Tout savoir sur le marché français du parfum

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À l’occasion des Fifi Awards, les prix de la Fragrance Foundation France, l’association qui promeut la parfumerie française, le magazine professionnel BW Confidential m’a confié un dossier sur l’état des lieux des ventes de parfums dans l’Hexagone. Autant le dire, elles ne sont pas florissantes, les consommateurs se détournant d’année en année de cette catégorie de produits. Plusieurs raisons à cela : la concurrence des smartphones et autres joujoux électroniques qui grèvent les budgets, la « génération selfie » qui préfère un maquillage qui se voit à un parfum évanescent, la mauvaise adéquation de la distribution aux comportements des acheteurs…

Pour ce sujet, j’ai interrogé des dirigeant.e.s de l’industrie, de Chanel à Shiseido en passant par Coty, Puig et NPD, l’institut qui mesure les ventes en sélectif (parfumeries et grands magasins). Ils m’ont livré leur vision du marché et leurs idées pour stimuler les ventes, aux côtés des experts Pierre Bisseuil de Peclers Paris, Sylvie Polette, ex-parfums Jean Paul Gaultier, et Anaïs Dupuy de Kantar Worldpanel. Un gros travail d’enquête qui suppose de contacter des dizaines d’interlocuteurs et de trouver des chiffres jalousement gardés par les panélistes. Ce dossier ainsi que le compte-rendu des prix a été publié dans un numéro spécial de BW Confidential diffusé lors de la soirée des Fifi Awards, le 11 avril, salle Wagram à Paris.

A retrouver ici le dossier que j’ai réalisé pour BW Confidential l’année dernière  à l’occasion des Achiever Awards du CEW France.

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Plantes, barbe et Japon dans le JDD

Comme son nom l’indique, la rubrique Plaisirs du Journal du dimanche est dédiée à toutes les bonnes choses de la vie, culture, gastronomie, voyages, des sujets légers à déguster en fin de semaine. Si au départ j’étais vouée aux thématiques parfum/beauté, j’ai élargi ma palette au gré des tendances que je repère. Ainsi la végétalisation des centres-villes est devenue un sujet majeur depuis que la mairie de Paris a autorisé les plantations sur les trottoirs et on ne compte plus les jardins sur les toits, les ruches urbaines et autres murs végétaux qui envahissent les rues, du magasin Yves Rocher sur les Champs Elysées au centre commercial Beaugrenelle en passant par les stations de métro. L’article « On veut du vert ! » le 4 mars faisait le point sur ce phénomène qui inspire les entrepreneurs, comme les paysagistes des Jardins de Babylone ou l’architecte Vincent Callebaut.

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Autre tendance du moment : la barbe a quitté le microcosme des hipsters et des bikers pour s’imposer au plus haut sommet de l’Etat. Une aubaine pour les marques de cosmétiques qui multiplient les innovations à l’instar de L’Oréal et David Beckham dont la gamme très chic House 99 s’adresse aux hommes poilus et tatoués. Hier il fallait un menton bien rasé pour incarné « la perfection au masculin », aujourd’hui les jeunes s’inspirent de Drake et Paul Pogba pour sculpter leur barbe et leur cheveu et ont même leurs tutoriels Youtube spécialisés dans le « grooming ». L’article est paru le 8 avril.

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Enfin la nippomania submerge la France à l’occasion du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre notre pays et le Japon. Le programme officiel Japonismes 2018 va démarrer en juin mais de très belles expositions ont déjà débuté à la Maison de la culture du Japon à Paris et au Musée des impressionnismes de Giverny. Dans cet article paru le 29 avril, j’analyse la nouvelle vague du japonisme, dans la gastronomie, la décoration, l’art, les cosmétiques… Fascinant Japon que j’ai eu la chance de visiter en 2016 et où je rêve de retourner.

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Dans les coulisses des fabrications de cosmétiques

Derrière l’aspect glamour des cosmétiques, il y a une réalité industrielle avec des contraintes de fabrication très précises et des contrôles qualité draconiens. Ces derniers mois, j’ai eu l’occasion de visiter plusieurs usines pour découvrir l’envers du décor de ce secteur « made in France ».

