Chanel N°5 : « The One That I Want »

Chanel révèle aujourd’hui sa nouvelle  publicité pour le parfum N°5. Un festival de glamour filmé par Baz Luhrmann avec une Gisele Bündchen très crédible pour son premier rôle de comédienne.

Le match avec Dior J’adore est relancé à quelques semaines de Noël. Pour mémoire je remets le dernier film avec Charlize Theron ci-dessous. Alors, lequel préférez-vous ?

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Emma Watson, du bon usage de la célébrité

Pour avoir analysé le phénomène des égéries dans Challenges et auparavant pendant quatre ans dans Cosmétique Mag, je suis de près la façon dont les célébrités gèrent leur image et leurs prises de parole publiques. Et j’ai pu remarquer l’évolution d’Emma Watson, la jeune Hermione de la saga Harry Potter.

Agée aujourd’hui de 24 ans, l’actrice anglaise a coupé ses boucles rousses, étudié à Brown aux Etats-Unis, tourné d’autres films. Elle a porté les couleurs de Burberry et de Lancôme dans des publicités -j’ai eu l’occasion de la voir il y a trois ans lors du lancement du parfum Trésor Midnight Rose, charmante et parlant un peu français (elle est née à Paris). Elle met désormais sa notoriété au service de causes qui lui sont chères. Son discours aux Nations Unies dans le cadre de la campagne HeForShe a été vu plusieurs millions de fois sur Youtube, et c’est une bouffée d’air frais parmi le tombereau de vidéos qui polluent internet.

Le programme HeForShe milite pour l’égalité entre les hommes et les femmes en associant les hommes, seule façon de faire avancer un combat qui ne peut se jouer dans l’opposition entre les sexes. On sent l’émotion dans la voix de cette jeune femme qui pourrait utiliser sa fortune et sa notoriété pour faire la fête à Ibiza ou poster des selfies sur Instagram. Elle explique simplement: « Je pense qu’il est juste que je sois payée autant que mes collègues masculins, que je puisse prendre mes décisions concernant mon propre corps, que des femmes soient impliquées dans la vie politique de mon pays, que j’aie droit au même respect que les hommes. Malheureusement, je puis dire qu’il n’y a aucun pays dans le monde où toutes les femmes peuvent s’attendre à recevoir ces droits. »

La parole d’Emma Watson porte parce qu’elle est très populaire, parce que son discours intervient après la campagne Women Against Feminism qui caricaturait le féminisme en haine des hommes, parce que sa sincérité est palpable. Sa posture me fait penser à celle d’une Kristen Stewart, l’héroïne de Twillight dont les choix de carrière déjouent les préjugés. Alors qu’elle pourrait enchaîner les blockbusters, elle tourne avec Olivier Assayas, s’affiche pour Balenciaga, une marque qui n’a rien de mainstream… Emma Watson ajoute en plus une dimension d’engagement dans le débat public, sur les pas d’une Angelina Jolie. Même chose pour Lupita Nyong’o, l’actrice oscarisée de 12 Years a Slave, qui a rapidement raflé des contrats d’égérie (avec Miu Miu et Lancôme) mais ne perd pas une occasion de parler de son difficile rapport à la beauté et à la féminité en l’absence de modèles de femmes noires lorsqu’elle était adolescente.

J’adore les publicités de parfum, mais j’apprécie qu’une star se serve de sa notoriété pour diffuser des idées, en plus de conseils pour être belle au réveil (encore que l’estime de soi passe aussi par son apparence). L’image d’une Beyoncé sublime, confiante et entreprenante peut faire beaucoup pour encourager les jeunes femmes à s’affirmer, mais peut aussi les enfermer dans un stéréotype de séduction superficielle et de perfection inatteignable.

Dans un autre registre, j’apprécie la franchise d’une Florence Foresti qui utilise la tribune qui lui est donnée en interview pour diffuser ses convictions, comme dans Version Femina du 15 septembre : « Etre féministe, c’est être humaniste. C’est complètement idiot, cette chasse aux féministes car, à l’origine, elles incarnent juste la défense des droits des femmes, du droit à l’égalité, c’est tout. Qu’une femme soit payée autant qu’un homme, c’est ça, le féminisme, alors je ne vois pas ce qu’il pourrait avoir de négatif. » CQFD.

