Alimentaire, ameublement, restauration : le point sur la consommation

Moins de stockage qu’en mars mais des chariots plus remplis que l’an dernier (photo Kantar)

Cette semaine, Kantar a présenté la nouvelle vague de son baromètre de la consommation pendant le confinement, réalisé entre le 23 mars et le 19 avril. Par rapport à la croissance de +20% des achats alimentaires en mars, due à un phénomène de stockage de produits de base, avril a ralenti (+13% par rapport à la même période de 2019). La peur de manquer s’est effacée mais les Français ont continué de prendre leurs repas à la maison. La farine (+155%), les levures (+200%) s’envolent toujours des rayons. Le succès des surgelés (+25%) restera comme un fait marquant de la période. Les apéros visio ont entraîné une hausse de +17% des produits apéritif, mais sans excès : les alcools sont à -4%. Les Français ont fait le plein de papier toilette à la période précédente : les ventes sont désormais à -8%. On constate un certain laisser aller dans la salle de bains avec des ventes de maquillage à -55% et les produits de rasage à -15%. Les gants, la javel, le savon font toujours de très gros scores. En moyenne, 275 euros ont été dépensés par foyer en avril, 27 euros de plus que l’an dernier.

Selon Kantar, les Français sont inquiets : d’après le baromètre de l’opinion réalisé du 16 au 18 mai, 77% ont peur d’attraper le covid-19 (ou qu’un de leurs proches l’attrape), 71% pensent que dans les prochains mois, la France fera face à une deuxième vague d’épidémie qui entraînera un nouveau confinement. Paradoxalement, la semaine avant la levée du confinement, ils sont aussi plus nombreux à avoir reconnu un relâchement dans l’application des mesures de sécurité (rester à la maison, garder une distance d’un mètre, limiter les interactions) mais l’adoption du masque pourrait démentir leurs craintes.

Les Français sont surtout inquiets des conséquences économiques de la crise (à 88%), y compris à titre personnel puisque 56% des salariés se disent inquiets sur leur situation professionnelle. 82% se disent « pas confiants » sur la situation économique de la France.

L’Appartement Ligne Roset à Lyon, une nouvelle façon de vendre du mobilier (photo Ligne Roset)

Qu’en est-il du secteur de l’ameublement? Le French Design by Via, organisme qui représente les professionnels du design et du mobilier, organisait mercredi un webinaire sur les perspectives du marché post-covid.

Jean-Charles Vogley, directeur de la Fnaem (Fédération française du négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison), a souligné une chute de -51,6% du chiffre d’affaires des magasins en mars 2020 par rapport à mars 2019, et s’attend à un « atterrissage » de l’ordre de -20 à -30% pour l’ensemble de 2020. « À l’ouverture des magasins le 11 mai on a noté un afflux de clients qui ont constaté les insuffisances de leurs logements et qui avaient des besoins immédiats. Mais on a moins de préparations de projets avec l’achat de gros équipement. Le plus dur se verra en juillet avec l’arrêt des dispositifs de chômage partiel. » La profession plaide pour des incitations au déblocage de l’épargne des Français pour l’achat de mobilier neuf. Les enseignes auraient cependant intérêt à valoriser la seconde main dans une logique d’économie circulaire.

Pour Christophe Gazel, directeur de l’IPEA (Institut de prospective et d’études de l’ameublement), la croissance d’environ 4% en 2019 a été portée par une logique d’équipement, particulièrement dans la cuisine (+6,2%). Après le coup d’arrêt de mars-avril, on peut penser que l’été sera porté par le marché des résidences secondaires, que les propriétaires auront envie d’aménager. Les tendances à la location (de literie, de mobilier pour le télétravail…), au sur mesure, à la conception à distance comme l’a fait Ikea pendant le confinement devraient être confirmées. L’expert s’étonne du silence des enseignes pendant la crise : « Peu de marques ont parlé sur les réseaux sociaux car elles ne pouvaient pas vendre, pourtant les Français étaient coincés chez eux. Ligne Roset a mené un concours qui lui a permis d’alimenter la conversation et d’enrichir sa base de données. » La restriction des déplacements, la redécouverte de son intérieur font que le secteur a une carte à jouer pour accompagner les clients tout au long de leur vie, sous peine de se faire capter le marché par Amazon et son algorithme de recommandation.

