Le made in France, ça marche

Dossier spécial made in France dans Le Journal du dimanche ce week-end, avec un focus sur les attentes des consommateurs. Sont-ils vraiment prêts à acheter un produit sur son critère d’origine? Et à payer plus cher pour soutenir la production française?

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Article paru le 22 mars dans Le Journal du dimanche

Après un peu de recherche (merci à Denis Gancel le président de W & Cie de m’avoir aiguillée), j’ai trouvé l’étude du Credoc qui fait autorité sur la question. « L’attachement des Français au made in France » s’appuie sur une enquête en face à face réalisée auprès de 2003 personnes entre décembre 2013 et janvier 2014. Les ressentis ont peut-être évolué depuis mais si l’on tient compte du délai de traitement et d’analyse, il s’agit de l’étude la plus complète et la plus récente sur le sujet. Il en ressort que, oui, les Français pensent que le made in France est synonyme de qualité, oui ils privilégient à 50% la production hexagonale. Cependant le critère d’origine vient bien après le rapport qualité-prix dans leurs achats et surtout il ne faut pas que le différentiel de prix soit trop important : entre 5 et 10% de plus que la concurrence, au-delà la solidarité nationale a des limites.

Pour cet article, j’avais besoin d’exemples d’industriels qui puissent témoigner que fabrication française était compatible avec succès commercial. J’ai pensé sans hésiter à Valérie Le Guern Gilbert, que j’avais rencontrée l’année dernière à l’occasion de la visite de son usine à Villedieu-les-Poêles en Normandie (photos ci-dessous). Valérie Le Guern Gilbert dirige Mauviel1830, un fabricant, je vous le donne en mille, de poêles et autres ustensiles de cuisine en cuivre et en inox fabriqués selon un savoir-faire ancestral. A 160 euros la gamelle, c’est un investissement, sauf que les poignées rivetées à la main sont garanties à vie et que les matériaux de qualité assurent une cuisson homogène. A comparer avec les poêles branlantes qui attachent, pas besoin de faire de dessin. Mauviel 1830 équipe les grands restaurants, collabore avec Yannick Alléno et était partenaire du dîner Goût de France organisé par le ministère des Affaires étrangères le 19 mars, mais séduit aussi le grand public féru de belles casseroles. Avis aux agences de relations presse, les rendez-vous donnent parfois des résultats des mois plus tard, c’est pourquoi je tiens à rester informée des budgets dans les domaines de l’art de vivre, car on ne sait jamais quand un sujet va aboutir.

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Pommery et Mellerio, sagas pour CB News

20141220_110733Le spécial Luxe de CB News est un rendez-vous attendu qui confie tous les ans en décembre sa couverture à un créateur -cette année le réalisateur Bruno Aveillan. Je suis admirative de la façon dont la petite équipe a relancé le titre en reprenant le flambeau de Christian Blachas, avec un esprit start up qui pousse à la débrouillardise. Merci encore à Fouzia Kamal, la rédactrice en chef adjointe, de m’avoir confié deux sagas de marque : Pommery et sa passion pour l’art contemporain, et Mellerio dits Mellers, plus ancien joaillier indépendant encore en activité.

 

 

Pour ces deux sujets, je me suis plongée dans les archives, au sens propre puisque chez Pommery à Reims, on descend à 30 mètres sous terre pour découvrir les caves creusées dans d’anciennes carrières de craie. Derrière le développement du domaine en plein XIXème siècle, il y a l’énergie d’une femme, d’une veuve, Louise Pommery, une pro du marketing avant l’heure. Les propriétaires de la maison, Paul-François et Nathalie Vranken, perpétuent son oeuvre en conviant des artistes à exposer dans leurs sous-sols -et pas des moindres : Daniel Buren, Bertrand Lavier, Xavier Veilhan… L’exposition en cours, Bleu-Brut, se visite jusqu’au 30 juin, et la prochaine portera sur le thème « Gigantesque ».

