Exposition Vigée Le Brun, à voir et à sentir

L'installation

L’installation « Voir et être vu » à l’entrée de l’exposition Vigée Le Brun au Grand Palais – photo P.C.

L’exposition sur la portraitiste de Marie-Antoinette Elisabeth Louise Vigée Le Brun démarre aujourd’hui au Grand Palais. J’ai eu la chance de la visiter en avant-première à l’invitation du parfumeur Francis Kurkdjian qui a créé une mise en scène originale en partenariat avec la scénographe Séverine Baehrel. Le visiteur est accueilli en haut des marches du musée par un décor monumental évoquant le palais des glaces à Versailles, qui dissimule le système de diffusion du parfum composé par le nez. Il s’agit d’une déclinaison de l’eau de parfum « A la rose » conçue par Francis Kurkdjian en hommage à Marie-Antoinette, qui a convaincu la Réunion des musées nationaux de le contacter pour ce partenariat.

Vigée Le Brun est indissociable de ses portraits de la reine Marie-Antoinette, parfois en simple robe ou avec ses enfants, qui ont pu choquer au XVIIIe siècle par leur familiarité. Cette portraitiste d’une grande sensibilité a peint toute l’aristocratie française, puis européenne de son époque après la Révolution. On retrouve dans toute son oeuvre des bouches ourlées, des regards lumineux, des tissus vaporeux et des bouquets de fleurs fraîches.

Portrait de Jeanne, la fille d'Elisabeth Vigée Le Brun Crédit P.C.

Portrait de Jeanne, la fille d’Elisabeth Vigée Le Brun – photo P.C.

Plus encore que ses représentations naturalistes de la haute société, ce sont ses portraits d’enfants qui m’ont touchée, car ils témoignent de l’intemporalité de ces visages innocents. Les adultes sont marqués par la mode vestimentaire de leur temps, mais les enfants ont tous la même expression quelle que soit l’époque. Sous les oripeaux de l’aristocratie, c’est la recherche de vérité qui anime le pinceau de Vigée Le Brun.

A la sortie de l’exposition, dans la boutique, on se retrouve en bonne compagnie avec les bougies Cire Trudon, Maison Francis Kurkdjian et le livre Les parfums d’Elisabeth de Feydeau:

20150921_105953

20150921_110011

Publicités

Fornasetti Profumi, le maître des illusions

Présentée au printemps aux Arts Décoratifs à Paris, l’exposition Piero Fornasetti a remis à l’honneur cet illustrateur milanais du XXe siècle, popularisé par sa collaboration avec l’architecte Gio Ponti. Ses images qui empruntent autant à la Renaissance qu’au surréalisme continuent d’être éditées par son fils Barnaba et déclinées sous forme de licences d’accessoires pour la maison, dont des bougies parfumées (il faut absolument aller se perdre sur le site internet).

Cette licence gérée depuis Londres par United Perfumes fait travailler des parfumeurs français, comme Olivier Polge, aujourd’hui créateur des parfums Chanel, auteur de la fragrance signature inspirée par les parquets et les papiers d’archives du siège milanais, Otto. Ou Emmanuel Philip, nez des bougies Cire Trudon, qui s’est promené dans les jardins de la maison pour composer la senteur Flora.

20150908_110533

Laurent Delafon, fier président de Fornasetti Profumi – photos P.C.

20150908_10551620150908_110522

Parce que Fornasetti ne fait rien comme tout le monde, la marque a aussi lancé des sphères de diffusion de parfum d’intérieur qui renouvellent les bâtonnets de roseau trempés dans l’huile parfumée : ceux-ci sont épais et teintés à l’encre noire pour leur donner l’aspect du charbon. « Fornasetti est une marque illusionniste », résume Laurent Delafon, le président de la licence. 

Cet automne, la maison lance deux nouveaux décors pour la fragrance Otto : R.I.P., une vanité juxtaposant un visage de femme et un crâne, et Mille Bocche, une succession de bouches qui créent l’illusion d’un flacon cannelé. Mon goût pour le gothique me fait évidemment préférer le premier.

*Les collections Fornasetti se trouvent à Paris chez L’Eclaireur.

Cire Trudon fait long feu

Joséphine + Boite - HD

Le plus ancien fabricant de bougies encore en activité – photo DR

De Patou à Mauviel 1830 ou Mellerio dits Mellers, j’adore écrire sur ces marques anciennes qui ont su traverser les années pour garder toute leur actualité, préservant un savoir-faire et une exigence de qualité. La France regorge de ces PME souvent ancrées dans un terroir qui font le bonheur des acheteurs étrangers.

20150601_11470120150601_11462420150601_114944

Peu de maisons ont une histoire aussi longue et prestigieuse que Cire Trudon, ancien fabricant de cierge et fournisseur de rois qui a su évoluer dans les bougies parfumées pour intérieurs chics. Je racontais son histoire dans le dernier Journal du dimanche, à l’occasion de la rénovation de sa boutique de la rue de Seine et d’une future ouverture à New York.

20150823_122045

Article paru le 23 août dans Le Journal du dimanche