La photo, activité consolatoire de confinement

Les Français ont adoré trier leurs photos pendant le confinement. Ils avaient le temps, ils étaient sans doute un peu nostalgiques, ils ont donc publié leurs portraits d’enfance sur les réseaux sociaux. Ils ont aussi commandé des livres photos -les éditeurs spécialisés ont fait des affaires pendant ces deux mois. L’enfermement a aussi été propice à la créativité : les professionnels ont organisé des séances photo par FaceTime et les amateurs se sont essayés au concours du Getty Museum. Cette enquête est parue dans Le Journal du dimanche le 10 mai.

Une bonne idée par jour : acheter français

soutenonsnosentreprise.fr, un site pour favoriser l’achat français

La crise sanitaire mondiale que nous traversons repose la question de la relocalisation des industries. On l’a vu sur les masques et les tests, la délégation de certaines fabrications à d’autres pays a fait perdre du temps à la France dans la lutte contre l’épidémie. Pendant le confinement, les distributeurs s’engagent à privilégier les produits agricoles français, ce qui garantit des débouchés à des cultures qui doivent être récoltées.

Afin de soutenir les entreprises françaises, l’appellation Origine France Garantie et la plateforme de financement participatif Tudigo lancent une opération solidaire en trois volets : acheter français, prêter de l’argent à des TPE et PME, donner à une cagnotte. Le site soutenonsnosentreprises.fr recense toutes les initiatives à défendre. Encore une fois, c’est le consommateur qui a le pouvoir en choisissant les achats qui ont du sens : le dernier smartphone à la mode fabriqué dans des conditions sociales et environnementales déplorables qu’il changera dans un an, ou une production locale d’alimentaire ou de cosmétiques qui font vivre des salariés à côté de chez lui? Difficile d’arguer que le made in France coûte cher quand on dépense sans rechigner des dizaines d’euros par mois en abonnements à internet et à des plateformes de streaming (souvent américaines). Tout est question d’arbitrage et du coût réel de ce que nous achetons.

Cela fait des années que j’écris sur le « made in France », principalement dans Le Journal du dimanche. Je me tue à dire qu’acheter français n’est pas un mot d’ordre nationaliste mais une garantie de créations d’emplois et de cohésion sociale. La France est allée trop loin dans la destruction d’emplois industriels et a toutes les peines aujourd’hui à retrouver des savoir-faire dans le textile notamment. J’espère que cette crise remettra en cause une mondialisation excessive, même s’il y a fort à parier que la Chine fera pression pour que l’on continue d’acheter ses produits. Une consommation plus locale, plus raisonnée, dans tous les pays, peut cependant assurer une mondialisation plus responsable et moins coûteuse pour l’environnement.

Une bonne idée par jour : les parfums bons pour le moral

En vacances dans ma salle de bains (photo P.C.)

Les parfumeries sont fermées mais pas les supermarchés ni les pharmacies où l’on peut s’acheter des produits parfumés. Depuis mon expérience chez Cosmétique Mag, je continue d’écrire sur le parfum pour Le Journal du dimanche, Nez ou BW Confidential et d’un intérêt professionnel je suis passée à une vraie affection pour cette discipline qui mêle l’art et la chimie et où le marketing n’a pas totalement eu raison de la créativité. Pendant cette période où l’on se recentre sur soi et sur ce qui fait du bien, il est réconfortant de s’entourer de senteurs bénéfiques pour l’humeur.

À chacun de trouver la sienne. Roger & Gallet par exemple, marque vendue en pharmacies, a dans sa gamme une Fleur de figuier à la fois fraîche et gourmande qui se décline en eau de toilette, gel douche ou lait pour le corps. On peut retrouver aussi en pharmacies la senteur solaire de l’Huile prodigieuse de Nuxe.

En grandes surfaces, Bien-Être propose des Colognes qui n’ont rien à envier aux parfums classiques et a lancé au mois de mars des Eaux de bien-être signées de « nez » de parfumerie fine aux ingrédients bio (citron, bergamote, mandarine…).

Pour ma part, j’aime m’entourer de parfums frais et vivifiants plutôt que capiteux actuellement. C’est dû à la saison mais aussi à mon humeur plus portée vers des senteurs dynamisantes qui donnent envie de bouger. Ces jours-ci j’alterne entre Eau hyper fraîche de Courrèges, un jus de citron qui donne la pêche, Eau de Givenchy Rosée (j’adore la rose sous toutes ses formes en parfumerie, fraîche ou sombre, celle-ci est particulièrement bienfaisante) et Méditerranée de Molinard, une eau aquatique et florale dont le lancement a eu lieu juste avant le début du confinement.

L’exemple des moines

En août 2018 j’étais dans le massif de Chartreuse en Isère pour un reportage sur la célèbre liqueur paru dans Le Journal du dimanche. La chartreuse est une liqueur verte à base de plantes aromatiques toujours fabriquée par des moines chartreux qui en gardent jalousement la recette. À cette occasion, j’ai eu un aperçu de leur mode de vie, même si leur monastère ne se visite pas. Leur expérience a des similitudes avec ce que vivent actuellement les personnes isolées en confinement.

Les moines parlent très peu. Ils ont un emploi du temps très codifié rythmé par les prières, des lectures et des tâches dédiées à la communauté comme le jardinage. Puisqu’ils sortent rarement et font peu d’efforts physiques, ils mangent léger. Leur lien avec le monde extérieur se résume aux visites de leur famille, avec qui ils font des promenades dans la forêt voisine. Seuls les moines chargés de la fabrication de la chartreuse sortent du monastère pour surveiller la distillation.

