Spécial Made in France dans Le Journal du dimanche

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La Brosserie Française, propriétaire de Biospetyl, emploie 28 personnes à Beauvais dans l’Oise pour 4,8 millions d’euros de chiffre d’affaires – photo P.C.

Le week-end dernier, le JDD consacrait trois pages au thème du « made in France » popularisé par le ministre Arnaud Montebourg et avant lui Yves Jégo. Le maintien des emplois français fait un beau « storytelling » mais la réalité est plus complexe. Dans le dossier, je relate l’aventure de Bioseptyl, la dernière marque de brosses à dents fabriquée en France, dans l’Oise exactement. Dans cette région qui comptait plusieurs dizaines d’usines de brosses au début du XXe siècle, cette survivante doit se résoudre à quitter la grande distribution et sa concurrence acharnée pour se replier sur internet. Et pourquoi pas? Les Français renouvellent leur brosse à dents tous les six mois en moyenne, alors que les dentistes recommandent tous les trois mois. La vente à distance sur abonnement est une bonne solution pour se différencier. Reste que l’entreprise ne compte plus que 28 salariés, contre 71 il y a quatre ans.

Je signe également un article sur les selles Hermès, une activité 100% made in France et même made in rue Saint-Honoré à Paris, où l’atelier emploie une vingtaine d’artisans. Et j’interviewe Yves Guattari, président de Monbana, fabricant de chocolat haut de gamme qui a repris une usine de décors peints à la main à Colmar, sauvegardant 33 emplois.

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Senteurs rafraîchissantes pour l’été

Dans Le Journal du dimanche de la semaine dernière, je signais un article sur les parfums de l’été, à la fois frais et avec un sillage tenace. Une sélection rapide en 1,5 feuillet, où j’ai mis en avant l’arrivée d’un nouveau nom en parfumerie, le couturier Azzedine Alaïa.

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Article paru le 28 juin dans Le Journal du dimanche

J’ai été séduite par la fragrance composée par Marie Salamagne, de Firmenich, dans un travail collectif qui associait le créateur lui-même, sa complice Carla Sozzani, Nathalie Helloin-Kamel, la directrice générale des marques de Beauté Prestige International, le designer Martin Szekely, qui a créé le flacon noir surmonté d’une bobine de fil d’or…

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On soupçonne que le processus n’a pas été de tout repos entre les équipes marketing et le rythme du couturier indifférent aux contraintes de temps et de marché. Mais je trouve que le résultat est à la hauteur de sa vision -l’évocation des murs de chaux rafraîchis à grand coup de seaux d’eau froide dans sa Tunisie natale- tout en étant agréable à porter avec son envol de poivre rose en tête et son coeur minéral sans être trop iodé grâce à un juste dosage avec des fleurs (freesia, pivoine).

C’est la Cascalone, une molécule brevetée par Firmenich, qui apporte cette odeur marine que l’on retrouve en filigrane de La Fille de l’air de Courrèges, associée cette fois à la fleur d’oranger par le parfumeur Fabrice Pellegrin. Son odeur un peu vinyle, écho à la mode Courrèges, est moins séduisante à mes narines, mais elle constitue une jolie contribution à la saga de la renaissance de la marque, dont j’ai déjà parlé dans le JDD et sur ce blog. Le lancement en avant-première sur les ventes à bord d’Air France et sur le site ecommerce de la compagnie est une autre manière de mettre la petite maison indépendante dans l’actualité en l’associant à une image d’élégance à la française et de légèreté dont on a bien besoin actuellement.

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Un sujet sur les senteurs vivifiantes de l’été ne pouvait pas passer sous silence Chance Eau Vive de Chanel, un cocktail pamplemousse-orange sanguine signé Olivier Polge, soutenu par une campagne joyeuse de Jean-Paul Goude. Dans les trois cas, la tenue sur peau est assurée par des muscs, ce qui me permet d’écrire que les parfumeurs ont trouvé leur Graal : des parfums frais comme des Colognes mais avec du sillage, une attente des consommatrices lassées des fragrances trop lourdes, mais frustrées par la volatilité des hespéridés.

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Dans ma salle de bain – photo P.C.

Pour ma part, par ces fortes chaleurs, je reviens à mes eaux d’été préférées, l’Eau d’orange verte d’Hermès et Eau de Rochas, mais leur effet est fugace. Pour sa bonne odeur de vacances, même si je ne retournerai pas sur l’île cet été, je reste fidèle à Corsica Furiosa de Parfum d’Empire, une composition autour du lentisque justement récompensée du prix de la Fragrance Foundation. Je recommande aussi les parfums sans prétention vendus à 30 euros en pharmacies de la marque landaise Ixxi : Balade acidulée, Tonnelle gourmande et surtout Or des Sables aux effluves de crème solaire. Vite, une plage!

