J’ai testé… Paris à trottinette

Après l’Oculus Rift, j’ai répondu à une autre proposition alléchante d’une agence de relations presse : tester une visite de Paris sur une trottinette Micro Mobility. Cette marque suisse fondée par un banquier de Zurich soucieux de se déplacer rapidement incarne le haut de gamme de la planche à roulettes avec des modèles à 200 euros et jusqu’à 900 euros pour sa nouveauté électrique qui file à 25 km/h.

Conçue en Suisse et fabriquée en Chine, robuste et facile à plier (ce qui n’est pas le cas de ses concurrents d’après mon expérience), la Micro est adaptée aux enfants avec ses petites roues qui encouragent les figures freestyle (!) mais aussi aux adultes dans la version grandes roues bien stables et leur système de suspension.

L’agence 187 Com avait invité samedi dernier une poignée de journalistes pour un circuit inédit dans le Paris du street art. Il s’agissait avant tout d’une opération de communication pour faire parler de la marque (je m’y prête volontiers), mais l’agence et son client n’excluent pas de développer un programme de visites touristiques grand public tant l’expérience s’avère ludique. Circuler en trottinette est plus flexible qu’en vélo ou en Segway dans les petites rues du vieux Paris, et s’il faut slalomer entre les piétons et les véhicules de livraison, la formule est bien adaptée à un après-midi en famille. Surtout avec des pré-ados boudeurs…

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Un couple de souris squatte la rue Saint-Denis

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Space Invader nous fait de l’oeil

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La rumeur court…

La visite avec la guide Isabelle de l’organisme Localers, graphiste et spécialiste du street art, nous a menés sur les traces de Space Invader, aux mosaïques bien connues. Mais j’ai découvert d’autres oeuvres fondues dans la ville, telles ces souris en craie ou ces diamants en éclat de verre collés sur les murs. Ou encore ces morceaux de vélo laissés par un passe-muraille invisible. Le tout dans un périmètre compris entre le Marais et le Centre Pompidou où l’oeil attentif pourra repérer une tête de général de Gaulle. A pied ou à trottinette, Paris se visite aussi le nez au vent, car la poésie est au coin de la rue!

Verdict : une idée simple de sortie en famille le week-end. Avec un/e guide qui sait se mettre à la portée des enfants, c’est encore mieux.

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La prochaine fois que vous passez dans le quartier des Halles, levez les yeux

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La visite s’est terminée à la tombée de la nuit auprès de ce bonhomme mélancolique – photos P.C.

Huygens, des cosmétiques naturels et design

Huygens vient de remporter le prix Paris Shop & Design dans la catégorie beauté, décerné par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Une juste récompense pour une boutique de cosmétiques naturels au concept très cohérent, agencée par la designer Lucille Bureau.

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J’ai rencontré le fondateur de Huygens Daan Sins il y a quelques mois, à la veille du premier anniversaire de son aventure. Ce Néerlandais est passé par L’Oréal, comme la plupart des entrepreneurs qui se lancent en solo dans les cosmétiques. Il a ouvert la première enseigne Kiehl’s à Milan et s’est inspiré de ce modèle : « Une boutique mono-marque, où l’on peut mettre en avant les produits, où l’on reçoit le public avec un personnel qui sait conseiller. »

En pro du marketing, le jeune homme a vu émerger l’attrait des consommatrices pour les produits faits maison, à travers le site Aroma Zone ou le lancement de la « yaourtière » à cosmétiques de Rowenta, qui reste un succès d’estime mais est tout de même révélateur d’une tendance. Huygens (dont le nom vient d’un scientifique du XVIIème siècle, lui-même hollandais ayant travaillé à Paris) propose des produits visage et corps personnalisables avec des huiles essentielles. Celles-ci sont conçues avec un parfumeur et un aromathérapeute pour être à la fois agréables aux narines (le naturel a fait beaucoup de progrès là-dessus) et bienfaisantes pour le corps et l’esprit avec des effets sur le sommeil, les articulations, le tonus… Les mélanges sont réalisés sur place dans un petit laboratoire attenant à la boutique.