C’est peut-être peu de chose, mais si les réseaux sociaux peuvent servir à déverser des slogans ineptes ou dangereux, ils doivent aussi être utilisés pour relayer des messages positifs. Au final, ce sont les idées qui restent, pas les vidéos de petits chatons.

Lire aussi : l’interview de la sociologue Valérie Gorin dans Atlantico sur célébrité et engagement.

1er Etage, un hôtel de poche dans le Marais

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Serge et Juliette Topolanski, les tauliers – photo P.C.

Paris est plein de surprises, il suffit parfois de pousser une porte. Quelques marches, un code à composer, et l’on se trouve dans un appartement meublé années 50. Nous sommes au 1er Etage, un hôtel de poche situé rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, au coeur du Marais. Juliette et Serge Topolanski l’ont ouvert en septembre dernier pour proposer une alternative aux voyageurs qui veulent vivre une expérience parisienne tout en bénéficiant de services hôteliers. « Paris a accueilli 29,7 millions de touristes en 2013, rappelle Serge, le financier du couple. L’offre hôtelière existante ne suffit pas à couvrir les besoins. » « Certains visiteurs ne trouvent pas leur compte entre les hôtels impersonnels et les chambres d’hôtes, où la promiscuité avec les propriétaires peut être envahissante », poursuit Juliette, qui a travaillé dans la publicité et la décoration. Le développement de nouveaux modèles comme Airbnb a répondu ponctuellement au problème, mais un grand ménage est en train de s’opérer pour clarifier le marché.

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Le 1er Etage, ce sont cinq chambres « comme à la maison, en mieux ». Le couple a écumé les Puces de Saint-Ouen pendant huit mois pour trouver les fauteuils Mad Men et étagères tout droit sorties de Mon Oncle de Jacques Tati, ou encore le comptoir à l’accueil qui leur a fait penser aux Tontons Flingueurs. « On adore tous les deux le cinéma français des années 50 et 60, souligne fièrement Juliette. Nous avons soigné les détails pour que les clients soient plongés dans une atmosphère française. Ils reçoivent un guide avec nos bonnes adresses. Les gels douche sont de la marque corse Casanera. »

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Un buffet chiné tout droit sorti des Tontons Flingueurs – photos P.C.

Un petit-déjeuner est servi le matin (compris dans le prix, de 200 à 270 euros la nuit) et les clients peuvent préparer leur programme de la journée en discutant avec les propriétaires. « On dévie assez vite sur les enfants. C’est une préoccupation universelle! » souligne Juliette Topolanski. Américains, Russes, visiteurs de la Fashion Week, l’adresse inscrite sur Booking.com et Tripadvisor attire une clientèle avertie -les avis mis en ligne sont très élogieux et Juliette leur répond personnellement. Une deuxième ouverture est prévue. Avec 1er Etage, Paris c’est dans la poche.

Buly, le Midnight in Paris de la parfumerie

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Le Journal du dimanche, sous la plume de Charlotte Langrand, consacrait récemment un article à la personnalisation des cosmétiques, une tendance largement illustrée par la nouvelle parfumerie Buly, ouverte par Victoire de Taillac et Ramdane Touhami au 6 rue Bonaparte à Paris dans le 6ème.

Quand je dis nouvelle, c’est tout relatif car si l’adresse a ouvert en avril, son décor ancien à base de bois, de marbre et de carrelage brut donne l’illusion d’une officine restée dans son jus depuis deux siècles.

