Plantes, barbe et Japon dans le JDD

Comme son nom l’indique, la rubrique Plaisirs du Journal du dimanche est dédiée à toutes les bonnes choses de la vie, culture, gastronomie, voyages, des sujets légers à déguster en fin de semaine. Si au départ j’étais vouée aux thématiques parfum/beauté, j’ai élargi ma palette au gré des tendances que je repère. Ainsi la végétalisation des centres-villes est devenue un sujet majeur depuis que la mairie de Paris a autorisé les plantations sur les trottoirs et on ne compte plus les jardins sur les toits, les ruches urbaines et autres murs végétaux qui envahissent les rues, du magasin Yves Rocher sur les Champs Elysées au centre commercial Beaugrenelle en passant par les stations de métro. L’article « On veut du vert ! » le 4 mars faisait le point sur ce phénomène qui inspire les entrepreneurs, comme les paysagistes des Jardins de Babylone ou l’architecte Vincent Callebaut.

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Autre tendance du moment : la barbe a quitté le microcosme des hipsters et des bikers pour s’imposer au plus haut sommet de l’Etat. Une aubaine pour les marques de cosmétiques qui multiplient les innovations à l’instar de L’Oréal et David Beckham dont la gamme très chic House 99 s’adresse aux hommes poilus et tatoués. Hier il fallait un menton bien rasé pour incarné « la perfection au masculin », aujourd’hui les jeunes s’inspirent de Drake et Paul Pogba pour sculpter leur barbe et leur cheveu et ont même leurs tutoriels Youtube spécialisés dans le « grooming ». L’article est paru le 8 avril.

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Enfin la nippomania submerge la France à l’occasion du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre notre pays et le Japon. Le programme officiel Japonismes 2018 va démarrer en juin mais de très belles expositions ont déjà débuté à la Maison de la culture du Japon à Paris et au Musée des impressionnismes de Giverny. Dans cet article paru le 29 avril, j’analyse la nouvelle vague du japonisme, dans la gastronomie, la décoration, l’art, les cosmétiques… Fascinant Japon que j’ai eu la chance de visiter en 2016 et où je rêve de retourner.

 

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Hong Kong, les tendances cosmétiques à la source

Novembre a été un long tunnel de bouclages, voyages et rendez-vous. C’est décidé, en 2017 je lève le pied. En attendant, retour sur mon séjour express à Hong Kong à l’occasion du salon Cosmoprof Asia du 15 au 17 novembre.

Cosmoprof Asia est un des plus grands salons asiatiques de l’industrie cosmétique avec China Beauty Expo à Shanghai. On y trouve toutes les marques occidentales qui veulent s’implanter en Asie, les marques asiatiques qui veulent faire le chemin inverse et les sous-traitants packaging puisque la plupart des tubes de rouges à lèvres et mascaras présents sur le marché sont fabriqués en Asie.

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La plupart des packagings de cosmétiques présents sur le marché sont fabriqués en Chine, pour beaucoup à Canton – photo P.C.

J’y étais pour le magazine professionnel BW Confidential, fondé par d’anciens du groupe de presse professionnel Cosmedia que j’ai côtoyés lorsque j’étais rédactrice en chef adjointe de Cosmétique Mag. Les cosmétiques me poursuivent, il est vrai qu’il n’y a pas tant de journalistes qui peuvent suivre la beauté avec un angle économique, qui plus est en anglais. Après avoir suivi de près l’arrivée des rituels de beauté japonais et coréens en France (les sérums, les BB creams, cushion creams et autres masques en tissu), il était temps d’aller voir ces tendances à la source, dans le continent qui les a vu naître, et de repérer celles de demain.

Constat : les cushions creams, ces éponges imbibées de fond de teint, sont partout mais l’influence coréenne recule au profit d’une approche plus régionale. En effet les Coréennes ont imposé leur idéal de peau parfaite à coup de rituels de nettoyage précis et de superposition de crèmes (il existe en Corée du Sud des émissions de télévision où l’on voit des stars se démaquiller), mais le climat de Séoul n’est pas celui de Singapour ou de Taïwan. Les Sud-Coréennes aiment un fini brillant sur la peau , un « glow » qui convient à leur temps sec mais qui est incompatible avec des atmosphères tropicales. On voit donc émerger des cushion creams au fini mat sur la peau.

De même la quête de perfection des Coréennes, qui correspond à une éthique nationale et qui passe largement par de la chirurgie esthétique, ne serait s’exporter partout, notamment en France où la « French touch » représente une approche naturelle de la beauté que le monde nous envie. Les Chinoises et les Japonaises non plus n’ont pas les mêmes attentes que les Coréennes, et sont davantage préoccupées par des problématiques de pollution. En Chine par exemple, on ne compte plus les cosmétiques revendiquant des protections contre les particules fines ou la lumière bleue des écrans, tandis qu’au Japon le vieillissement de la population entraîne des développements de produits sur le thème du « positive aging ».

Cependant la culture coréenne reste un modèle à suivre de près, et j’entendais récemment dans une émission sur la K-pop sur J-One que face aux icônes agressives venues des Etats-Unis (les Miley Cyrus ou Nicki Minaj qui s’affichent sans pudeur), l’imagerie plutôt chaste des pop-stars coréennes pouvaient plaire à des pays marqués par la religion, au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud. Pour ma part je suis convaincue que face à une Amérique discréditée par l’élection de Donald Trump, l’Asie jeune, optimiste et digitalisée est le continent qui compte actuellement. D’ailleurs dans le secteur des cosmétiques, on voit émerger des salons professionnels en Thaïlande ou dans les pays du Mekong (Vietnam, Cambodge, Laos, Myanmar) qui ouvrent de nouvelles opportunités aux entreprises. Ainsi l’agence de design française Centdegrés est déjà bien implantée à Shanghai et Hong Kong et partenaire de ces salons, j’en parlais aussi dans Design fax cette semaine.

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Elie Papiernik, président de Centdegrés, et Sandrine Amice, responsable de l’agence de Hong Kong. L’agence de design a compris très tôt le potentiel de l’Asie – photo P.C.

Sinon au rayon tendances on constate toujours beaucoup de masques en tissus imbibés d’actifs, à mélanger au dernier moment comme dans la marque The Oozoo ou connectés pour relever les données de la peau.

Ci-dessous quelques images du salon avec les marques coréennes toujours en force, la présence de Miss Japan herself, un stand français très visible et celui de Schwan Cosmetics, fabricant allemand de crayons de maquillage (le même groupe que les crayons de couleur Schwan Stabilo de notre enfance).

Et même si je n’ai pas eu le temps de faire du tourisme, quelques images volées de Hong Kong sur le chemin du centre des expositions, avec un métro ultra moderne qui donne des recommandations très précises. Pour se rendre à l’aéroport, on peut même enregistrer ses bagages dans le métro, avant de prendre le train express les mains libres. Un autre monde par rapport à notre vieux RER B à Paris!