Il y a une vie après la Crème de huit heures

Elizabeth Arden fait partie, avec Helena Rubinstein et Estée Lauder, de ces entrepreneuses de la beauté qui ont fondé des empires à la force de leur ambition. Elles ont connu des fortunes diverses. La dernière a eu sans doute la plus belle postérité, en donnant son nom à un groupe mondial dont la famille tient toujours les rênes. Helena Rubinstein fait partie du portefeuille des marques de luxe de L’Oréal, qui ne sait que faire de ce laboratoire d’innovation.

Article paru le 18 octobre dans Le Journal du dimanche

Article paru le 18 octobre dans Le Journal du dimanche

Le sort d’Elizabeth Arden est mitigé. C’est une multinationale qui gère des parfums de célébrités comme Justin Bieber et Britney Spears – et se fait chahuter à Wall Street. Mais c’est aussi le fabricant de la mythique Eight Hour Cream, la crème de huit heures connue pour ses vertus hydratantes. En France, elle n’est même connue que pour cela, alors qu’elle aurait le potentiel d’être un acteur global sur tous les axes (soin, parfum, maquillage).

Pour revenir à l’esprit des Parisiennes, Elizabeth Arden a ouvert un pop up store dans le 16e arrondissement, qui présente toutes ses références et des conseils personnalisés comme au Red Door Spa de Union Square à New York. Elle souhaite aussi développer sa présence porte par porte en signant des exclusivités avec Sephora, Nocibé… J’ai interviewé Axel Lecomte, le DG France, pour l’article paru hier dans Le Journal du dimanche.

La marque a inauguré un pop up store dans le 16e arrondissement - photo Cécile Cellerier

La marque a inauguré un pop up store dans le 16e arrondissement – photo Cécile Cellerier

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Sérum à la pomme, crème aux fleurs, démaquillage en pleine conscience… les soins travaillent la nuit

Il y a trois mois, j’expliquais comment le business du sommeil inspirait les professionnels de la literie. Il faut croire que la préoccupation est générale puisque les cosmétiques aussi multiplient les soins de nuit, avec des promesses parfois surprenantes.

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Bois, pierre, verdure, petite cascade, et accueil avec un bain de pied chaud : divine Maison Dr Hauschka – photo DR

J’aime beaucoup la marque allemande Dr. Hauschka, représentante d’un luxe authentique avec ses produits naturels aux senteurs délicates et sa philosophie bienveillante. Son institut, la Maison Dr. Hauschka rue de Charonne près de Bastille (photo ci-dessus), est une bulle de bien-être où j’apprécie de me ressourcer pendant l’hiver. Sa dernière proposition est un sérum tonifiant nuit aux extraits de pomme, hydratants et régénérants (depuis mai, 36,40 euros les 25 ml).

Dr. Hauschka Skin Care; Dr. Hauschka Kosmetik

Dr. Hauschka Kosmetik

Destiné aux jeunes femmes, il n’est pas anti-âge mais aide les cellules à se renouveler pendant la nuit. Son délicat parfum d’iris est une invitation au sommeil. C’est un geste qui manquait aux routines de soin de la marque et qui s’adapte aux modes de vie actuels, où l’on cherche à ralentir le rythme et à soulager le stress de la journée.

Marque française créée par un kinésithérapeute, intégrée au groupe américain Estée Lauder, Darphin propose aussi une expérience privilégiée dans son institut de la rue Saint-Honoré. Le décor y est plus classique, moins écolo que Dr. Hauschka, mais l’accueil tout aussi expert et attentionné. L’un des produits phares de la marque, le Nectar aux 8 fleurs, combinaison d’huiles essentielles aux vertus nourrissantes et anti-âge, se décline en crème pour les femmes qui ne sont pas familières avec la galénique huile (en octobre, 80 euros, 30 ml). La formulation est une prouesse de précision avec un mélange de deux beurres de karité qui permettent à la texture crème de se liquéfier à l’application pour pénétrer dans l’épiderme, tandis que le tapioca laisse un fini mat.

Là aDARPHIN 8 OIL V2 DEF BD RVBussi, le bouquet de lavande, iris, immortelle, jasmin, ylang-ylang, patchouli, néroli et rose diffuse un parfum réconfortant propice à l’endormissement.

DUP-Cocoon_Ov_x52_sa_Fr-Nl_300dpiL’aspiration au bien-être à la demande dans un quotidien éreintant touche désormais le rituel du coucher. La marque de disques en coton Demak’Up, pour la présentation presse de sa gamme Cocoon plus douce au toucher (en juillet, autour de 2 euros), a convié la coach Elodie Cavalier du site Just A Better Me à expliquer comment transformer le rituel du démaquillage en moment pour soi. Visualiser une bulle protectrice, prendre conscience de ses sensations, se regarder avec indulgence sans maquillage, terminer la journée sur des pensées positives sont ses recettes pour aborder une nuit de sommeil réparatrice. Après la méditation et la diététique, la pleine conscience devient le mantra du démaquillage. Et pourquoi pas? Cinq minutes de lâcher prise ne font pas le bonheur, mais c’est toujours bon à prendre.

Respect, Madame Carven

Les parfums Carven ont été relancés en 2013 par le groupe indépendant Jacques Bogart

Les parfums Carven ont été relancés en 2013 par le groupe indépendant Jacques Bogart – photo P.C.