Par exemple le jour de ma visite, je suis repartie avec une huile pour le bain Arbre de vie dont la bonne odeur boisée se marie à des bienfaits d’équilibre et de vitalité, et un gel douche Temple, un des best-sellers, aux vertus anti-stress et relaxation.

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Daan Sins choisit des huiles essentielles odorantes et vertueuses – photos P.C.

« Les odeurs fidélisent », souligne Daan Sins qui voit revenir des habitués dans sa boutique extrêmement bien située au coeur de Paris, rue du Temple dans le Marais. La devanture bleue et le décor haussmannien attirent l’attention. Mais le concept fonctionne aussi en dehors du point de vente, sur internet et sur Birchbox lors d’un test mené cet été. Pour la rentrée, Huygens sort une nouveauté en phase avec les attentes des consommateurs hédonistes : un gel pour les mains en flacon de 500 ml, lui aussi personnalisable. « Je l’appelle le ‘hit accessoire’ des lavabos parisiens, s’amuse le fondateur. Le format rappelle les grands hôtels ou restaurants, et correspond aussi à la tendance du ‘home spa’, le fait de passer du temps dans sa salle de bains. » Je confirme, les senteurs des produits Huygens agissent aussi en parfum d’intérieur.

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1er Etage, un hôtel de poche dans le Marais

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Serge et Juliette Topolanski, les tauliers – photo P.C.

Paris est plein de surprises, il suffit parfois de pousser une porte. Quelques marches, un code à composer, et l’on se trouve dans un appartement meublé années 50. Nous sommes au 1er Etage, un hôtel de poche situé rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, au coeur du Marais. Juliette et Serge Topolanski l’ont ouvert en septembre dernier pour proposer une alternative aux voyageurs qui veulent vivre une expérience parisienne tout en bénéficiant de services hôteliers. « Paris a accueilli 29,7 millions de touristes en 2013, rappelle Serge, le financier du couple. L’offre hôtelière existante ne suffit pas à couvrir les besoins. » « Certains visiteurs ne trouvent pas leur compte entre les hôtels impersonnels et les chambres d’hôtes, où la promiscuité avec les propriétaires peut être envahissante », poursuit Juliette, qui a travaillé dans la publicité et la décoration. Le développement de nouveaux modèles comme Airbnb a répondu ponctuellement au problème, mais un grand ménage est en train de s’opérer pour clarifier le marché.

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Le 1er Etage, ce sont cinq chambres « comme à la maison, en mieux ». Le couple a écumé les Puces de Saint-Ouen pendant huit mois pour trouver les fauteuils Mad Men et étagères tout droit sorties de Mon Oncle de Jacques Tati, ou encore le comptoir à l’accueil qui leur a fait penser aux Tontons Flingueurs. « On adore tous les deux le cinéma français des années 50 et 60, souligne fièrement Juliette. Nous avons soigné les détails pour que les clients soient plongés dans une atmosphère française. Ils reçoivent un guide avec nos bonnes adresses. Les gels douche sont de la marque corse Casanera. »

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Un buffet chiné tout droit sorti des Tontons Flingueurs – photos P.C.

Un petit-déjeuner est servi le matin (compris dans le prix, de 200 à 270 euros la nuit) et les clients peuvent préparer leur programme de la journée en discutant avec les propriétaires. « On dévie assez vite sur les enfants. C’est une préoccupation universelle! » souligne Juliette Topolanski. Américains, Russes, visiteurs de la Fashion Week, l’adresse inscrite sur Booking.com et Tripadvisor attire une clientèle avertie -les avis mis en ligne sont très élogieux et Juliette leur répond personnellement. Une deuxième ouverture est prévue. Avec 1er Etage, Paris c’est dans la poche.