Sabé Masson, le parfum caresse

Portrait Isabelle Masson MandonnaudJ’avais rencontré Isabelle Masson une première fois lorsque j’étais à Cosmétique Mag et qu’elle développait sur internet sa société de parfums solides Crazy Libellule and the Poppies. Avance rapide de quelques années, son entreprise s’appelle maintenant Sabé Masson (Sabé est son surnom), fabrique toujours des parfums en stick mais aussi liquides, et vient d’ouvrir une boutique rue de Franche Comté, près de République à Paris. Je l’annonçais dans un article paru dans Le Journal du dimanche le 5 avril qui traitait des rituels de parfumage alternatifs.

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Isabelle Masson est une vraie entrepreneuse qui a contribué à bâtir la chaîne Sephora avec son époux Dominique Mandonnaud avant de la revendre à LVMH. Si elle croit dur comme fer à ses projets, elle est aussi douce et poétique quand elle défend ses Soft Perfume, parfums en bâtonnet comme un rouge à lèvres formulés avec des beurres de karité ou de mangue et délicatement parfumés par des « nez ».

La fondatrice recommande de les faire glisser sur des zones où ils vont réagir avec la chaleur de la peau, sur les poignets, derrière les genoux ou dans le décolleté. Parmi les 12 créations de la gamme, j’ai eu le coup de coeur pour Zazou, un hespéridé. J’aime aussi la chaleur poudrée de Parisian Rhapsody et Artist, un boisé. Huit nouveautés arrivent en 2015 dont Georges et moi, un vétiver de toute beauté.

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20150409_150155L’inauguration de la boutique la semaine dernière était l’occasion de rencontrer l’architecte Vittoria Rizzoli, qui a créé un écrin tout blanc pour les packagings colorés aux graphismes sixties ou romantiques. Pas de grand geste architectural dans cet espace réduit de 30 m2, mais une bibliothèque qui dévoile les tubes cartonnés sans saturer le regard. Au sous-sol, la petite équipe s’active sur une grande table de tailleur héritée de l’ancien propriétaire. Désormais adossée à la holding Upperside, qui détient aussi la marque Taaj, Isabelle Masson va étendre son concept en déclinant cinq sticks en parfums alcoolisés à partir de l’automne. Sa situation dans le Haut Marais, à quelques encablures de Liquides, le spécialiste de la parfumerie pointue, devrait lui assurer un public éclairé .

Parfums de la Bastide, un projet provençal

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Une marque aux couleurs des tomettes de Provence – photo P.C.

Anciens d’Annick Goutal, Anne-Cécile Vidal et William Bouheret ont vécu les aléas du rachat par le groupe Amore Pacific, propriétaire de Lolita Lempicka. Qu’à cela ne tienne, les anciens cadres ont rapidement rebondi avec leur propre projet, qui entend redonner ses lettres de noblesse au terroir provençal. « La parfumerie actuelle est un peu snob, très parisienne, alors que ses origines sont à Grasse. Mais lorsque l’on cherche de la belle parfumerie en Provence, on ne trouve rien », déplore Anne-Cécile Vidal. Les Parfums de la Bastide, avec leur code couleur de terre cuite, évoquent instantanément le Sud, et les cinq compositions sont centrées sur des ingrédients bien identifiables : agrumes, rose, lavande, figuier, cèdre (« qui pousse dans le Lubéron » précise Anne-Cécile). Le prix, 125 euros les 100 ml, est dans les codes de la parfumerie de niche.

Les deux associés se sont rapprochés de Robertet pour travailler de belles matières naturelles et se sont entourés de partenaires azuréens : Coverpla pour le flacon en verre, PCW pour la maturation. Les noms en forme d’adjectifs -Eclatant, Insouciante, Exquise, Insolite, Ardent- sont quelque peu contradictoires avec la démarche de haute parfumerie, mais peut-être fallait-il se différencier du registre lexical de l’Artisan Parfumeur ou de Roger & Gallet. Une première boutique vient d’ouvrir à Aix-en-Provence, 4 rue Papassaudi, et un show room sera disponible à Paris au 16 rue de la Sourdière, près des Tuileries, en septembre. Plus de nouveautés en parfums de niche ci-dessous Lire la suite