Retirés du monde, les moines sont en pause toute l’année, et nous pour la première fois de notre vie peut-être. Même les bars qui servent leur liqueur en cocktail ont fermé. Sans être croyant, on peut suivre leur exemple et rythmer nos journées de méditations apaisantes. D’autant que s’isoler par choix ne signifie pas « se laver les mains » du monde extérieur. Chartreuse Diffusion, la société qui produit la liqueur, fait partie des distillateurs qui ont offert de l’alcool pour la fabrication de gels hydroalcooliques.

Une bonne idée par jour : les masques de 1083

Fabrication_masques_protection_1083J’ai visité l’entreprise 1083 en janvier dernier et raconté dans Le Journal du dimanche le parcours de son fondateur Thomas Huriez pour relocaliser la fabrication de jeans en France. Depuis mardi, la société a réorganisé son atelier de Romans-sur-Isère pour coudre des masques de protection à destination des personnels soignants de la ville. Une réaction rapide et citoyenne pour faire face au manque d’équipement des personnes en contact avec les patients. D’autres entreprises de textile françaises se sont mobilisées : Atelier Tuffery en Lozère, Tissages de Charlieu dans la Loire, Saint-James dans la Manche…

Pour la fabrication de gel hydroalcoolique, L’Oréal, LVMH, Eugène Perma et des distillateurs font aussi fait tourner leurs lignes de production. Les salariés qui participent à « l’effort de guerre » malgré les risques méritent nos pouces levés.

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Le dimanche de Kenzo Takada

Article paru le 8 mars dans le JDD (photo Florence Brochoire)

J’ai eu la chance de rencontrer Kenzo Takada pour la rubrique « Le dimanche de » du Journal du dimanche. Le créateur de la maison Kenzo, vendue à LVMH il y a vingt ans, lance sa propre marque de décoration, K3. Il m’a fait l’effet d’un homme très humble, souriant, avec un accent japonais prononcé mais parisien dans l’âme avec ses habitudes : le Lutetia juste à côté, les brocanteurs, le musée Maillol… Une légende de la mode, au même titre que Karl Lagerfeld et Yves Saint Laurent.

Aux bons soins des stars

À la suite de Rihanna, qui fait un carton avec sa marque de maquillage Fenty Beauty, Lady Gaga lance sa gamme Haus Laboratories. Victoria Beckham, Kylie Jenner et Millie Bobby Brown, la jeune actrice de la série Stranger Things, sont aussi devenues des entrepreneuses de la beauté. On est au-delà de l’endorsement, les stars qui collaborent avec des marques existantes. Ces initiatives sont de vrais projets d’entreprise dans lesquelles les personnalités sont très impliquées. Ces actrices et mannequins ont de vraies expériences de l’image et une relation de proximité avec leurs fans sur les réseaux sociaux. Millie Bobby Brown s’adresse en particulier au public des adolescentes. Victoria Beckham est la plus engagée sur la clean beauty, dans les formules comme dans les packagings. Lady Gaga met davantage l’accent sur l’inclusivité, ses packagings et son partenariat avec Amazon traduisant un faible intérêt pour le développement durable.

Cette enquête sur les stars reines de beauté est paru le 9 février dans Le Journal du dimanche.

Reportage à la cristallerie Saint-Louis

Saint-Louis est une magnifique manufacture qui se mérite. Elle se situe à une heure de route de Strasbourg, au milieu de la forêt. Cette cristallerie qui appartient au groupe Hermès perpétue la tradition du cristal soufflé à la bouche et gravé à la main. Verres à pied, vases, lustres, ici absolument tout est façonné par l’homme (et quelques femmes). C’est un ballet impressionnant et même émouvant, un véritable artisanat d’art qui séduit les riches acheteurs jusqu’en Asie. Encore une industrie peu connue, à préserver précieusement. Cet article est paru le 12 janvier dans Le Journal du dimanche.

Photos : P.C.

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Le Fabriqué en France à l’Élysée

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L’atelier de 1083, fabricant de jeans à Romans-sur-Isère. Un reportage à retrouver bientôt dans le Journal du dimanche – Photo P.C.

Ce week-end a lieu la grande exposition du Fabriqué en France au Palais de l’Élysée. Une reconnaissance pour 120 produits d’entreprises françaises qui font le pari du local, de la création d’emplois, de l’innovation. Les délocalisations de ces dernières années ont permis aux consommateurs de bénéficier de produits à bas coûts et aux marques d’augmenter leurs marges mais ont eu des conséquences en termes de destructions d’emplois en France, de création d’esclaves modernes à l’autre bout du monde et de pollution à tous les niveaux. De nombreux entrepreneurs ont fait le choix de relocaliser pour de pures raisons économiques (manque de réactivité d’une production lointaine) mais aussi de plus en plus pour des raisons éthiques, sociales et environnementales.

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Léa Nature veut diffuser les cosmétiques bio

J’ai déjà écrit sur Léa Nature dans le Journal du dimanche. Cette entreprise familiale est une pionnière du bio, en alimentaire comme en cosmétiques. À l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle usine, un voyage était organisé près de La Rochelle pour la presse économique. L’occasion de découvrir des lignes de production flambant neuves, de discuter avec les techniciens de laboratoire et aussi de visiter le jardin en permaculture à proximité des bâtiments.

L’entreprise est déterminée à limiter ses émissions de carbone, déchets, utilisation de plastique etc. liés à l’augmentation de sa production, afin que son développement économique ait l’impact le plus faible possible sur l’environnement. Un travail de longue haleine qui réduit forcément la rentabilité mais c’est ainsi que le fondateur Charles Kloboukoff conçoit l’entrepreneuriat. Un article paru le 3 novembre dans le Journal du dimanche.

photos P.C.

LéaNature