Léa Nature près de La Rochelle

L’entrepreneur Charles Kloboukoff est un vrai militant du développement durable qui pense que chaque geste compte, et si son entreprise d’alimentaire et cosmétique bio Léa Nature est marginale face aux multinationales comme L’Oréal ou Unilever, elle contribue à la croissance des rayons concernés en grande distribution. J’apprécie particulièrement cette démarche de proposer au grand public des produits sains et locaux à des prix accessibles. Les tisanes Jardin bio sont de vraies alternatives aux décoctions de pesticides que sont les thés traditionnels, et les cosmétiques So’ Bio Etic passent par des batteries de tests pour entrer dans le cahier des charges d’Ecocert. J’ai consacré un article à la visite du site de production de Périgny-La Rochelle dans Le Journal du dimanche du 11 juin, alors que Léa Nature va ouvrir une nouvelle usine en 2018 pour tripler sa production de cosmétiques bio.

 

 

Episkin à Lyon

Episkin est une filiale du groupe L’Oréal depuis 1997, qui reconstitue de la peau à partir de cellules humaines issues d’opérations de chirurgie esthétique. Cette technologie permet de réaliser des tests d’innocuité des produits cosmétiques sans avoir recours aux expériences sur animaux (totalement interdits dans les cosmétiques au niveau européen depuis 2003). L’Oréal Paris a organisé une visite de ce laboratoire en mars dernier dans un objectif de transparence et de réassurance, mais le retour de bâton a été violent sur les réseaux sociaux, certaines blogueuses lui reprochant d’accepter les tests sur animaux en Chine. En effet, comme le reconnaît la marque, les procédures d’homologation de produits importés en Chine imposent de les tester sur les animaux, et les défenseurs du bien-être animal pointent du doigt les groupes qui s’y plient -c’est-à-dire pratiquement tous, car comment se priver du marché chinois?

Pour ma part, je ne prononcerais pas sur le sujet. Rares sont les marques qui peuvent se permettre de ne pas vendre en Chine, mais les consommateurs militants ont le droit de vouloir être intransigeants sur ce point (même si en cherchant bien on trouvera toujours des raisons de s’indigner dans tous les domaines). Le directeur général France de L’Oréal Paris Mehdi Khoubbane m’a expliqué qu’en concertation avec les autorités sanitaires chinoises, la marque avait déjà supprimé les tests sur les shampoings, les gels douche et le maquillage, et je trouve cette démarche de coopération sur le long terme plus intéressante qu’une posture vertueuse/condescendante. Le débat n’est pas clos.

Mon article sur la politique de tests de L’Oréal Paris est paru dans Le Journal du dimanche du 30 avril.

 

 

Lancaster à Monaco

On n’est pas exactement dans le made in France mais à ses lisières, sur la principauté monégasque où les entreprises s’installent pour d’évidentes raisons fiscales. Lancaster s’y est établi en 1946 et depuis son intégration au groupe Coty il y fabrique notamment les parfums Calvin Klein et les crèmes solaires préférées de la princesse Grace. Dans cet îlot de luxe sous le soleil, il est insolite de trouver une usine à flanc de rocher, où la gravité permet de passer directement de la fabrication des crèmes à leur embouteillage un étage plus bas. J’y étais à l’invitation de Coty, dont la marque Wella est partenaire du festival de télévision de Monte Carlo, et c’était l’occasion de raconter l’intégration des marques de Procter & Gamble qui ont fait du groupe le numéro un mondial des parfums et le numéro trois de la beauté. L’article est paru dans Stratégies le 3 juillet (réservé aux abonnés).

 

 

Il y a une vie après la Crème de huit heures

Elizabeth Arden fait partie, avec Helena Rubinstein et Estée Lauder, de ces entrepreneuses de la beauté qui ont fondé des empires à la force de leur ambition. Elles ont connu des fortunes diverses. La dernière a eu sans doute la plus belle postérité, en donnant son nom à un groupe mondial dont la famille tient toujours les rênes. Helena Rubinstein fait partie du portefeuille des marques de luxe de L’Oréal, qui ne sait que faire de ce laboratoire d’innovation.

