Une bonne idée par jour : prendre des nouvelles

Il semble évident qu’il faut prendre des nouvelles de ses proches pendant le confinement mais avec le temps qui passe les personnalités de chacun vont s’exacerber. Ceux (1) qui ont démarré au quart de tour avec plein d’idées d’activités vont s’essouffler, ceux qui ont tout misé sur le télétravail vont découvrir les limites à rester tout le temps chez soi, ceux qui rencontraient déjà des difficultés personnelles vont se retrouver seuls avec leurs fragilités, ceux qui en ont rencontré dans le passé vont voir leurs angoisses réactivées… Sale temps pour les anxieux, les obsessionnels du contrôle qui doivent apprendre à lâcher prise, les coeurs solitaires, et tant d’autres.

Les réseaux dits sociaux n’aident pas à aller mieux quand on y lit des messages anxiogènes, des ruminations toxiques, des coups de gueule souvent légitimes mais consommateurs d’énergie. Il faut en être conscient, les exemples chinois et italiens nous le prouvent : c’est parti pour durer. Même si 30 ou 45 jours sont finalement peu de temps dans une vie, c’est long quand les projets sont en suspens, quand on craint pour son emploi, quand on est confiné dans un petit espace (tout le monde n’a pas un point de chute à la campagne, n’est-ce pas Marie Darrieussecq?).

Les personnels soignants et tous ceux qui doivent assurer la continuité de l’activité n’ont pas ces préoccupations, ils sont sur le front. Nous sommes l’arrière, et à ce titre, nous devons assurer le moral des troupes et aider les plus fragiles à tenir le coup. Car plus on craque, plus on risque de se mettre en danger et de repousser le déclin de l’épidémie. Alors on s’appelle, on se raconte nos vies entre quatre murs, on s’échange des bons conseils, on rigole en pensant aux bons coups qu’on boira quand ce sera fini, on coupe court aux pensées négatives (encore que le rire mauvais, c’est cathartique, n’est-ce pas Marie Darrieussecq?). On masque les comptes Twitter et Facebook trop anxiogènes ou indécents (« le confinement c’est trop cool dans ma maison de campagne ») mais on ne se déconnecte pas complètement car cela permet aussi de garder le lien. On applaudit les soignants à 20h car tous disent que ça leur fait chaud au coeur. Bref, pour paraphraser un fameux titre de journal, faites ce que vous voulez mais lavez-vous les mains et entraidez-vous pour tenir le coup.

(1) tant pis pour l’écriture inclusive!

Fornasetti Profumi, le maître des illusions

Présentée au printemps aux Arts Décoratifs à Paris, l’exposition Piero Fornasetti a remis à l’honneur cet illustrateur milanais du XXe siècle, popularisé par sa collaboration avec l’architecte Gio Ponti. Ses images qui empruntent autant à la Renaissance qu’au surréalisme continuent d’être éditées par son fils Barnaba et déclinées sous forme de licences d’accessoires pour la maison, dont des bougies parfumées (il faut absolument aller se perdre sur le site internet).

Cette licence gérée depuis Londres par United Perfumes fait travailler des parfumeurs français, comme Olivier Polge, aujourd’hui créateur des parfums Chanel, auteur de la fragrance signature inspirée par les parquets et les papiers d’archives du siège milanais, Otto. Ou Emmanuel Philip, nez des bougies Cire Trudon, qui s’est promené dans les jardins de la maison pour composer la senteur Flora.

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Laurent Delafon, fier président de Fornasetti Profumi – photos P.C.

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Parce que Fornasetti ne fait rien comme tout le monde, la marque a aussi lancé des sphères de diffusion de parfum d’intérieur qui renouvellent les bâtonnets de roseau trempés dans l’huile parfumée : ceux-ci sont épais et teintés à l’encre noire pour leur donner l’aspect du charbon. « Fornasetti est une marque illusionniste », résume Laurent Delafon, le président de la licence. 

Cet automne, la maison lance deux nouveaux décors pour la fragrance Otto : R.I.P., une vanité juxtaposant un visage de femme et un crâne, et Mille Bocche, une succession de bouches qui créent l’illusion d’un flacon cannelé. Mon goût pour le gothique me fait évidemment préférer le premier.

*Les collections Fornasetti se trouvent à Paris chez L’Eclaireur.