Une bonne idée par jour : réduire la pollution numérique

Mon bureau de confinement (photo P.C.)

On incrimine beaucoup le voyage en avion dans le réchauffement climatique, et le confinement actuel est une bonne nouvelle pour le climat, mais la pollution numérique est encore plus dommageable : elle représente 4% des émissions de carbone dans le monde, et l’avion 2,8% (voir ce guide de l’Ademe). Je l’ai appris lors d’une conférence organisée par la société Fabernovel en février dernier (l’heureux temps où l’on pouvait encore participer à des conférences de presse). La croissance du cloud en particulier (+21% par an depuis dix ans) se traduit par le stockage des données dans des serveurs géants qu’il faut refroidir. Un mail avec pièce jointe d’1Mo correspond à l’énergie consommée par une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes. Le développement du streaming, les Netflix, Amazon, OCS, Disney + qui remplissent nos journées actuellement, participe de cette débauche d’énergie. Sans compter le coût écologique et social de l’exploitation des minerais qui entrent dans la composition des téléphones portables. C’est une pollution invisible, immatérielle, indolore à première vue, et pourtant bien réelle et intimement liée à nos modes de vie.

Selon Fabernovel, les Gafams (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) sont conscients de cet impact et mènent des programmes de réduction de leur empreinte carbone. Apple, qui fabrique des téléphones, travaille avec ses fournisseurs pour favoriser l’utilisation d’énergies renouvelables. Microsoft s’est fixé l’objectif d’être négatif en carbone à l’horizon 2030, c’est-à-dire aller plus loin que la neutralité carbone ou la compensation.

Ce sont des engagements qui ont du poids, mais ces technologies ont aussi pour stratégie de nous inciter à rester le plus longtemps possible sur leurs services, pour engranger de l’audience, des données et des achats. C’est à nous consommateurs d’agir en étant conscients de l’emprise du numérique sur nos vies. Avons-nous besoin d’être connectés à tout instant, d’envoyer autant de mails, de stocker autant de données? Orange donne des conseils très utiles pour un usage raisonné du digital sur son site mais on peut aller plus loin en privilégiant des activités non polluantes. Lire un livre par exemple, qui ne se clique pas, ne nécessite pas d’électricité pour fonctionner, ne consomme pas plus d’énergie que celle qui a été nécessaire à sa production. Une bonne activité de confinement, aussi.

Supplément Digital de Stratégies

Le supplément Digital de Stratégies est paru le 22 avril en version digitale. Logique me direz-vous mais en raison du confinement le magazine de la communication ne paraît pas en version papier et fournit son contenu en accès libre sur internet. La plupart des lecteurs sont en télétravail et les sources de revenus (publicité, grands prix) sont à l’arrêt, il a donc été décidé de se passer de l’impression et de sortir toutes les deux semaines (au lieu d’une fréquence hebdomadaire).

Dans ce supplément consacré à l’économie numérique, je signe l’interview de la présidente de l’Autorité de la Concurrence Isabelle Da Silva. Un entretien bouclé avant la crise sanitaire qui explicite le travail de cette autorité administrative indépendante pour réguler le marché du digital marqué par le poids des Gafas et le RGPD (réglementation européenne sur les données personnelles).

Photo Thomas Gogny pour Stratégies

Au sommaire de ce numéro spécial, je signe aussi un article sur le ciblage publicitaire sans cookie et une analyse du phénomène Tik Tok et son influenceuse en chef Léa Élui. La version feuilletable est à consulter sur ce lien.