De Citroën à Apple, les femmes sont là

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Linda Jackson, directrice générale de Citroën, et Angela Ahrendts, vice-présidente d’Apple (future numéro un ?), figurent en bonne place dans Challenges de la semaine, qui fait sa une sur le Mondial de l’automobile. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce rédacteur en chef d’un magazine économique concurrent qui m’avait retoqué un sujet en disant qu’il était « trop féminin ». Mais les femmes sont déjà là les gars, il faut vous y faire ! Parmi vos lecteurs, parmi les dirigeants d’entreprise, même dans l’automobile, même à la Silicon Valley. Qu’est-ce que c’est, un sujet féminin, en économie? Les rouges à lèvres ? L’Oréal est le numéro un mondial des cosmétiques, et il est français. Les sacs à main ? Hermès a continué d’enregistrer une hausse des ventes au premier semestre 2014, y compris en Europe.

Cette dichotomie entre femmes et économie n’a plus lieu d’être. Angela Ahrendts a développé Burberry en binôme avec Christopher Bailey, en a fait une référence du luxe et du high tech. Elle fait maintenant des étincelles chez Apple et on sent qu’avec le patron du design Jonathan Ives, ils en ont sous le pied. On vit une période passionnante pour les femmes (occidentales surtout), encore une bonne nouvelle!

J’ai eu l’occasion, en interviewant Marie-Laure Sauty de Chalon, la présidente d’Aufeminin, de m’intéresser aux femmes qui encouragent leurs pairs à briser la peur et le plafond de verre pour prendre des responsabilités dans l’entreprise et dans la société. La dirigeante organise avec Aude de Thuin, la créatrice du Women’s Forum, les rencontres Happy Happening, du 14 au 16 novembre, trois jours de débats et d’ateliers destinés particulièrement à la génération Y, les 25-35 ans qui démarrent leur vie de femme et leur carrière. J’ai passé l’âge, mais je ne manquerai pas d’y aller, pour voir, pour entendre, pour recevoir de bons conseils aussi, pourquoi pas ? Le Women’s Forum est un club de dirigeantes, un « Davos des femmes ». Aujourd’hui les initiatives s’adressent au grand public, elles tendent la main aux nouvelles générations pour leur montrer la voie.

C’est aussi l’intérêt de Lean In, le livre de Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook. Elle y mêle habilement des anecdotes drolatiques (le jour où elle a utilisé un tire-lait tout en menant une réunion par téléphone), les témoignages pratiques (autant que possible, elle quitte le bureau à 17h30 pour être auprès de ses enfants et travaille à nouveau après la petite histoire du soir) et les encouragements destinés autant aux hommes qu’aux femmes à concilier épanouissement personnel et professionnel. Le chapitre consacré au beau mot de mentor est particulièrement intéressant. Ce rapport de confiance avec une personne plus expérimentée qui n’est ni un parent, ni un ami, ni un supérieur hiérarchique au sens strict est une notion à développer. Et plus encore chez les femmes qui ont besoin d’exemples de réussite.

Le retour de Patou en parfumerie, décryptage sur Challenges.fr

Jean Patou JOY FOREVER

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Cela fait longtemps que je guette le retour de Jean Patou, marque mythique délaissée par Procter & Gamble puis vendue à la société Designer Parfums (propriété du groupe Shaneel, conglomérat détenu par les frères Mehta). Comme Schiaparelli, actuellement en pleine renaissance, elle fait partie de ces noms du passé qui ont attendu le bon moment pour rayonner à nouveau.

Sous l’impulsion de Bruno Cottard, ancien d’Hermès qui aime à citer son mentor Jean-Louis Dumas, et du nez Thomas Fontaine, passionné par l’histoire de Patou, la griffe a repris la parole en 2013, avec son parfum signature Joy, et une version plus contemporaine, Joy Forever. Un livre, Une vie sur mesure d’Emmanuelle Polle chez Flammarion, a redonné vie à la légende de Jean Patou, personnage romanesque disparu prématurément en 1936. L’exposition sur les Arts Déco cet hiver à Paris consacrait une large place à ce couturier-créateur qui, aux côtés de Poiret, Chanel et Lanvin, a ouvert la voie à la parfumerie contemporaine, créant des fragrances autour de moments de vie ou d’événements historiques.

Bruno Cottard et Thomas Fontaine exhument progressivement ces pépites des archives, les reformulant et les distribuant par salves de trois : Chaldée, Patou pour homme et Eau de Patou l’année dernière, Deux Amours (et non pas Amour Amour, trop proche d’Amor Amor appartenant à L’Oréal), Que sais-je? et Adieu Sagesse cet automne, Vacances, Colony et L’Heure Attendue en 2015.