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Chez Mellerio dits Meller rue de la Paix à Paris, j’ai aussi descendu les marches qui mènent aux secrets les mieux gardés de la maison, les livres de commandes contenant les noms de la fine fleur de l’aristocratie européenne du XIXème. J’ignorais tout de cette entreprise familiale fondée par un décret de Marie de Médicis en 1613 et actuellement dirigée par la 15ème génération d’héritiers.

Deux belles histoires comme je les aime, au coeur desquelles on trouve toujours des personnalités passionnantes à découvrir… souvent des femmes.

Caroline Furstoss, sommelière de l’année

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Caroline Furstoss, sans tache – photo Stéphane de Bourgies

Le magazine en ligne de Longchamp poursuit ses rencontres avec des femmes remarquables, élégantes, créatives et qui parlent avec éloquence de leur métier. J’ai eu le plaisir d’interviewer Caroline Furstoss, sommelière du restaurant gastronomique de Jean-François Piège, à deux pas des Invalides. La jeune femme d’origine alsacienne vient de se voir décerner le titre de sommelière de l’année par un jury de professionnels. L’oenologie est un domaine qui me fascine. L’entendre parler des accents toastés d’un grenache du Roussillon me fait penser aux parfumeurs capables d’identifier l’origine d’un jasmin en sentant une essence. Il est question de terroir, d’accords mets-vins et de Paris dans cette interview, à déguster sans modération.

Ô Divin, coup de coeur aux Buttes-Chaumont, ga

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Avec Naoufel et le mouton mascotte, on se sent tout de suite bien accueilli

Avec Naoufel et le mouton mascotte, on se sent tout de suite bien accueilli

Alors que les magazines sont en plein dans leurs sujets « les plus belles terrasses à Paris pour l’été », je viens d’en découvrir une absolument géniale, le secret le moins bien gardé des Buttes-Chaumont, j’ai nommé… Ô Divin, 35 rue des Annelets dans le 19ème arrondissement. Dans ce coin de Paris en passe de devenir un mini-Montmartre sans les touristes, les frères Redha et Naoufel Zaïm ont ouvert un restaurant où l’on se sent instantanément bien, sans compromis sur l’ambition culinaire grâce au chef Mathieu Moity formé chez Michel Bras. La carte courte, deux entrées, deux plats au choix, change tous les jours au gré du marché et des livraisons des producteurs locaux (volaille et cochon du Perche, légumes de Joël Thiébault…) pour une addition raisonnable autour de 20 euros sans le vin. Le soir, un menu dégustation est proposé autour de 45 euros dont le fameux couscous au cochon de lait du lundi.

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Pour ma part, ce mercredi 18 juin, j’ai répondu à l’appel de l’oeuf cuit à basse température avec son émulsion de crabe, suivi du merlan au houmous citronné et fenouil. A dire vrai, toute à mes dégustations de saveurs et de textures servies dans des assiettes asymétriques Serax, j’ai oublié de noter exactement les recettes. Ma carrière de critique gastronomique va sans doute s’arrêter là… Mais j’ai profité de ma visite pour discuter avec Redha, surnommé « le roi de Belleville » car il en connaît tous les recoins.

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Redha Zaïm travaille dans la musique et a racheté à cette adresse un studio d’enregistrement mythique, qui a vu passer Serge Gainsbourg et David Bowie. L’endroit est désormais consacré à la post-production pour les films d’animation et le propriétaire a commencé par lui adjoindre un bar à vins, avant d’ouvrir un véritable restaurant il y a un an. Depuis deux semaines, une épicerie vient de s’ajouter à sa petite entreprise au 130 rue de Belleville, tout près de là. On y trouve d’alléchants sandwichs à la joue de cochon ou à la langue de boeuf et des pâtisseries orientales préparées par sa maman ! Une belle histoire de famille franco-algérienne, généreuse et accueillante, qui donne instantanément envie de déménager dans la romantique rue des Solitaires. Ou au moins d’y revenir plus souvent.

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Et la terrasse au fait ? C’est une cour intérieure adjacente à la petite salle, dont les murs couverts de lierre et les meubles de jardin donnent l’illusion d’être transportés dans un pays du Sud. Décidément divin.