Le 8 juin dernier, on apprenait le décès de Marie-Louise Carven, doyenne de la haute couture française, à l’âge de 105 ans. Les hommages ont rappelé son goût pour les robes légères de couleur verte, symboles d’espérance au lendemain de la Seconde guerre mondiale, adaptées à son petit format. La créatrice mesurait 1,55m, ce qui est tout de même 8 cm de plus qu’Helena Rubinstein, qui a parcouru le monde sur talons hauts pour vendre ses crèmes de beauté, de Pologne aux Etats-Unis en passant par l’Australie, comme l’a raconté la journaliste Michèle Fitoussi dans sa biographie de référence.

Carven, Rubinstein, Chanel, Estée Lauder, Elizabeth Arden, l’histoire de la mode et des cosmétiques est remplie de femmes à poigne qui ont monté des empires grâce à leur énergie, leur « vista », leur créativité, à une époque où elles n’avaient même pas le droit de vote. Les inégalités hommes-femmes sont un scandale dénoncé à juste titre et pourtant il y a un siècle, des femmes créaient des entreprises, faisaient des découvertes scientifiques, écrivaient, peignaient, sans demander l’autorisation aux hommes. Des femmes d’exception comme il y en a peu dans une génération, sans doute, mais dont l’exemple est suffisamment impressionnant pour permettre toutes les ambitions aux jeunes filles occidentales d’aujourd’hui, qui ont bien moins d’obstacles à surmonter.

Dans mon métier, j’ai souvent l’occasion de rencontrer des femmes actives et créatives, comme la chef Stéphanie Le Quellec, la sommelière Caroline Furstoss ou la directrice artistique Florence Vermelle. Elle n’ont pas un discours revendicatif.  Elles sont elles-mêmes et elles font ce pour quoi elles sont douées, voilà tout. On peut vouloir créer des quotas pour que plus de femmes aient accès aux mêmes responsabilités. On peut aussi décider de parler davantage de celles qui les exercent déjà, pour créer un effet d’entraînement.

Pleins feux sur le sourcil, l’accessoire du regard

Cara Delevingne, mannequin pour Burberry et égérie sourcil de notre époque

Cara Delevingne, mannequin pour Burberry et égérie sourcil de notre époque

Sourcil fourni comme Cara Delevingne, arqué à la Kim Kardashian, ce sont les deux tendances qui dominent actuellement dans la mise en valeur des yeux, me confiait récemment Sabrina Eléonore, fondatrice avec son mari Emmanuel du salon spécialisé Un jour Un regard. Les make-up artists le confirment. Lors de la dernière présentation presse de Lancôme, Miky rappelait que les défilés de mode avaient popularisé le maquillage nude sur les paupières pour mieux mettre l’accent sur les sourcils. L’occasion pour la marque du groupe L’Oréal de présenter ses nouveaux crayons Le Sourcil Pro.

Chez Estée Lauder, Tom Pécheux, le directeur de création maquillage, affirme : « Des sourcils puissants donnent du charisme, du caractère et de la personnalité au visage ». Là encore, la marque américaine en profite pour communiquer sur le regard soutenu de ses mannequins stars, Arizona Muse et Joan Smalls, et commercialise de nouvelles références de crayons Double Wear à double embout pour redessiner et souligner la ligne. Car si la mode est au poil en liberté, il faut parfois aider la nature en comblant les trous ou en colorant des sourcils trop clairs.

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Benefit a popularisé les « brow bars » ou bars à sourcils chez Sephora et dans ses boutiques (ci-dessus inauguration de sa première adresse parisienne rue Tiquetonne). Nocibé propose le réhaussement de cils dans ses instituts « pour un regard habillé sans maquillage ». Le potentiel du marché a inspiré également les fondatrices de L’Atelier du sourcil et du Boudoir du regard qui essaiment un peu partout en France.

Pour Sabrina, la fondatrice d'Un jour un regard, les instituts dédiés au sourcil vont devenir aussi populaires que les salons de coiffure

Pour Sabrina, la fondatrice d’Un jour Un regard, les instituts dédiés au sourcil vont devenir aussi populaires que les salons de coiffure

Créé il y a cinq ans rue de l’Annonciation, l’institut Un jour Un regard vient d’ouvrir une suite en appartement rue Saint-Honoré, plus adaptée à sa clientèle VIP. A seulement 30 ans, sa créatrice est une baroudeuse de la beauté. D’abord maquilleuse de défilés à une époque où les sourcils se portaient encore très fins, Sabrina a ensuite voyagé pendant six ans pour Kenzo afin de développer des protocoles de soin. A l’issue de cette expérience qui l’a familiarisée avec des techniques thaïlandaises et sud-américaines, elle a souhaité se lancer dans un secteur encore en friche. « Il y a cinq ans on trouvait des coiffeurs, des ongleries, des bars à blanchiement pour les dents mais très peu de choses pour les sourcils. De plus, les techniques proposées, comme la cire ou le fil, abîmaient la paupière et enlevaient trop de poils à long terme. Pour moi, le seul accessoire qui convient c’est la pince, plus précise, plus respectueuse de la peau. » Lire la suite