Une bonne idée par jour : l’humour des réseaux

La moisson de ces derniers jours. Bravo à tous les auteurs souvent anonymes pour leur inventivité!

On est quel jour déjà?
Tant d’intelligence sur les réseaux, ça réconcilie avec l’humanité
Tous en peignoir, en attendant la camisole #15avril 🤪
Ah ces Parisiens…
La suite de Very Bad Trip se passera en Chine
Un jeu de mots de bon aloi
Ce spécialiste des noms de marque, romancier à ses heures, s’en donne à coeur joie en ce moment
Encore un jeu Twitter à base d’émojis : je suis fan
Même les marques s’y mettent pour animer leurs réseaux. C’est sympa

Une bonne idée par jour : rions un peu en attendant la fin du confinement

Petite compil’ de ces derniers jours

Si seulement…
Sans attendre l’autorisation de mise sur le marché
De la même veine que « Martine remplit son attestation de déplacement dérogatoire »
C’était en direct dans la matinale de France Inter. En vrai elle était super touchante Janine 🙏
Brève parue sur la newsletter de Stratégies le 24 mars. Les auteurs de dystopies vont ramer pour faire mieux
Les unes de la presse française à l’heure du covid-19
Les graphistes réactualisent les logos à l’ère de la distanciation sociale
Nos amis écossais aussi sont en confinement
Pour animer vos apéros vidéo : saurez-vous reconnaître ces titres de livres?
Idem avec des pièces de théâtre
On tient le bon bout

Une bonne idée par jour : les perles de Twitter

Parce que le rire nous sauvera tous, une compilation des messages les plus drôles qui ont circulé ces derniers jours.

Le surbooking du confinement
J’aime beaucoup Leïla Slimani mais il faut reconnaître que sa chronique du Monde était collector
On a hâte
La magie du rangement
Ce compte est un régal en temps normal mais là il se surpasse
Il y a une semaine déjà…

Bon courage, on pense à tous les malades, les soignants, les personnes obligées de travailler pour maintenir l’activité, on tient le coup et on reste chez nous.

Les youtubeurs en action

Les youtubeurs comme Cyprien, Norman, Squeezie ne sont pas des ados attardés qui font des vidéos dans leur chambre! Depuis leurs débuts, ils sont devenus de vrais auteurs de courts-métrages et si leur public est essentiellement composé d’enfants et d’adolescents, leur production est du divertissement de qualité.

À l’occasion de la crise du coronavirus, ils ont publié la semaine dernière des vidéos à la fois rigolotes et informatives et le résultat est franchement réussi.

Dans l’incapacité de tourner en studio, Norman est revenu aux tournages low cost de ses débuts, qui plus est en partage de connexion avec son portable car il explique être privé d’internet. On rit quand il raconte que son père ne sort plus de chez lui mais nettoie quand même tous les boutons de porte! Mais le message passe : restez chez vous.

Squeezie a réalisé une vidéo très complète qui revient aussi bien sur les origines du virus que sur les bons gestes à adopter et sur les erreurs qui ont été commises. Un bon rappel à l’ordre à sa communauté, parmi laquelle on compte sans doute des flâneurs des Buttes-Chaumont.

Fidèle à son concept du top des pires, Amixem a compilé les vidéos de confinement les plus loufoques venues du monde entier. Il livre au passage quelques conseils utiles car sa femme est médecin et invite même à la détox digitale en cas d’anxiété aiguë.

Le Rire Jaune, alias Kevin Tran, est plus poignant quand il rappelle que sa mère est médecin et qu’il s’inquiète pour sa famille. Il insiste aussi sur le racisme dont a été victime la population d’origine asiatique, et l’on sent qu’il n’a plus envie de rire. Mais il arrive à faire passer les messages essentiels avec le sourire.

Les « influenceurs » auront-ils plus d’influence que les messages officiels? Ils jouent en tout cas un rôle essentiel dans la chaîne de prévention et leurs vidéos qui cumulent plusieurs millions de vues en quelques jours sont une parenthèse réconfortante dans le marasme ambiant.

L’humour est-il un art de vivre? Vous avez trois heures.

