Reportage à la cristallerie Saint-Louis

Saint-Louis est une magnifique manufacture qui se mérite. Elle se situe à une heure de route de Strasbourg, au milieu de la forêt. Cette cristallerie qui appartient au groupe Hermès perpétue la tradition du cristal soufflé à la bouche et gravé à la main. Verres à pied, vases, lustres, ici absolument tout est façonné par l’homme (et quelques femmes). C’est un ballet impressionnant et même émouvant, un véritable artisanat d’art qui séduit les riches acheteurs jusqu’en Asie. Encore une industrie peu connue, à préserver précieusement. Cet article est paru le 12 janvier dans Le Journal du dimanche.

Photos : P.C.

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Le Fabriqué en France à l’Élysée

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L’atelier de 1083, fabricant de jeans à Romans-sur-Isère. Un reportage à retrouver bientôt dans le Journal du dimanche – Photo P.C.

Ce week-end a lieu la grande exposition du Fabriqué en France au Palais de l’Élysée. Une reconnaissance pour 120 produits d’entreprises françaises qui font le pari du local, de la création d’emplois, de l’innovation. Les délocalisations de ces dernières années ont permis aux consommateurs de bénéficier de produits à bas coûts et aux marques d’augmenter leurs marges mais ont eu des conséquences en termes de destructions d’emplois en France, de création d’esclaves modernes à l’autre bout du monde et de pollution à tous les niveaux. De nombreux entrepreneurs ont fait le choix de relocaliser pour de pures raisons économiques (manque de réactivité d’une production lointaine) mais aussi de plus en plus pour des raisons éthiques, sociales et environnementales.

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Léa Nature veut diffuser les cosmétiques bio

J’ai déjà écrit sur Léa Nature dans le Journal du dimanche. Cette entreprise familiale est une pionnière du bio, en alimentaire comme en cosmétiques. À l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle usine, un voyage était organisé près de La Rochelle pour la presse économique. L’occasion de découvrir des lignes de production flambant neuves, de discuter avec les techniciens de laboratoire et aussi de visiter le jardin en permaculture à proximité des bâtiments.

L’entreprise est déterminée à limiter ses émissions de carbone, déchets, utilisation de plastique etc. liés à l’augmentation de sa production, afin que son développement économique ait l’impact le plus faible possible sur l’environnement. Un travail de longue haleine qui réduit forcément la rentabilité mais c’est ainsi que le fondateur Charles Kloboukoff conçoit l’entrepreneuriat. Un article paru le 3 novembre dans le Journal du dimanche.

photos P.C.

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Les parfums sont-ils trop chers?

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Cette enquête est parue dans la revue Nez #7 de printemps/été 2019. L’objectif était de montrer ce qui entre vraiment dans le prix d’un parfum : les matières premières elles-mêmes pour une part infime mais aussi la distribution, le flacon, l’égérie pour les plus grandes marques. Certains nouveaux acteurs essaient de court-cicuiter la marge des distributeurs avec un modèle de vente directe comme Sillages Paris, dans lequel L’Oréal a pris une participation minoritaire. Les marques de niche revendiquent de mettre de l’argent dans la création plus que dans le marketing, mais elles aussi appliquent une marge et c’est bien normal.

Il n’y a pas de réponse simple par oui ou non à cette question et j’ai essayé de l’aborder de la façon la plus complète et équilibrée que possible.

Nez est une revue bisannuelle qui aborde le thème de l’odorat sous tous ses angles -scientifique, historique, artistique et, pour ma part, économique en abordant les différents modèles économiques de la parfumerie.

 

Spécial Made in France dans Le Journal du dimanche

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La Brosserie Française, propriétaire de Biospetyl, emploie 28 personnes à Beauvais dans l’Oise pour 4,8 millions d’euros de chiffre d’affaires – photo P.C.

Le week-end dernier, le JDD consacrait trois pages au thème du « made in France » popularisé par le ministre Arnaud Montebourg et avant lui Yves Jégo. Le maintien des emplois français fait un beau « storytelling » mais la réalité est plus complexe. Dans le dossier, je relate l’aventure de Bioseptyl, la dernière marque de brosses à dents fabriquée en France, dans l’Oise exactement. Dans cette région qui comptait plusieurs dizaines d’usines de brosses au début du XXe siècle, cette survivante doit se résoudre à quitter la grande distribution et sa concurrence acharnée pour se replier sur internet. Et pourquoi pas? Les Français renouvellent leur brosse à dents tous les six mois en moyenne, alors que les dentistes recommandent tous les trois mois. La vente à distance sur abonnement est une bonne solution pour se différencier. Reste que l’entreprise ne compte plus que 28 salariés, contre 71 il y a quatre ans.