Article paru le 18 octobre dans Le Journal du dimanche

Article paru le 18 octobre dans Le Journal du dimanche

Le sort d’Elizabeth Arden est mitigé. C’est une multinationale qui gère des parfums de célébrités comme Justin Bieber et Britney Spears – et se fait chahuter à Wall Street. Mais c’est aussi le fabricant de la mythique Eight Hour Cream, la crème de huit heures connue pour ses vertus hydratantes. En France, elle n’est même connue que pour cela, alors qu’elle aurait le potentiel d’être un acteur global sur tous les axes (soin, parfum, maquillage).

Pour revenir à l’esprit des Parisiennes, Elizabeth Arden a ouvert un pop up store dans le 16e arrondissement, qui présente toutes ses références et des conseils personnalisés comme au Red Door Spa de Union Square à New York. Elle souhaite aussi développer sa présence porte par porte en signant des exclusivités avec Sephora, Nocibé… J’ai interviewé Axel Lecomte, le DG France, pour l’article paru hier dans Le Journal du dimanche.

La marque a inauguré un pop up store dans le 16e arrondissement - photo Cécile Cellerier

La marque a inauguré un pop up store dans le 16e arrondissement – photo Cécile Cellerier

Les marques de cosmétiques doivent-elles s’inquiéter de la une de 60 millions de consommateurs?

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Le magazine de défense des consommateurs fait sa une du mois d’octobre sur son banc d’essai des produits d’hygiène-beauté, avec un titre anxiogène -« Chassez les molécules toxiques »- et un bandeau accrocheur -« Notre sélection de produits sans danger ». Le dossier intérieur est ravageur pour une marque comme Clarins qui obtient la plus mauvaise note dans deux catégories en raison de la présence d’allergènes et de phénoxyéthanol. Mais aussi pour Colgate qui s’avère contenir du triclosan, une molécule soupçonnée d’être un perturbateur endocrinien et censée être interdite par la Commission européenne. En revanche, le groupe L’Oréal s’en sort bien avec de bons points pour Mixa, La Roche Posay, Vichy et L’Oréal Paris.

L’intérêt de 60 millions de consommateurs est qu’il teste des marques tous circuits de distribution confondus et qu’il les met à égalité en toute indépendance. Avec cette méthode, le roi est nu et la vérité éclate au-delà des discours marketing. Le pouvoir d’influence de ces tests est immense et nul doute que les industriels et les distributeurs vont devoir gérer les inquiétudes de leurs clients. Chaque dossier du mensuel est un exercice de communication de crise pour les marques qui tombent dans son collimateur.

Mais il faut reconnaître aussi que la cosmétique est un sujet vendeur pour le magazine consumériste. 60 millions de consommateurs sait faire « mousser » ses unes sur les crèmes anti-rides premier prix qui s’avèrent les plus efficaces ou sur les crèmes amincissantes qui marchent. Par ailleurs, à ce jeu des gagnants et des perdants, tout est mis dans le même sac. La présence d’allergènes ne concerne que les personnes sensibilisées, et ne précise pas la source de l’allergie. Que des marques bio contiennent des allergènes, c’est compréhensible puisque qu’elles sont souvent à base d’huiles essentielles. Les fabricants qui font valoir qu’aucun conservateur satisfaisant substibuable aux parabens et au phénoxyéthanol n’a été développé ne sont pas audibles. Et les tests ne laissent jamais la possibilité aux mis en cause de répondre.

60 millions de consommateurs apporte une information au lecteur, qui est en demande de décryptage des étiquettes. Ses études sont un instrument de pression sur les marques qui ont fait de gros efforts pour réduire leur liste d’ingrédients ces dernières années. Pour autant, le magazine de l’Institut national de la consommation ne prône pas un mode de vie décroissant et ne milite pas pour le savon de Marseille pour tous. Il a besoin des marques pour continuer à faire ses tests et vendre ses exemplaires. Sa position est donc ambiguë. En attendant que chacun fabrique ses propres cosmétiques (ce qui n’est pas sans risque non plus), les industriels ont encore de beaux jours devant eux.