Buly se présente comme « officine universelle depuis 1803 » et reprend le nom de l’entrepreneur Jean-Vincent Bully, qui a inspiré le César Birotteau de Balzac. Sur une photo en noir & blanc de la fin du XIXème siècle, son fameux vinaigre de toilette s’affiche au fronton du 67 rue Montorgueuil. La maison familiale a fermé dans les années 1960 mais de nombreux Parisiens se souviennent de ses produits. Historienne de la beauté, Victoire de Taillac a retrouvé des archives chez les collectionneurs, certaines en excellent état qui ont pris leur place dans le décor de la boutique. Directeur artistique, Ramdane Touhami s’est largement inspiré du graphisme et du vocable d’origine pour créer des packagings au charme tellement désuet qu’il en devient étrange, ne ressemblant à rien de connu actuellement. Les produits s’appellent Pommade concrète (une crème pour les mains), Eau Triple (une collection de huit parfums sans alcool), Lait virginal, Eau de la belle haleine, Opiat dentaire… Les bougies d’intérieur protégées par une cloche en verre sont accompagnées d’allumettes elles aussi parfumées.

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Passer la porte de Buly, c’est, comme dans Midnight in Paris de Woody Allen, être transporté dans un autre espace-temps. Rien à voir avec la mode du vintage qui fleure bon les années 60. On a l’impression de se retrouver dans les pages du Parfum de Patrick Süskind, ou d’être une bourgeoise parisienne à la Belle Epoque. On redécouvre un patrimoine français classique mais finalement très peu conservé par les plus anciennes maisons. Guerlain fait appel à l’architecte américain Peter Marino pour moderniser son adresse historique des Champs-Elysées, Hermès crée des imprimés pour la clientèle moyen-orientale. Avec ce projet, les fondateurs, qui avaient déjà créé la Parfumerie Générale et relancé les Cires Trudon, voulaient ressusciter une maison de beauté à la française, en maîtrisant tous les détails. « Un peu sur le modèle de Santa Maria Novella à Florence », glisse Victoire de Taillac, enchantée de l’accueil du public, porté par le bouche-à-oreille et une presse élogieuse.

Classement des égéries dans Challenges : le making of

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Alors que le festival de Cannes touche à sa fin, le magazine Challenges fait son événement de la semaine sur les relations entre les marques et les égéries. Cette année encore, on a autant parlé de films sur la Croisette que des robes, du maquillage, des coiffures et des bijoux des stars. Et pour cause, L’Oréal Paris, Dessange, Chopard (partenaires officiels), Dior, Chanel, Elie Saab et j’en passe étaient présents en force, de même que les médias et les blogs, sans oublier les actrices elles-mêmes qui tweetent leurs montées des marches, transformant le rendez-vous du cinéma en festival du selfie (Thierry Frémaux le délégué général a un avis très sensé là-dessus).

Kylie Minogue était l'invitée de la soirée Magnum le 21 mai à Cannes. Le rapport avec le cinéma? Très lointain.

Kylie Minogue était l’invitée de la soirée Magnum le 21 mai à Cannes. Le rapport avec le cinéma? Très lointain.

J’ai proposé le sujet à Challenges après l’avoir suivi pendant quatre ans pour Cosmétique Mag, assorti d’un classement exclusif réalisé avec Lexis Nexis BIS. Rendons à César, c’est François Kermoal, alors directeur de la rédaction du mensuel professionnel, qui a eu le premier l’idée de commander une étude sur la visibilité médiatique des égéries, à l’occasion du lancement d’une nouvelle formule en 2010. Cosmétique Mag a cessé son partenariat mais la base de données de milliers de titres internationaux de Lexis Nexis BIS reste une formidable source d’informations et Challenges, grand amateur de classements, a sauté sur l’occasion de mesurer l’impact des associations entre stars et annonceurs. Lire la suite

Mes Dimanches à Cannes : les confidences de L’Oréal Paris

Le Festival de Cannes du cinéma démarre demain soir et cette année encore L’Oréal Paris sera présent en force en tant que partenaire officiel. Pour le supplément du Journal du dimanche Mes Dimanches à Cannes j’ai eu l’opportunité d’interviewer le directeur général international de la marque Cyril Chapuy et le maquilleur Karim Rahman, exercice que j’ai déjà réalisé ces deux dernières années sous pseudo.