Je signe également un article sur les selles Hermès, une activité 100% made in France et même made in rue Saint-Honoré à Paris, où l’atelier emploie une vingtaine d’artisans. Et j’interviewe Yves Guattari, président de Monbana, fabricant de chocolat haut de gamme qui a repris une usine de décors peints à la main à Colmar, sauvegardant 33 emplois.

Bonpoint grandit

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En octobre, Bonpoint a fêté son anniversaire par une fête au jardin du Luxembourg – photo P.C.

Bonpoint est une marque attachante créée il y a 40 ans par Marie-France Cohen, soeur d’Annick Goutal, future fondatrice du concept store Merci. Ses vêtements pour bébés font des cadeaux de naissance adorables et toute la direction artistique, signée Christine Innamorato, est cohérente, des magasins aux emballages.

Dans le Journal du dimanche du 13 décembre, j’explique les développements de la maison au-delà de son métier d’origine, dans les cosmétiques, la couture (réclamée par les Etats-Unis et le Moyen-Orient), demain peut-être dans la décoration. Bonpoint appartient aujourd’hui à un fonds d’investissement familial, EPI, qui possède aussi J.M. Weston, Alain Figaret et les champagnes Heidsieck.

Particularité à souligner, la marque pour enfants a créé une ligne bis pour les adolescentes, YAM, comme Y’en a marre de Bonpoint, adoptée aussi par les femmes. Car les ados d’aujourd’hui ont déjà une taille adulte mais les manteaux bien coupés taille 14 ans sont moins chers que certaines marques haut de gamme.

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Les slippers ne pantouflent pas

Le plat, c’est le nouveau stiletto. C’est du moins ce dont veulent nous convaincre les marques de slippers, ces chaussons d’intérieur qui sortent dans la rue. Et d’abord la plus sautillante d’entre elles, Chatelles. Son fondateur, François du Chastel, aime à raconter qu’il avait offert une paire de chaussures plates à une jeune fille, qui a accepté le cadeau avec enthousiasme et l’a planté là (la rumeur ajoute que la belle s’appelait Pippa Middleton, car le garçon travaillait dans la finance à Londres, mais c’est peut-être pousser le storytelling un peu loin).

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François du Chastel, un banquier sachant chausser – photo Chatelles

Quoi qu’il en soit, le banquier a vu là une opportunité de business, et a lancé sa propre marque de souliers confortables et tendance. « Non à la dictature des talons et non à la banalité des ballerines, affirme-t-il. Les femmes ne devraient pas souffrir pour être élégantes, désirables et remarquées. » On pourrait objecter que le plat sied surtout aux jambes longues et fines, et que le talon a l’avantage d’allonger la silhouette. La marque répond design et style avec des motifs pailletés, écailles ou léopard. Elle revendique une fabrication made in Europe avec une inspiration anglaise, une création française, des cuirs italiens et un façonnage au Portugal.

Ce mois-ci, Chatelles s’associe avec La Maison du Chocolat pour la création d’un modèle en cuir verni façon chocolat fondu. Jusqu’en février 2016, les acheteuses pourront retirer une boîte de chocolats à la boutique La Maison du Chocolat du 19 rue de Sèvres Paris 7e. Chatelles se trouve au 94 rue du Bac, prix 190 euros (merci à la RP de choc Yaël pour les infos, les photos et les chocos!).

Toute jeune maison fondée en juin 2014 par la styliste Alexia Aubert, Solovière se positionne sur le chic parisien : des lignes classiques, intemporelles, faites pour arpenter la ville et qui s’adaptent à un vestiaire masculin ou féminin. En septembre, elle a lancé au Bon Marché une collection capsule sur le thème Crazy Animal, avec un imprimé léopard. Le prix est plus élevé, 295 euros, justifié par une fabrication en Italie.

Alors que Repetto a déjà prouvé que le plat pouvait avoir du relief, n’oublions pas que Christian Louboutin, le roi du stiletto, propose aussi des ballerines, toujours avec la fameuse semelle rouge. Et si l’on veut tricher, on peut aussi arborer des talons de 12 au bureau et enfiler des chaussures pliables Bagllerina pour attraper le métro. Le bien-être de nos pieds inspire aussi les entrepreneurs!