C’est toujours un plaisir de parler à ces deux passionnés qui arrivent à conserver l’identité de ce grand nom du luxe en dépit de l’impatience de leurs actionnaires. Bruno Cottard a une vision très arrêtée du « vrai luxe », Thomas Fontaine une connaissance intime des formules originelles et c’est tout cela que j’ai relaté dans l’article paru sur Challenges.fr le 15 juillet.

Buly, le Midnight in Paris de la parfumerie

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Le Journal du dimanche, sous la plume de Charlotte Langrand, consacrait récemment un article à la personnalisation des cosmétiques, une tendance largement illustrée par la nouvelle parfumerie Buly, ouverte par Victoire de Taillac et Ramdane Touhami au 6 rue Bonaparte à Paris dans le 6ème.

Quand je dis nouvelle, c’est tout relatif car si l’adresse a ouvert en avril, son décor ancien à base de bois, de marbre et de carrelage brut donne l’illusion d’une officine restée dans son jus depuis deux siècles.

Buly se présente comme « officine universelle depuis 1803 » et reprend le nom de l’entrepreneur Jean-Vincent Bully, qui a inspiré le César Birotteau de Balzac. Sur une photo en noir & blanc de la fin du XIXème siècle, son fameux vinaigre de toilette s’affiche au fronton du 67 rue Montorgueuil. La maison familiale a fermé dans les années 1960 mais de nombreux Parisiens se souviennent de ses produits. Historienne de la beauté, Victoire de Taillac a retrouvé des archives chez les collectionneurs, certaines en excellent état qui ont pris leur place dans le décor de la boutique. Directeur artistique, Ramdane Touhami s’est largement inspiré du graphisme et du vocable d’origine pour créer des packagings au charme tellement désuet qu’il en devient étrange, ne ressemblant à rien de connu actuellement. Les produits s’appellent Pommade concrète (une crème pour les mains), Eau Triple (une collection de huit parfums sans alcool), Lait virginal, Eau de la belle haleine, Opiat dentaire… Les bougies d’intérieur protégées par une cloche en verre sont accompagnées d’allumettes elles aussi parfumées.

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Passer la porte de Buly, c’est, comme dans Midnight in Paris de Woody Allen, être transporté dans un autre espace-temps. Rien à voir avec la mode du vintage qui fleure bon les années 60. On a l’impression de se retrouver dans les pages du Parfum de Patrick Süskind, ou d’être une bourgeoise parisienne à la Belle Epoque. On redécouvre un patrimoine français classique mais finalement très peu conservé par les plus anciennes maisons. Guerlain fait appel à l’architecte américain Peter Marino pour moderniser son adresse historique des Champs-Elysées, Hermès crée des imprimés pour la clientèle moyen-orientale. Avec ce projet, les fondateurs, qui avaient déjà créé la Parfumerie Générale et relancé les Cires Trudon, voulaient ressusciter une maison de beauté à la française, en maîtrisant tous les détails. « Un peu sur le modèle de Santa Maria Novella à Florence », glisse Victoire de Taillac, enchantée de l’accueil du public, porté par le bouche-à-oreille et une presse élogieuse.

Sus au sucre, Finley réhabilite l’amer

J’en parlais ici, la vague sucrée régressive envahit l’alimentaire, les parfums ou l’hygiène-beauté. Et ça se confirme avec l’arrivée prochaine d’un parfum Angel Eau Sucrée chez Thierry Mugler en partenariat avec Fauchon. Pour une marque qui a créé la famille gourmande en parfumerie, cela promet une double ration de glucose.

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Comme en miroir à cette tendance collante et légèrement écoeurante, Coca-Cola lance en avril, en avant-première mondiale en France, la boisson pétillante Finley. Le dossier de presse est un modèle de cogitation marketing. Il démontre que les consommateurs adultes ont acquis une maturité gustative qui leur permet d’apprécier des propositions plus subtiles, avec des pointes d’amertume. D’où les saveurs contrastées, douces-acides, qui composent la gamme : pamplemousse-orange sanguine, citrons-fleurs de sureau, orange-cranberry, et un tonic à la quinine.

Le lancement se veut le plus important pour la firme depuis Coca Cola Zero en 2007. Le groupe américain s’est appuyé sur plusieurs études réalisées pendant deux ans auprès de 2500 consommateurs entre 25 et 55 ans pour affiner le positionnement de la marque qui s’invite avec force sur le marché des sodas pour adultes dominé par Schweppes. Lequel dévoilera le 3 avril la nouvelle égérie qui succèdera à Uma Thurman pour sa campagne « What did you expect? ».

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