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Ces entretiens sont des passages obligés car L’Oréal Paris est l’unique annonceur de ce supplément mais je suis vigilante sur la portée journalistique du contenu. Par exemple je trouve intéressant d’expliquer que la marque fait venir ses égéries de tous les pays du monde y compris l’Inde, la Turquie ou la Russie, renforçant l’écho international du festival. Ou qu’elle va profiter de l’événement pour présenter une innovation digitale, un enjeu pour le secteur de la beauté et du luxe. L’interview de Cyril Chapuy met également en lumière le rôle des femmes à la tête de L’Oréal Paris : elles dirigent neuf des dix premiers pays de la marque et au niveau du groupe occuperont 50% des postes de dirigeants en 2015, c’est bien de le dire. Il ne manque plus qu’une femme succède à Cyril Chapuy à la tête de l’international ! Lire la suite

Pleins feux sur le sourcil, l’accessoire du regard

Cara Delevingne, mannequin pour Burberry et égérie sourcil de notre époque

Cara Delevingne, mannequin pour Burberry et égérie sourcil de notre époque

Sourcil fourni comme Cara Delevingne, arqué à la Kim Kardashian, ce sont les deux tendances qui dominent actuellement dans la mise en valeur des yeux, me confiait récemment Sabrina Eléonore, fondatrice avec son mari Emmanuel du salon spécialisé Un jour Un regard. Les make-up artists le confirment. Lors de la dernière présentation presse de Lancôme, Miky rappelait que les défilés de mode avaient popularisé le maquillage nude sur les paupières pour mieux mettre l’accent sur les sourcils. L’occasion pour la marque du groupe L’Oréal de présenter ses nouveaux crayons Le Sourcil Pro.

Chez Estée Lauder, Tom Pécheux, le directeur de création maquillage, affirme : « Des sourcils puissants donnent du charisme, du caractère et de la personnalité au visage ». Là encore, la marque américaine en profite pour communiquer sur le regard soutenu de ses mannequins stars, Arizona Muse et Joan Smalls, et commercialise de nouvelles références de crayons Double Wear à double embout pour redessiner et souligner la ligne. Car si la mode est au poil en liberté, il faut parfois aider la nature en comblant les trous ou en colorant des sourcils trop clairs.

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Benefit a popularisé les « brow bars » ou bars à sourcils chez Sephora et dans ses boutiques (ci-dessus inauguration de sa première adresse parisienne rue Tiquetonne). Nocibé propose le réhaussement de cils dans ses instituts « pour un regard habillé sans maquillage ». Le potentiel du marché a inspiré également les fondatrices de L’Atelier du sourcil et du Boudoir du regard qui essaiment un peu partout en France.

Pour Sabrina, la fondatrice d'Un jour un regard, les instituts dédiés au sourcil vont devenir aussi populaires que les salons de coiffure

Pour Sabrina, la fondatrice d’Un jour Un regard, les instituts dédiés au sourcil vont devenir aussi populaires que les salons de coiffure

Créé il y a cinq ans rue de l’Annonciation, l’institut Un jour Un regard vient d’ouvrir une suite en appartement rue Saint-Honoré, plus adaptée à sa clientèle VIP. A seulement 30 ans, sa créatrice est une baroudeuse de la beauté. D’abord maquilleuse de défilés à une époque où les sourcils se portaient encore très fins, Sabrina a ensuite voyagé pendant six ans pour Kenzo afin de développer des protocoles de soin. A l’issue de cette expérience qui l’a familiarisée avec des techniques thaïlandaises et sud-américaines, elle a souhaité se lancer dans un secteur encore en friche. « Il y a cinq ans on trouvait des coiffeurs, des ongleries, des bars à blanchiement pour les dents mais très peu de choses pour les sourcils. De plus, les techniques proposées, comme la cire ou le fil, abîmaient la paupière et enlevaient trop de poils à long terme. Pour moi, le seul accessoire qui convient c’est la pince, plus précise, plus respectueuse de la peau. » Lire la suite