Passée la sidération de l’actualité traumatisante des dernières semaines, la vie reprend son cours, avec ses sujets légers, ses rendez-vous qui font penser à autre chose. Quoique… Comme une persistance rétinienne, le souvenir des événements s’imprime partout, resurgit aux moments les plus inattendus. La semaine dernière, j’assistais à la conférence « L’homme avenir du luxe », organisée par la régie publicitaire de M le magazine du Monde (ma Bible du vendredi, moi qui n’ai d’autres liturgies que les beaux reportages).

Le 20 janvier, on a parlé des hommes, de luxe et de bien d'autres choses à l'invitation de M Publicité-Régie Obs. Béline Dolat, rédactrice en chef adjointe de M le magazine du Monde, animait le débat.

Le 20 janvier, on a parlé des hommes, de luxe et de bien d’autres choses à l’invitation de M Publicité-Régie Obs. Béline Dolat, rédactrice en chef adjointe de M le magazine du Monde, animait le débat- photo P.C.

Les intervenants devisaient aimablement sur les habitudes de consommation de la gent masculine, qui « a besoin d’être prise par la main » selon Maud Tarena, directrice du département homme du Bon Marché Rive Gauche. Confirmation de Marc Menasé, le fondateur du site Menlook, qui a rappelé que « les sous-vêtements pour hommes sont achetés à 40% par les femmes ». Il est vrai que les hommes achètent aussi de la lingerie pour leur compagne, mais on n’est pas dans le même registre. Faire la chasse aux slips kangourous, c’est une question de dignité!

Bref, on était loin de l’enfance fracassée des frères Kouachi, et quand Thierry Richard, fondateur du « club privé pour hédonistes modernes » Les Grands Ducs (700 membres à Paris) a parlé de « logique de partage et de vivre ensemble une expérience », je me suis demandé si c’était cela l’avenir de la société française : le vivre ensemble, mais entre soi. Chacun dans son club, sa chapelle, ses références, Saint-Germain des prés ou la cité Curial dans le 19ème, sans velléités de lancer des ponts entre eux.

Marc Beaugé, le chroniqueur style de M, a détendu l’atmosphère en avançant que l’humour pouvait être une façon de toucher une cible masculine moderne (je ne disais pas autre chose dans un récent article pour Le Journal du dimanche). « Pour être élégant dans la vie et dans le vêtement il faut une touche d’humour. C’est une forme d’intelligence, un art de vivre. » On en revenait à la satire et au second degré des dessinateurs de Charlie Hebdo, si mal compris quand on ne connait pas leur parcours et leurs intentions. Le sens de l’humour, l’ironie, la pirouette, c’est non seulement une façon de désamorcer l’absurdité de l’existence, mais c’est une façon de se parler. Rire ensemble, c’est se comprendre (note pour plus tard : relire Le Rire de Bergson).

Mais ne pas comprendre l’humour de l’autre ou pire, ne pas avoir du tout le sens de l’humour, c’est la certitude d’une incompréhension totale et hélas, parfois fatale. Faut-il s’interdire un bon mot pour ne pas risquer de blesser quelqu’un? La satire et la caricature ne vont-elles être réservées à quelques cercles avertis, dans des publications que l’on va s’échanger sous le manteau pour échapper à la caisse de résonance des réseaux sociaux? Comme on dit, « on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ». Quand ce « n’importe qui » devient Facebook et ses millions d’utilisateurs, cela devient difficile de choisir ses interlocuteurs. On pourrait dire aussi « Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres ».

Là encore, Marc Menasé de Menlook a fait redescendre tout le monde sur terre en témoignant que « l’humour européen était tout à fait incompréhensible pour les clients chinois. Pour eux, on s’en tient à un discours très premier degré. » Est-ce à dire que les Chinois n’ont pas le sens de l’humour? Bien sûr que non, mais ils n’ont pas le même humour que nous, surtout en ce qui concerne leur style. Après des années de col Mao, on peut envisager qu’ils n’aient pas envie de rigoler avec ça. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne peut pas se comprendre par ailleurs. Pour revenir à la Bible, c’est un peu la métaphore de la tour de Babel : on peut la lire comme une malédiction (les hommes condamnés par Dieu à ne pas se comprendre) ou une chance (l’altérité comme condition pour apprendre à vivre ensemble). Par exemple, on peut ne pas comprendre le boxer de Justin Bieber, mais on peut apprendre à vivre avec!