Les bonnes idées de la semaine #5

Pas de date de parution attitrée pour cette chronique, je publie au gré de mes découvertes. Cette semaine j’ai aimé Ai Weiwei au Bon Marché, le blog A la recherche du pain perdu et le film L’odorat.

Ai Weiwei au Bon Marché

J’admire beaucoup l’oeuvre d’Ai Weiwei, artiste engagé, révolté, assigné à résidence. Je me souviens de sa caméra de surveillance en marbre à la Collection Lambert, dans le cadre carcéral de la prison Saint-Anne à Avignon. Le Bon Marché à Paris lui a commandé une série d’oeuvres exclusives, structures de bambou et de soie représentant des personnages de contes chinois. Les créatures sont suspendues au-dessus de l’espace beauté du grand magasin et c’est drôle de voir un buffle ou un cochon tendre leur museau ou leur postérieur sur les enseignes chics de Serge Lutens ou Carita. Un dragon géant, qui n’a pas la connotation négative des fables occidentales, se déploie en rez-de-chaussée.

Les touristes chinois ne seront pas offusqués par cette installation qui rend hommage à l’artisanat d’art chinois, même si Ai Weiwei a confié vouloir dénoncer la censure pratiquée par la Révolution culturelle contre les traditions ancestrales. A l’issue de l’exposition, les oeuvres rejoindront Berlin, où l’artiste réside désormais, à l’exception d’une seule qui restera la propriété du Bon Marché.

IMG_0489Lors du vernissage de l’exposition, le 18 janvier, Le Bon Marché avait organisé une soirée féérique baignée dans la brume au son de Chopin joué par une pianiste. Ai Weiwei était présent et se prêtait volontiers aux selfies avec les invités. Je me suis tenue à l’écart de l’exercice, chacun ayant à coeur de publier sur les réseaux sociaux sa photo avec l’artiste-people du moment. Je préfèrerais l’interviewer ou passer du temps dans son atelier plutôt que d’échanger trois mots dans une soirée mondaine, mais je reconnais avoir été émue de le voir « en vrai » comme j’aimerais approcher Anish Kapoor ou Christian Boltanski.

Un grand magasin de luxe qui pratique le mécénat d’art contemporain, faut-il s’en réjouir ou le regretter? Nul doute que l’opération attirera des touristes étrangers amateurs d’art, déjà dans la cible du Bon Marché, mais rien n’empêche les visiteurs d’admirer les oeuvres sans acheter, d’autant que les vitrines accueillent aussi l’artiste jusqu’au 20 février. Quand l’art est dans la rue, il n’y a pas d’excuse pour ne pas passer le voir!

Exposition Er Xi, Air de jeux, jusqu’au 20 février au Bon Marché Rive Gauche, 24 rue de Sèvres 75007 Paris.

Le blog A la recherche du pain perdu

C’est le meilleur nom de blog que je connaisse et il annonce bien la couleur : parler à la fois de cuisine et de voyages, deux de mes passions. Je l’ai découvert au hasard d’un fil de commentaires sur Instagram et je suis sous le charme de ses photos qui donnent l’eau à la bouche et l’envie de préparer sa valise illico. Fabienne, son auteur, est d’origine chinoise et connaît bien l’Asie. Comme moi, elle est freelance, vit à Paris, a vécu à Glasgow, ce qui explique peut-être pourquoi je suis sensible à son oeil et à sa plume. Ses bonnes adresses à Paris sont dignes de confiance et ses visites hors des sentiers battus comme dans le quartier musulman de Xi’An valent le détour. Un blog à déguster tout chaud!

Le documentaire L’Odorat

J’ai déjà parlé ici de la nouvelle revue Nez qui paraîtra en avril et à laquelle j’ai le plaisir de collaborer. Encore virtuelle, elle est déjà partenaire d’une sortie de film, le documentaire L’Odorat (Jupiter Films) qui sera sur les écrans le 10 février. J’ai pu assister à une avant-première et pour tout dire, j’en suis sortie avec des impressions mitigées. J’ai trouvé la narration assez décousue. Le réalisateur canadien Kim Nguyen (nommé aux Oscars pour son film de fiction Rebelle) dévie vers l’anecdotique lorsqu’il crée un faux suspense autour de l’ambre gris, ou lorsqu’il donne trop d’importance aux élucubrations du « parfumeur mystique » Guido Lenssen. Il ne manque pourtant pas d’interlocuteurs passionnants, le chef Olivier Roellinger (que l’on aimerait voir aux fourneaux plutôt qu’à son bureau), la spécialiste du thé Yu Hui Tseng ou le sommelier François Chartier. J’ai apprécié aussi le témoignage de la journaliste Molly Birnbaum sur son expérience d’anosmie. Mais comme s’il ne croyait pas suffisamment à son sujet (difficile en effet d’évoquer les odeurs sur un écran), le réalisateur se croit obligé de céder à certaines facilités racoleuses, jusqu’à la scène finale qui frôle le voyeurisme.

Bref, je n’ai pas été entièrement convaincue mais je salue tout de même l’initiative de faire connaître au grand public un sens négligé et des matières premières fascinantes (ambre gris, truffe blanche, safran…). Exactement l’ambition de Nez la revue!

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Smak, enfin une cantine qui change à Nation

Carrefour routier et ferroviaire, dernière station avant le périhp’, point d’arrivée des manifestations, Nation est un quartier sans véritable identité. L’effervescence du faubourg Saint-Antoine est à deux pas, les commerces de bouche de la rue du Rendez-Vous régalent les gourmets, mais la place elle-même est un lieu de passage où s’engouffrent les véhicules déboulant du cours de Vincennes et les voyageurs rejoignant le RER.

Pourtant, on sent poindre un rajeunissement du quartier, avec l’arrivée des familles lassées  de la Bastille et la perspective de l’ouverture d’une extension de la Sorbonne. C’est donc avec un enthousiasme non dissimulé que la riveraine que je suis a salué l’arrivée d’un restaurant pimpant et engageant, quasiment bobo, enfin différent des brasseries traditionnelles qui bordent le rond-point. Smak, avec son logo rouge et blanc et son mobilier rétro-contemporain, donne envie de s’approcher. Les salades fraîches mettent l’eau à la bouche. Le sourire d’Alena, la patronne, et de son compagnon Didier, invitent à en savoir plus.

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Alena, Didier et Marcos, la belle aventure d'un nouveau restaurant

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