Retrouver le plaisir d’un café en terrasse (photo Fermob, gamme Bistro)

Le marché de l’ameublement et du design pour les professionnels (aussi appelé contract pour hôtels et restaurants) a fait l’objet d’une web conférence de l’Ameublement français (interprofession des fabricants), en présence du designer Patrick Jouin et de Bernard Reybier, dirigeant de Fermob. Celui-ci a subi une chute d’activité de 80% pendant le confinement, cependant il a noté « beaucoup plus d’abattement » de la part des restaurateurs français qu’à l’étranger. Malgré les aides de l’État et peut-être à cause d’elles, il a relevé moins de dynamisme individuel. Patrick Jouin, qui réalise les trois quarts de son activité hors de France, a constaté également que « la Chine a redémarré très vite ». Le designer a travaillé avec Alain Ducasse à des solutions pour accueillir à nouveau les clients dans de bonnes conditions sanitaires, présentées au président Macron. Il a exposé ses réflexions dans cet entretien au Monde.

Avec autant de précautions que possible, il a exprimé ses doutes sur le projet de cloche Plex’Eat du designer Christophe Gernigon (qui ne serait adaptée qu’aux restaurants en zone verte puisque seules les terrasses sont autorisées à Paris) : « L’air circule et les projections peuvent passer par en-dessous. Il peut se former de la buée par choc thermique entre l’air climatisé et la respiration des convives. Il faut les nettoyer régulièrement et elles gênent le service. Enfin toutes les solutions fixées au plafond représentent un manque de flexibilité pour les restaurateurs qui ne peuvent pas changer le plan de table. » Bref, mieux vaut ne pas se précipiter avant d’équiper son restaurant!

Le projet Plex’Eat (photo Christophe Gernigon Studio)

Et aussi… selon l’institut Gfk, les Français on acheté 5,1 millions de livres la semaine du 11 mai, pour un chiffre d’affaires de 53,7 millions d’euros, +2% par rapport à la même période de 2019. Les cahiers de vacances à eux seuls sont à +75%!

Comment consomment les Français pendant la crise?

Les distributeurs comme Intermarché se sont engagés pour le pouvoir d’achat des consommateurs

L’institut Kantar organisait hier un webinar (conférence en ligne) sur la consommation des Français pendant la crise et les implications pour les marques. Il a diffusé les résultats d’une étude réalisée du 27 au 30 mars dans 60 pays auprès de 500 à 1000 personnes par pays dont la France. C’est la deuxième vague après une première menée du 14 au 19 mars. Kantar a également publié les chiffres de la consommation par catégories.

Voici quelques enseignements :

-79% des Français se disent très inquiets (+4 points par rapport à la 1ère vague). Ils sont pessimistes sur la reprise économique à long terme après la crise. Leurs inquiétudes portent surtout sur leurs revenus : 56% anticipent une baisse de pouvoir d’achat, ils étaient 16% à la 1ère vague.

-52% déclarent avoir réduit leurs achats en magasins physiques (+7 points par rapport à la vague 1), 37% en e-commerce (+4 points).

-Les biens et services qui ont été le moins achetés sont évidemment la mode et les transports en commun, le petit high tech, le matériel de bricolage et jardinage

-Les dépenses qui ont augmenté concernent l’alimentation, les travaux de la maison, les livres, les contenus sur internet, les produits d’entretien ménager, les livraisons de repas à domicile…

-Sur les attentes vis-à-vis des entreprises, les Français citent d’abord la santé des collaborateurs (organiser la désinfection des lieux de travail par exemple), la mise en place de solutions de travail flexible ou de télétravail (-8 points par rapport à la vague 1), les dons pour soutenir l’achat de masques et de désinfectants pour les hôpitaux (+9 points par rapport à la vague 1), ramener les productions et usines en France (+8 points), élaborer des plans pour protéger l’approvisionnement de services ou de produits. 

