Nez prend forme, mon portrait parfumé, bientôt Milan

Nez la revue olfactive, la nouvelle revue à laquelle je participe, prend forme… Elle est déjà en vente à cette adresse, avant son arrivée en librairies le 14 avril. La une est toute en typo et découpage, une image intrigante comme le projet, celui de faire un bel objet dédié au sens de l’odorat où la vue, le toucher, l’intellect sont aussi sollicités. Le goût restera abstrait, bien que l’on retrouvera une interview d’Alain Passard. Quant à l’ouïe, peut-être le glissement du papier sous les doigts…?

 

Pour accompagner le lancement, Sarah Bouasse, la rédaction en chef adjointe, a tiré le portrait de certains collaborateurs sur son blog Flair Flair. Après Delphine de Swardt, spécialiste en mots du parfum, Olivier David, chimiste, elle m’a demandé de lui confier mon rapport aux odeurs. Un exercice amusant pour moi qui ai plutôt l’habitude de faire parler les autres. Elle a retranscrit fidèlement mes propos dans ce qui ressemble à un portrait chinois : si j’étais un parfum, je serais sans doute Eau de Rochas, avec un fond de savon de Marseille et d’herbe sèche. Les senteurs d’enfance sont celles qui restent.

J’ai le plaisir de filer à Milan en fin de semaine pour animer une table ronde sur le thème de l’article que je signe dans Nez : quel avenir pour la parfumerie de niche en France? Ce sera dans le cadre du salon Esxence consacré à la parfumerie artistique.

Senteurs rafraîchissantes pour l’été

Dans Le Journal du dimanche de la semaine dernière, je signais un article sur les parfums de l’été, à la fois frais et avec un sillage tenace. Une sélection rapide en 1,5 feuillet, où j’ai mis en avant l’arrivée d’un nouveau nom en parfumerie, le couturier Azzedine Alaïa.

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Article paru le 28 juin dans Le Journal du dimanche

J’ai été séduite par la fragrance composée par Marie Salamagne, de Firmenich, dans un travail collectif qui associait le créateur lui-même, sa complice Carla Sozzani, Nathalie Helloin-Kamel, la directrice générale des marques de Beauté Prestige International, le designer Martin Szekely, qui a créé le flacon noir surmonté d’une bobine de fil d’or…

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On soupçonne que le processus n’a pas été de tout repos entre les équipes marketing et le rythme du couturier indifférent aux contraintes de temps et de marché. Mais je trouve que le résultat est à la hauteur de sa vision -l’évocation des murs de chaux rafraîchis à grand coup de seaux d’eau froide dans sa Tunisie natale- tout en étant agréable à porter avec son envol de poivre rose en tête et son coeur minéral sans être trop iodé grâce à un juste dosage avec des fleurs (freesia, pivoine).

C’est la Cascalone, une molécule brevetée par Firmenich, qui apporte cette odeur marine que l’on retrouve en filigrane de La Fille de l’air de Courrèges, associée cette fois à la fleur d’oranger par le parfumeur Fabrice Pellegrin. Son odeur un peu vinyle, écho à la mode Courrèges, est moins séduisante à mes narines, mais elle constitue une jolie contribution à la saga de la renaissance de la marque, dont j’ai déjà parlé dans le JDD et sur ce blog. Le lancement en avant-première sur les ventes à bord d’Air France et sur le site ecommerce de la compagnie est une autre manière de mettre la petite maison indépendante dans l’actualité en l’associant à une image d’élégance à la française et de légèreté dont on a bien besoin actuellement.

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Un sujet sur les senteurs vivifiantes de l’été ne pouvait pas passer sous silence Chance Eau Vive de Chanel, un cocktail pamplemousse-orange sanguine signé Olivier Polge, soutenu par une campagne joyeuse de Jean-Paul Goude. Dans les trois cas, la tenue sur peau est assurée par des muscs, ce qui me permet d’écrire que les parfumeurs ont trouvé leur Graal : des parfums frais comme des Colognes mais avec du sillage, une attente des consommatrices lassées des fragrances trop lourdes, mais frustrées par la volatilité des hespéridés.

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Dans ma salle de bain – photo P.C.

Pour ma part, par ces fortes chaleurs, je reviens à mes eaux d’été préférées, l’Eau d’orange verte d’Hermès et Eau de Rochas, mais leur effet est fugace. Pour sa bonne odeur de vacances, même si je ne retournerai pas sur l’île cet été, je reste fidèle à Corsica Furiosa de Parfum d’Empire, une composition autour du lentisque justement récompensée du prix de la Fragrance Foundation. Je recommande aussi les parfums sans prétention vendus à 30 euros en pharmacies de la marque landaise Ixxi : Balade acidulée, Tonnelle gourmande et surtout Or des Sables aux effluves de crème solaire. Vite, une plage!