à deux pas des Invalides. La jeune femme d’origine alsacienne vient de se voir décerner le titre de sommelière de l’année par un jury de professionnels. L’oenologie est un domaine qui me fascine. L’entendre parler des accents toastés d’un grenache du Roussillon me fait penser aux parfumeurs capables d’identifier l’origine d’un jasmin en sentant une essence. Il est question de terroir, d’accords mets-vins et de Paris dans cette interview, à déguster sans modération.