À noter que seulement 14% citent « arrêter la publicité ». Kantar alerte ses clients annonceurs sur le fait que l’investissement média est essentiel pour préserver ses parts de marché. Une étude menée lors de la crise financière de 2008 a montré que les marques qui ont réduit leur pression médiatique étaient beaucoup plus susceptibles de subir une perte de part de marché. On peut s’interroger sur l’après confinement qui pourrait confirmer la baisse de la consommation, au détriment de certaines marques ayant le moins d’utilité et d’authenticité. 

Le groupe Ferrero met les bouchées doubles en télévision (photo ferrero.fr)

Kantar relève que Ferrero et Nestlé ont augmenté leurs investissements publicitaires sur la période, en parallèle avec le besoin des confinés de réconfort et de grignotage. Par ailleurs certains annonceurs ont fait le choix d’investir en télévision et en radio pour soutenir les médias ou pour remercier les professions en première ligne. Par exemple, la start up Fizzer, application qui permet d’envoyer par courrier des cartes postales personnalisées, vient de lancer une campagne sur les principales chaînes hertziennes pour remercier les facteurs (et se faire connaître à une période de moindre pression publicitaire). Inversement, Coca-Cola a annoncé renoncer à son budget média pour l’investir dans le soutien aux associations. 

Un extrait du webinar de Kantar

Concernant la consommation dans le détail, sur les semaines du 24 février au 22 mars 2020, Kantar enregistre une hausse jamais vue de 20% des ventes de PGC et FLS (produits de grande consommation et frais et libre-service) par rapport à la même période de 2019. Ceci alors que le marché était à -1,2% sur cette période de 2019 par rapport à 2018.

L’institut note que la situation bénéficie aux commerces de proximité et au drive, au détriment des hypermarchés, un circuit déjà menacé avant la crise. Trop grands, trop éloignés, ces formats ne sont pas adaptés aux contraintes des sorties autorisées et ont perdu 2,3 points de part de marché sur la période. Le discount pâtit également de l’absence de drive et de son offre courte alors que les Français veulent remplir leur Caddie et font confiance aux marques. On verra si la tendance se confirme après la crise avec la perte de pouvoir d’achat. La situation bénéficie aux enseignes qui font du drive et aux formats de proximité comme Carrefour Market, Franprix, Auchan Supermarché. Intermarché gagne 0,8 point de part de marché, les magasins U 0,6 point.

S’agissant des catégories, les gagnants sont non seulement les produits de première nécessité et de fond de placard (+95% pour les pâtes sèches, +94% pour le savon) mais aussi les produits de grignotage comme les tablettes de chocolat, les biscuits, les chips pour les apéros visio (+23%) etc. Les produits ménagers sont à +24%, 32% des foyers déclarant faire plus souvent le ménage, que ce soit pour passer le temps ou pour faire la traque au virus. Les litières sont aussi à +23%. 

Alors comme ça on se laisse aller en confinement? (photo Le Slip Français)

Le rayon beauté est en berne avec une chute de 14% pour le maquillage. Selon l’étude, 20% des femmes déclarent ne plus se maquiller. 46% des Français passent leurs journées en tenue décontractée et 12% en pyjama. Ça n’incite pas à la coquetterie mais de là à se passer de déo (les produits parfumants sont à -2%)? En revanche la coloration est à +21%.

Concernant les produits frais, la situation est paradoxale car les ventes ont augmenté en volume comme en valeur alors que les prix sont en hausse du fait de l’origine française et des coûts de transport qui augmentent. Malgré les inquiétudes pour le pouvoir d’achat, le prix est passé en deuxième critère de choix en 2020 (derrière l’habitude et devant la santé) alors qu’il était le premier en 2019. 

