Dossier design dans Stratégies

Un dossier paru le 18 juin

Ce dossier aurait dû paraître en avril en même temps que le Grand Prix Design de Stratégies mais un petit virus en forme de couronne est passé par là… J’ai donc actualisé mes interviews à l’aune de l’actualité mais le fond reste valable : les designers n’ont pas attendu la crise sanitaire pour s’occuper des enjeux sociaux et environnementaux de la planète. Certaines agences ont fait la démarche d’être certifiées B Corp, d’autres ont créé le poste de responsable du développement durable ou ont intégré les 17 objectifs des Nations Unies dans leur travail au quotidien.

Du côté des entreprises, L’Oréal, Unilever, Nestlé s’engagent dans la réduction ou le remplacement du plastique issu du pétrole. Les industriels qui ont contribué à la pollution des océans et aux émissions de gaz à effet de serre sont-ils les mieux placés pour apporter des solutions? C’est un débat mais on peut aussi se dire que quand des multinationales prennent des mesures, l’impact est important. L’Oréal vient d’ailleurs d’annoncer aujourd’hui son programme L’Oréal pour le futur qui fixe ses ambitions pour le développement durable d’ici 2030.

Dans ce dossier, je signe aussi un article sur la nouvelle tente Quechua 2 seconds, qui se replie beaucoup plus facilement, et une enquête sur les formations au développement durable dans les écoles de design. La version numérique du magazine est à retrouver dans ce lien (pages 26 à 32 et pages 42-43) : http://intescia.visuamobile.com/reader/6bebb409-8dce-d49c-14fa-f55162af6e8e/STG/editions/3569a054-571d-af57-a380-d7cd47ec1729/read?eid=3569a054-571d-af57-a380-d7cd47ec1729&ts=1592381752&u=&ck=8338dc40b10b2fa66bc0ac1457478181cc32dfa9&type=html

La chute de Las Vegas

Photo Steve Marcus, Reuters, parue dans Paris Match. Comment un monde qui a créé de telles inégalités pourrait reprendre son activité comme avant?

Les images de sans abris allongés sur un parking de Las Vegas, au pied d’hôtels vides, brisent le coeur. Elles montrent toute la superficialité d’une ville bâtie sur du sable, ultra climatisée pour rendre supportable un climat désertique, dédiée à un divertissement devenu dérisoire en temps de crise sanitaire. Comme dit l’adage « Ce qui se passe à Vegas reste à Vegas ». Dans un pays puritain comme les États-Unis, la capitale économique du Nevada est l’endroit où l’on peut s’autoriser tous les excès : claquer ses économies au casino, acheter une prostituée, se saouler, faire un mariage express… avant de tout oublier comme dans le film Very Bad Trip et de retrouver sagement sa vie ordinaire. Dans cette période où il faut gérer l’urgence, la ville du jeu créée par la mafia est exposée dans toute sa vacuité.

Une certaine idée de l’enfer (photos P.C.)

J’ai eu la chance de voyager plusieurs fois aux États-Unis l’année dernière, pour le travail et pour les vacances. J’ai été invitée à Las Vegas par les montres Tudor pour assister aux concerts de Lady Gaga, qui est égérie de la marque. C’est un endroit extra-ordinaire au sens propre qu’il faut avoir vu une fois dans sa vie. On est ébahis devant les jets d’eau du Bellagio, vus dans Ocean’s Eleven, les néons qui clignotent, le Trump Hotel entièrement doré, la fausse pyramide, la fausse Tour Eiffel, la fausse Venise… C’est le royaume du fake, du mauvais goût, du clinquant, de la gabegie d’argent et d’énergies fossiles. En voyant Las Vegas au temps du réchauffement climatique, on pressent déjà sa fin. C’est une ville sans avenir, car on ne peut pas imaginer un Vegas écolo. Sa raison d’être même est l’inverse du développement durable!

Il existe pourtant un Las Vegas moins connu, que j’ai eu aussi la chance de visiter. Le district de Fremont, l’ancien quartier des casinos avant le Strip, est devenu un haut lieu du street art, soutenu par le mécénat de l’entrepreneur Tony Hsieh. Beaucoup des artistes et des guides touristiques de ce quartier sont les enfants des employés de casinos qui ont envie d’une autre vie que leurs parents. Ils ont grandi à l’ombre des hôtels et veulent que leur ville existe pour d’autres raisons que les machines à sous. Fremont laisse entrevoir un Las Vegas sans voitures, avec des restaurants bio et des jardins urbains. Au Neon Museum, on visite les enseignes obsolètes de l’ancien Vegas au charme rétro. Nous avons La Joconde et Le déjeuner sur l’herbe, ils ont leurs devantures décaties. Et l’on se dit que ce Las Vegas-là, qui n’oublie pas son passé, a peut-être un avenir.

Beauté durable

Comment les marques de beauté de luxe intègrent-elles le développement durable dans leurs produits, sans dénaturer leur statut? Un article paru le 26 mai dans le Journal du dimanche.

JDD.26mai2019