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Fauchon et Angel, passions croisées

Qu’on le déplore ou qu’on s’en délecte, les parfums dits gourmands dominent le marché actuellement. « Sur les dix premiers parfums féminins vendus en France, six appartiennent à la famille des gourmands », soulignait Sandrine Groslier, présidente de Clarins Fragrance Group, lors de la présentation de l’eau de toilette Angel Eau Sucrée, en avril dernier chez Fauchon. Le best seller de Thierry Mugler et l’épicerie de luxe se sont associés pour créer un éclair inédit recouvert d’un glaçage bleu, en vente jusqu’au 7 juin place de la Madeleine.

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Après l’avoir annoncée ici, j’ai décrypté cette actualité dans un article paru le week-end dernier dans Le Journal du dimanche, rappelant le précédent de Nina Ricci avec Ladurée et citant la chercheuse de tendances Laurence Bethines de l’agence Team Créatif pour l’éclairage marketing. Comme le souligne Dominique Laborderie dans son blog Beauty Decoder, la pâtisserie est aussi devenue un actif financier pour les groupes de luxe : LVMH a racheté l’institution milanaise Cova, Prada a fait de même avec Marchesi.

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Et l’éclair lui-même ? Je ne suis pas fan en général de ce dessert trop crémeux à mon goût mais la pointe d’acidité apportée par le citron est réussie.

Smak, enfin une cantine qui change à Nation

Carrefour routier et ferroviaire, dernière station avant le périhp’, point d’arrivée des manifestations, Nation est un quartier sans véritable identité. L’effervescence du faubourg Saint-Antoine est à deux pas, les commerces de bouche de la rue du Rendez-Vous régalent les gourmets, mais la place elle-même est un lieu de passage où s’engouffrent les véhicules déboulant du cours de Vincennes et les voyageurs rejoignant le RER.

Pourtant, on sent poindre un rajeunissement du quartier, avec l’arrivée des familles lassées  de la Bastille et la perspective de l’ouverture d’une extension de la Sorbonne. C’est donc avec un enthousiasme non dissimulé que la riveraine que je suis a salué l’arrivée d’un restaurant pimpant et engageant, quasiment bobo, enfin différent des brasseries traditionnelles qui bordent le rond-point. Smak, avec son logo rouge et blanc et son mobilier rétro-contemporain, donne envie de s’approcher. Les salades fraîches mettent l’eau à la bouche. Le sourire d’Alena, la patronne, et de son compagnon Didier, invitent à en savoir plus.

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Alena, Didier et Marcos, la belle aventure d'un nouveau restaurant

Alena, Didier et Marcos, la belle aventure d’un nouveau restaurant

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Sus au sucre, Finley réhabilite l’amer

J’en parlais ici, la vague sucrée régressive envahit l’alimentaire, les parfums ou l’hygiène-beauté. Et ça se confirme avec l’arrivée prochaine d’un parfum Angel Eau Sucrée chez Thierry Mugler en partenariat avec Fauchon. Pour une marque qui a créé la famille gourmande en parfumerie, cela promet une double ration de glucose.

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Comme en miroir à cette tendance collante et légèrement écoeurante, Coca-Cola lance en avril, en avant-première mondiale en France, la boisson pétillante Finley. Le dossier de presse est un modèle de cogitation marketing. Il démontre que les consommateurs adultes ont acquis une maturité gustative qui leur permet d’apprécier des propositions plus subtiles, avec des pointes d’amertume. D’où les saveurs contrastées, douces-acides, qui composent la gamme : pamplemousse-orange sanguine, citrons-fleurs de sureau, orange-cranberry, et un tonic à la quinine.

Le lancement se veut le plus important pour la firme depuis Coca Cola Zero en 2007. Le groupe américain s’est appuyé sur plusieurs études réalisées pendant deux ans auprès de 2500 consommateurs entre 25 et 55 ans pour affiner le positionnement de la marque qui s’invite avec force sur le marché des sodas pour adultes dominé par Schweppes. Lequel dévoilera le 3 avril la nouvelle égérie qui succèdera à Uma Thurman pour sa campagne « What did you expect? ».

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