Les produits frais sont aussi plus difficiles à stocker, pénalisés par la fermeture des marchés et posent des soucis d’hygiène. Kantar note qu’une tendance de fond de ces dernières années, le succès de l’application de décryptage des étiquettes Yuka, est en sommeil car les gens passent moins de temps en magasin, mais prédit que la quête du bio, du naturel, du local et de la qualité va perdurer. La question qui n’est pas encore tranchée est de savoir si l’agribashing et le distribashing (la critique de l’agriculture productiviste et de la grande distribution), en sourdine actuellement, renaîtront après la crise. Les professionnels doivent s’y préparer. Si seulement 29% des Français ont peur de ne pas pouvoir s’approvisionner en nourriture, c’est quand même beaucoup grâce à ces secteurs. 

Aux bons soins des stars

À la suite de Rihanna, qui fait un carton avec sa marque de maquillage Fenty Beauty, Lady Gaga lance sa gamme Haus Laboratories. Victoria Beckham, Kylie Jenner et Millie Bobby Brown, la jeune actrice de la série Stranger Things, sont aussi devenues des entrepreneuses de la beauté. On est au-delà de l’endorsement, les stars qui collaborent avec des marques existantes. Ces initiatives sont de vrais projets d’entreprise dans lesquelles les personnalités sont très impliquées. Ces actrices et mannequins ont de vraies expériences de l’image et une relation de proximité avec leurs fans sur les réseaux sociaux. Millie Bobby Brown s’adresse en particulier au public des adolescentes. Victoria Beckham est la plus engagée sur la clean beauty, dans les formules comme dans les packagings. Lady Gaga met davantage l’accent sur l’inclusivité, ses packagings et son partenariat avec Amazon traduisant un faible intérêt pour le développement durable.

Cette enquête sur les stars reines de beauté est paru le 9 février dans Le Journal du dimanche.

Focus sur les « indie brands » du maquillage

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On parle beaucoup dans le monde de la beauté des « indie brands », ces marques indépendantes qui font de l’ombre (à paupières) aux grandes. Des alternatives qui n’ont rien de marginal puisque Huda Beauty par exemple, création de l’Américaine d’origine irakienne Huda Kattan, réalise 300 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel. Il faut absolument aller voir son compte Instagram aux 33 millions d’abonnés, c’est un festival de maquillage opulent, faux cils épais, fond de teint ultra-couvrant, « contouring » expert…

Un festival de superficialité mais je ne peux m’empêcher de saluer cette jeune femme issue de la finance qui a fait de sa passion du maquillage un business. Son compte met en avant différents types de beauté comme des jeunes filles voilées et handicapées et son discours est plein d’humour et positif, à l’américaine à coup de « darling » et « gorgeous » adressés à ses fans. Elle a répondu à mes questions sur la façon dont elle a lancé son entreprise et m’a expliqué qu’elle avait travaillé à rebours des marques traditionnelles en construisant d’abord une communauté de fans, devenues naturellement des clientes très loyales.

J’ai dévoré Beauté fatale de Mona Chollet sur l’injonction à la beauté qui aliène les femmes mais je m’incline devant la réussite de femmes indépendantes comme Rihanna (sa ligne Fenty Beauty fait un carton), Anastasia Soare (marque Anastasia Beverly Hills) ou Emilie Weiss de Glossier. Et même Kylie Jenner, désignée plus jeune « self-made milliardaire » par Forbes à 21 ans. Grâce à des rouges à lèvres certes, mais il y a du travail derrière. Je suis convaincue que l’on peut être féministe, entrepreneure, intello et aimer le maquillage. Ce que passe sous silence Mona Chollet dans son essai, c’est à quel point les produits de beauté peuvent être un réconfort face aux épreuves, il suffit de voir l’effet de l’association CEW auprès des femmes atteintes de cancer ou de Joséphine sur les femmes précaires (j’en ai parlé ici).

