Une bonne idée par jour : voyager en France

Le compte Instagram Atterrissage promeut les alternatives au voyage en avion

Alors que l’on essaie de saisir les contours de la vie après le confinement strict, il paraît clair que les voyages lointains ne seront pas au programme pendant un bon moment. Les vacances s’il y en a cette année auront lieu en France et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Le tourisme de masse nous a habitués (pour 20% des Terriens qui en ont les moyens) à partir à l’autre bout du monde pour un budget souvent moins élevé que si nous étions restés chez nous, encourageant un mode de vie polluant et une approche consumériste du voyage. On peut connaître la Thaïlande et Bali et n’avoir jamais mis les pieds en Lozère ou en Ariège. Et pourtant il y a en Bretagne, en Auvergne ou dans les Pyrénées des paysages qui valent bien des panoramas exotiques. Et de même que l’on peut choisir d’acheter un produit français plutôt que son alternative moins chère made in China, on peut aussi avoir une approche plus raisonnée du voyage en allant à la redécouverte des beautés locales. Ce n’est pas du repli sur soi, c’est juste un ralentissement indispensable pour la planète qui peut être consenti plutôt que contraint.

Le compte Atterrissage sur Instagram met en avant des régions de France qui font rêver comme les calanques de Marseille, le lac du Salagou, les gorges du Verdon ou une piste cyclable dans les Ardennes. Il fait la démonstration que l’on peut se dépayser sans monter dans un long courrier. Le mouvement flygskam, la honte de prendre l’avion, va certainement prendre de l’ampleur après la crise sanitaire. Et grâce au train, on peut explorer de nombreux pays d’Europe pour un bilan carbone modéré.

Une bonne idée par jour : prendre des nouvelles

Il semble évident qu’il faut prendre des nouvelles de ses proches pendant le confinement mais avec le temps qui passe les personnalités de chacun vont s’exacerber. Ceux (1) qui ont démarré au quart de tour avec plein d’idées d’activités vont s’essouffler, ceux qui ont tout misé sur le télétravail vont découvrir les limites à rester tout le temps chez soi, ceux qui rencontraient déjà des difficultés personnelles vont se retrouver seuls avec leurs fragilités, ceux qui en ont rencontré dans le passé vont voir leurs angoisses réactivées… Sale temps pour les anxieux, les obsessionnels du contrôle qui doivent apprendre à lâcher prise, les coeurs solitaires, et tant d’autres.

Les réseaux dits sociaux n’aident pas à aller mieux quand on y lit des messages anxiogènes, des ruminations toxiques, des coups de gueule souvent légitimes mais consommateurs d’énergie. Il faut en être conscient, les exemples chinois et italiens nous le prouvent : c’est parti pour durer. Même si 30 ou 45 jours sont finalement peu de temps dans une vie, c’est long quand les projets sont en suspens, quand on craint pour son emploi, quand on est confiné dans un petit espace (tout le monde n’a pas un point de chute à la campagne, n’est-ce pas Marie Darrieussecq?).

Les personnels soignants et tous ceux qui doivent assurer la continuité de l’activité n’ont pas ces préoccupations, ils sont sur le front. Nous sommes l’arrière, et à ce titre, nous devons assurer le moral des troupes et aider les plus fragiles à tenir le coup. Car plus on craque, plus on risque de se mettre en danger et de repousser le déclin de l’épidémie. Alors on s’appelle, on se raconte nos vies entre quatre murs, on s’échange des bons conseils, on rigole en pensant aux bons coups qu’on boira quand ce sera fini, on coupe court aux pensées négatives (encore que le rire mauvais, c’est cathartique, n’est-ce pas Marie Darrieussecq?). On masque les comptes Twitter et Facebook trop anxiogènes ou indécents (« le confinement c’est trop cool dans ma maison de campagne ») mais on ne se déconnecte pas complètement car cela permet aussi de garder le lien. On applaudit les soignants à 20h car tous disent que ça leur fait chaud au coeur. Bref, pour paraphraser un fameux titre de journal, faites ce que vous voulez mais lavez-vous les mains et entraidez-vous pour tenir le coup.

(1) tant pis pour l’écriture inclusive!

Le Fabriqué en France à l’Élysée

1083

L’atelier de 1083, fabricant de jeans à Romans-sur-Isère. Un reportage à retrouver bientôt dans le Journal du dimanche – Photo P.C.

Ce week-end a lieu la grande exposition du Fabriqué en France au Palais de l’Élysée. Une reconnaissance pour 120 produits d’entreprises françaises qui font le pari du local, de la création d’emplois, de l’innovation. Les délocalisations de ces dernières années ont permis aux consommateurs de bénéficier de produits à bas coûts et aux marques d’augmenter leurs marges mais ont eu des conséquences en termes de destructions d’emplois en France, de création d’esclaves modernes à l’autre bout du monde et de pollution à tous les niveaux. De nombreux entrepreneurs ont fait le choix de relocaliser pour de pures raisons économiques (manque de réactivité d’une production lointaine) mais aussi de plus en plus pour des raisons éthiques, sociales et environnementales.

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