Senteurs rafraîchissantes pour l’été

Dans Le Journal du dimanche de la semaine dernière, je signais un article sur les parfums de l’été, à la fois frais et avec un sillage tenace. Une sélection rapide en 1,5 feuillet, où j’ai mis en avant l’arrivée d’un nouveau nom en parfumerie, le couturier Azzedine Alaïa.

20150704_120640

Article paru le 28 juin dans Le Journal du dimanche

J’ai été séduite par la fragrance composée par Marie Salamagne, de Firmenich, dans un travail collectif qui associait le créateur lui-même, sa complice Carla Sozzani, Nathalie Helloin-Kamel, la directrice générale des marques de Beauté Prestige International, le designer Martin Szekely, qui a créé le flacon noir surmonté d’une bobine de fil d’or…

10_AA EDP 2015_PACKSHOT WITH BOX_WHITE BG

On soupçonne que le processus n’a pas été de tout repos entre les équipes marketing et le rythme du couturier indifférent aux contraintes de temps et de marché. Mais je trouve que le résultat est à la hauteur de sa vision -l’évocation des murs de chaux rafraîchis à grand coup de seaux d’eau froide dans sa Tunisie natale- tout en étant agréable à porter avec son envol de poivre rose en tête et son coeur minéral sans être trop iodé grâce à un juste dosage avec des fleurs (freesia, pivoine).

C’est la Cascalone, une molécule brevetée par Firmenich, qui apporte cette odeur marine que l’on retrouve en filigrane de La Fille de l’air de Courrèges, associée cette fois à la fleur d’oranger par le parfumeur Fabrice Pellegrin. Son odeur un peu vinyle, écho à la mode Courrèges, est moins séduisante à mes narines, mais elle constitue une jolie contribution à la saga de la renaissance de la marque, dont j’ai déjà parlé dans le JDD et sur ce blog. Le lancement en avant-première sur les ventes à bord d’Air France et sur le site ecommerce de la compagnie est une autre manière de mettre la petite maison indépendante dans l’actualité en l’associant à une image d’élégance à la française et de légèreté dont on a bien besoin actuellement.

image0011-med

Un sujet sur les senteurs vivifiantes de l’été ne pouvait pas passer sous silence Chance Eau Vive de Chanel, un cocktail pamplemousse-orange sanguine signé Olivier Polge, soutenu par une campagne joyeuse de Jean-Paul Goude. Dans les trois cas, la tenue sur peau est assurée par des muscs, ce qui me permet d’écrire que les parfumeurs ont trouvé leur Graal : des parfums frais comme des Colognes mais avec du sillage, une attente des consommatrices lassées des fragrances trop lourdes, mais frustrées par la volatilité des hespéridés.

20150708_124348

Dans ma salle de bain – photo P.C.

Pour ma part, par ces fortes chaleurs, je reviens à mes eaux d’été préférées, l’Eau d’orange verte d’Hermès et Eau de Rochas, mais leur effet est fugace. Pour sa bonne odeur de vacances, même si je ne retournerai pas sur l’île cet été, je reste fidèle à Corsica Furiosa de Parfum d’Empire, une composition autour du lentisque justement récompensée du prix de la Fragrance Foundation. Je recommande aussi les parfums sans prétention vendus à 30 euros en pharmacies de la marque landaise Ixxi : Balade acidulée, Tonnelle gourmande et surtout Or des Sables aux effluves de crème solaire. Vite, une plage!

Publicités

Parfums de la Bastide, un projet provençal

20140702_153244

Une marque aux couleurs des tomettes de Provence – photo P.C.

Anciens d’Annick Goutal, Anne-Cécile Vidal et William Bouheret ont vécu les aléas du rachat par le groupe Amore Pacific, propriétaire de Lolita Lempicka. Qu’à cela ne tienne, les anciens cadres ont rapidement rebondi avec leur propre projet, qui entend redonner ses lettres de noblesse au terroir provençal. « La parfumerie actuelle est un peu snob, très parisienne, alors que ses origines sont à Grasse. Mais lorsque l’on cherche de la belle parfumerie en Provence, on ne trouve rien », déplore Anne-Cécile Vidal. Les Parfums de la Bastide, avec leur code couleur de terre cuite, évoquent instantanément le Sud, et les cinq compositions sont centrées sur des ingrédients bien identifiables : agrumes, rose, lavande, figuier, cèdre (« qui pousse dans le Lubéron » précise Anne-Cécile). Le prix, 125 euros les 100 ml, est dans les codes de la parfumerie de niche.

Les deux associés se sont rapprochés de Robertet pour travailler de belles matières naturelles et se sont entourés de partenaires azuréens : Coverpla pour le flacon en verre, PCW pour la maturation. Les noms en forme d’adjectifs -Eclatant, Insouciante, Exquise, Insolite, Ardent- sont quelque peu contradictoires avec la démarche de haute parfumerie, mais peut-être fallait-il se différencier du registre lexical de l’Artisan Parfumeur ou de Roger & Gallet. Une première boutique vient d’ouvrir à Aix-en-Provence, 4 rue Papassaudi, et un show room sera disponible à Paris au 16 rue de la Sourdière, près des Tuileries, en septembre. Plus de nouveautés en parfums de niche ci-dessous Lire la suite