Bref, je m’égare, je voulais parler de l’enquête que j’ai consacrée aux « indie brands » dans le collector luxe de CB News paru en fin d’année dernière.

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Précieux rouges

Ce dossier sur les innovations dans les rouges à lèvres (formats, formules, packagings) est paru en mai dans Formes de luxe, magazine professionnel sur l’emballage des parfums, cosmétiques et spiritueux.

 

Qui veut les fesses de Kim Kardashian?

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Sans être le moins du monde fascinée par la fratrie Kardashian que je considère d’une vacuité effarante, je ne peux que constater leur omniprésence médiatique. A ce titre, je m’intéresse au phénomène sous l’angle du business. Les soeurs aux prénoms en K, cornaquées par une mère chef de clan, sont une machine de guerre économique avec des investissements dans les cosmétiques, un jeu sur mobile, divers contrats publicitaires et une émission de télé-réalité dédiée, Keeping up with the Kardashians. Pour avoir suivi un quart d’heure d’un épisode (plus, c’est une forme de torture), j’ai pu suivre les rendez-vous d’affaires de Kim pour le lancement de son application mobile, où les soeurs veillent au grain pour avoir leur part du gâteau. Le même épisode dévoilait le psychodrame de l’interview de Caitlyn (ex-Bruce) Jenner dans Vanity Fair et le rôle joué par l’épouse de Kanye West pour réconcilier la famille. Avec force montage et plusieurs arcs narratifs, la série mêle réalité et fiction et l’on se demande ce qui peut bien motiver ces jeunes filles à se laisser filmer dans leur vie privée à part l’appât du gain.

Toujours est-il que Kim et ses soeurs sont des modèles de beauté pour de nombreuses femmes qui veulent adopter leurs cheveux, leurs sourcils, leur maquillage et même leurs fesses. C’est cette tendance que je décris dans un article du Journal du dimanche paru le 24 avril.

Qui n’a pas son coussin de peau?

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C’est l’année de la cushion cream (littéralement la crème coussin). J’ai découvert pour la première fois ces fonds de teint imbibés dans une éponge l’année dernière, quand Lancôme a lancé son Miracle Cushion à 45 euros (photo). Les beautistas émérites connaissaient déjà ce geste de beauté des Coréennes et commandaient leurs produits directement sur le site des marques Iope ou Etude House. Mais en 2016 en France, toutes les marques s’y mettent, et à tous les prix : Kiko, Yves Rocher, Sephora, L’Oréal Paris. Yves Saint Laurent arrivera en septembre avec un boîtier noir et doré, très chic à glisser dans sa minaudière pour aller danser, comme l’égérie Cara Delevingne.

J’explique ce phénomène dans Le Journal du dimanche du 28 février.

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Un peu de couleur dans l’hiver

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Le Joli baume de Clarins, back by popular demand

Froid, vent, grisaille, pollution, l’hiver à Paris est une épreuve. C’est pourquoi je sais gré aux marques de cosmétiques de nous offrir des bulles de bonne humeur lors de leurs présentations maquillage d’été. Les cosmétiques, c’est le petit accessoire futile qui apporte un peu de plaisir dans la vie. C’est aussi un secteur économique. Parmi les informations que j’ai glanées récemment lors des conférences de presse (reprises pour certaines par Challenges) :

-Le fond de teint Nude Magique Cushion est devenu la première référence maquillage de L’Oréal Paris en Asie.

-Givenchy a doublé son chiffre d’affaires maquillage en cinq ans dans le monde, principalement grâce au rouge à lèvres Le Rouge et au Prisme Libre, numéro un des poudres libres en Chine.

-Le Joli baume de Clarins (photo ci-dessus) a été le premier soin des lèvres vendu en sélectif en 2015. Censé rester une édition limitée, il entre au catalogue en 2016.