YSL Beauté croit aux Google Glass

Il paraît que les Google Glass ne tiennent pas leurs promesses et que le géant américain aurait renoncé à un développement grand public. En revanche, il croit à une utilisation de niche, B to B, professionnelle. Yves Saint Laurent Beauté y croit aussi, qui a préempté cette technologie pour des animations de maquillage dans les grands magasins. Après Bloomingdale’s à New York, la marque de L’Oréal les a testés au Bon Marché et va les étendre au Printemps Haussmann, au BHV et ailleurs dans le monde. C’est une nouvelle démonstration de force de L’Oréal dans les outils digitaux, après l’application Make Up Genius pour L’Oréal Paris (2 millions de téléchargements dans le monde et une arrivée sur Android à la fin de l’année). Coup de com’ ou vraie innovation, c’est ce que j’explique dans l’article du Journal du dimanche paru le 16 novembre dernier, et désormais en ligne. A suivre, une indiscrétion… Lire la suite

De Citroën à Apple, les femmes sont là

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Linda Jackson, directrice générale de Citroën, et Angela Ahrendts, vice-présidente d’Apple (future numéro un ?), figurent en bonne place dans Challenges de la semaine, qui fait sa une sur le Mondial de l’automobile. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce rédacteur en chef d’un magazine économique concurrent qui m’avait retoqué un sujet en disant qu’il était « trop féminin ». Mais les femmes sont déjà là les gars, il faut vous y faire ! Parmi vos lecteurs, parmi les dirigeants d’entreprise, même dans l’automobile, même à la Silicon Valley. Qu’est-ce que c’est, un sujet féminin, en économie? Les rouges à lèvres ? L’Oréal est le numéro un mondial des cosmétiques, et il est français. Les sacs à main ? Hermès a continué d’enregistrer une hausse des ventes au premier semestre 2014, y compris en Europe.

Cette dichotomie entre femmes et économie n’a plus lieu d’être. Angela Ahrendts a développé Burberry en binôme avec Christopher Bailey, en a fait une référence du luxe et du high tech. Elle fait maintenant des étincelles chez Apple et on sent qu’avec le patron du design Jonathan Ives, ils en ont sous le pied. On vit une période passionnante pour les femmes (occidentales surtout), encore une bonne nouvelle!

J’ai eu l’occasion, en interviewant Marie-Laure Sauty de Chalon, la présidente d’Aufeminin, de m’intéresser aux femmes qui encouragent leurs pairs à briser la peur et le plafond de verre pour prendre des responsabilités dans l’entreprise et dans la société. La dirigeante organise avec Aude de Thuin, la créatrice du Women’s Forum, les rencontres Happy Happening, du 14 au 16 novembre, trois jours de débats et d’ateliers destinés particulièrement à la génération Y, les 25-35 ans qui démarrent leur vie de femme et leur carrière. J’ai passé l’âge, mais je ne manquerai pas d’y aller, pour voir, pour entendre, pour recevoir de bons conseils aussi, pourquoi pas ? Le Women’s Forum est un club de dirigeantes, un « Davos des femmes ». Aujourd’hui les initiatives s’adressent au grand public, elles tendent la main aux nouvelles générations pour leur montrer la voie.

C’est aussi l’intérêt de Lean In, le livre de Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook. Elle y mêle habilement des anecdotes drolatiques (le jour où elle a utilisé un tire-lait tout en menant une réunion par téléphone), les témoignages pratiques (autant que possible, elle quitte le bureau à 17h30 pour être auprès de ses enfants et travaille à nouveau après la petite histoire du soir) et les encouragements destinés autant aux hommes qu’aux femmes à concilier épanouissement personnel et professionnel. Le chapitre consacré au beau mot de mentor est particulièrement intéressant. Ce rapport de confiance avec une personne plus expérimentée qui n’est ni un parent, ni un ami, ni un supérieur hiérarchique au sens strict est une notion à développer. Et plus encore chez les femmes qui ont besoin d’exemples de réussite.