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Ceci n’est pas un gloss

A part ça on peut continuer à se lamenter sur la France qui tombe. On peut aussi célébrer le maquillage pour ce qu’il est, un univers coloré et créatif. Après avoir conquis les ongles, la couleur arrive sur les cils. Dior et Chanel ont ouvert la voie, Yves Saint Laurent va plus loin avec un mascara présenté dans un tube transparent comme un gloss, révélant des teintes flashy : fuchsia, bleu, vert, or… Des couleurs très Saint Laurent à déposer sur la pointe des cils ou en couche généreuse pour un regard en Technicolor.

Je ne sais pas où va Yves Saint Laurent, mais la licence beauté de L’Oréal Luxe se positionne de plus en plus comme la marque des party girls avec ses égéries Cara Delevingne en maquillage et Edie Campbell en parfum. Un virage très junior assez éloigné de la femme fatale fantasmée par M. Saint Laurent qui passe aussi par quelques produits iconiques comme le pinceau Touche Eclat, le mascara Volume effet faux cils ou le vernis à lèvres Rouge Pur Couture.

Photos P.C.

Le contouring, l’atelier sculpture du teint

« Merci les Kardashian ». D’après L’Oréal Paris, les produits de contouring, qui permettent de sculpter le visage à la façon de la fratrie américaine, ont représenté 45% des ventes de maquillage pour le teint en 2015. Personnellement, le fait de redessiner le contour de son visage à grands coups de pinceau me semble une activité fort fastidieuse, mais le pouvoir de prescription de Kim et ses soeurs est si fort que des cheveux aux sourcils en passant par le grain de peau, toute « beautista » digne de ce nom veut leur ressembler.

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Déjà présent chez Sephora et consorts, le contouring arrive en supermarchés – photo P.C.

Ce phénomène venu des Etats-Unis arrive en France et L’Oréal Paris lance ce mois-ci sa propre gamme de contouring, Infaillible Sculpt, comprenant un fond de teint, une palette pour ombrer et illuminer là où il faut et un trio de blush. Sans oublier une brume fixatrice pour que « l’oeuvre » tienne toute la journée.

Si je passe mon tour pour le teint, je suis assez fan de la gamme pour les lèvres Infaillible Matte Max, certes au rendu mat donc sec, mais très facile à appliquer et qui tient. De quoi oser porter du rouge sans craindre la bavure.

Les prix vont de 12,90 euros les fards à lèvres à 15,90 euros le fond de teint, un maximum pour de la grande distribution. On est une émule de Kim Kardashian ou on ne l’est pas.

La Corée dicte ses codes à la beauté mondiale

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L’arrivée du mannequin américain d’origine coréenne Soo-Joo Park dans l’équipe des égéries L’Oréal Paris le confirme : la Corée est à l’avant-garde des tendances de beauté internationales. Je parle évidemment de la Corée du Sud. Encore que, de la BD Pyongyang de Guy Delisle à la censure du film L’interview qui tue, la Corée du Nord fascine aussi la pop culture. Mais on reste assez peu informés sur les secrets de beauté des Coréennes du Nord.

Bref, le pays du Gangnam Style est bien au centre des lancements de produits cosmétiques récents. Miracle Cushion, le dernier maquillage « miracle » de Lancôme, entend diffuser un geste de maquillage populaire à Séoul : un fond de teint imbibé dans une éponge, que l’on dépose sur le visage avec un applicateur. L’effet est frais, la couvrance légère mais suffisante pour masquer les pores et les petites imperfections. Côté hygiène, pas de problème particulier, le coussin est protégé par un clapet hermétique et l’applicateur se lave simplement au savon. Le seul point faible a priori est la durée d’utilisation, qui semble plutôt chiche en cas d’utilisation quotidienne vu la quantité de produit (14 g) et le prix (45 euros). Pour moi, il s’agit plutôt d’un produit d’appoint nomade, adapté aux envies de maquillage léger ou de retouches en cours de journée.

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A suivre, le layering, le konjac et le made in Korea à toutes les sauces. Lire la suite