De Citroën à Apple, les femmes sont là

20141003_085535

20141003_085507

Linda Jackson, directrice générale de Citroën, et Angela Ahrendts, vice-présidente d’Apple (future numéro un ?), figurent en bonne place dans Challenges de la semaine, qui fait sa une sur le Mondial de l’automobile. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce rédacteur en chef d’un magazine économique concurrent qui m’avait retoqué un sujet en disant qu’il était « trop féminin ». Mais les femmes sont déjà là les gars, il faut vous y faire ! Parmi vos lecteurs, parmi les dirigeants d’entreprise, même dans l’automobile, même à la Silicon Valley. Qu’est-ce que c’est, un sujet féminin, en économie? Les rouges à lèvres ? L’Oréal est le numéro un mondial des cosmétiques, et il est français. Les sacs à main ? Hermès a continué d’enregistrer une hausse des ventes au premier semestre 2014, y compris en Europe.

Cette dichotomie entre femmes et économie n’a plus lieu d’être. Angela Ahrendts a développé Burberry en binôme avec Christopher Bailey, en a fait une référence du luxe et du high tech. Elle fait maintenant des étincelles chez Apple et on sent qu’avec le patron du design Jonathan Ives, ils en ont sous le pied. On vit une période passionnante pour les femmes (occidentales surtout), encore une bonne nouvelle!

J’ai eu l’occasion, en interviewant Marie-Laure Sauty de Chalon, la présidente d’Aufeminin, de m’intéresser aux femmes qui encouragent leurs pairs à briser la peur et le plafond de verre pour prendre des responsabilités dans l’entreprise et dans la société. La dirigeante organise avec Aude de Thuin, la créatrice du Women’s Forum, les rencontres Happy Happening, du 14 au 16 novembre, trois jours de débats et d’ateliers destinés particulièrement à la génération Y, les 25-35 ans qui démarrent leur vie de femme et leur carrière. J’ai passé l’âge, mais je ne manquerai pas d’y aller, pour voir, pour entendre, pour recevoir de bons conseils aussi, pourquoi pas ? Le Women’s Forum est un club de dirigeantes, un « Davos des femmes ». Aujourd’hui les initiatives s’adressent au grand public, elles tendent la main aux nouvelles générations pour leur montrer la voie.

C’est aussi l’intérêt de Lean In, le livre de Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook. Elle y mêle habilement des anecdotes drolatiques (le jour où elle a utilisé un tire-lait tout en menant une réunion par téléphone), les témoignages pratiques (autant que possible, elle quitte le bureau à 17h30 pour être auprès de ses enfants et travaille à nouveau après la petite histoire du soir) et les encouragements destinés autant aux hommes qu’aux femmes à concilier épanouissement personnel et professionnel. Le chapitre consacré au beau mot de mentor est particulièrement intéressant. Ce rapport de confiance avec une personne plus expérimentée qui n’est ni un parent, ni un ami, ni un supérieur hiérarchique au sens strict est une notion à développer. Et plus encore chez les femmes qui ont besoin d’exemples de réussite.

Elisabeth de Feydeau, Versailles et Dior

Elisabeth de Feydeau – photo Mohamed Khalil

Après le référendum écossais qui m’a tenue en haleine toute une semaine, retour à des tendances plus légères avec la publication de l’interview de l’historienne Elisabeth de Feydeau sur le blog de la marque Longchamp (photo Mohamed Khalil).

C’est la quatrième rencontre que je signe pour ce site qui prend la forme d’un véritable magazine d’art de vivre et donne la parole à de fortes personnalités, très impliquées dans leur métier comme la présidente d’Aufeminin Marie-Laure Sauty de Chalon ou la directrice du Meurice Franka Holtmann.

Pour la rentrée, j’ai fait parler Elisabeth de Feydeau sur sa passion pour le XVIIIème siècle, à l’origine de la tradition du parfum telle que nous la connaissons aujourd’hui. C’est en effet la reine Marie-Antoinette qui a popularisé le bouquet floral toujours présent dans l’essentiel des créations olfactives actuelles et qui se caractérise selon l’historienne par « un charme et une douceur propres à l’élégance française ». Ce mélange de rose, de jasmin, d’iris et d’une note verte de végétal, l’auteur de Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette l’a retranscrit dans son premier parfum Rêve de la reine, qui sort en septembre dans son label Arty Fragrance.

Elisabeth de Feydeau était l’interlocutrice idéale pour parler d’élégance, de voyage et de madeleines olfactives. Mais alors que la tradition des métiers d’art de Versailles est au coeur de son inspiration et reste la référence du luxe à la française, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec la dernière publicité J’adore de Dior, « The future is gold », qui secoue un peu les dorures du passé pour laisser entrevoir une vision de l’avenir.

Dans ce film signé Jean-Baptiste Mondino, la toujours sublime Charlize Theron s’échappe de la Galerie des glaces du château de Versailles pour grimper sur un toit cerné de buildings, tout aussi clinquants mais dans une esthétique contemporaine. On se croirait à Shanghai sans la pollution ou à Dubaï sans la chaleur. Un univers futuriste pas forcément plus enviable que le passé compassé, mais porteur d’un message ouvert sur l’avenir. Une initiative à souligner de la part de Dior, qui a passé les dernières années à parler de patrimoine.

Marie-Laure Sauty de Chalon : « L’élégance, c’est la liberté d’être soi »

Merci à Marie-Laure Sauty de Chalon, présidente du groupe Aufeminin, d’avoir répondu à mes questions dans le cadre des rencontres du blog Enjoy by Longchamp. Je l’ai interrogée sur ses actions pour encourager la confiance en elles des femmes, car nous avons trop souvent tendance à nous freiner toutes seules. Elle-même a expliqué dans le passé comment elle avait conquis la tête d’Aegis Media en dépit de ses propres réserves, et l’on sait combien les hommes ont moins de complexes à demander ou accepter une promotion que nous…

Marie-Laure-Sauty de Chalon-2

Il a beaucoup été question de la légitimité des femmes dirigeantes dernièrement, particulièrement dans les médias suite aux évictions de Natalie Nougayrède du Monde et de Jill Abramson du New York Times. Mais plutôt que les réactions outrées sur les femmes qui ne seraient pas reconnues à leurs postes, je préfère retenir que ces managers ont conquis et assumé leurs responsabilités jusqu’au bout. Diriger est un risque, que l’on soit un homme ou une femme, surtout en pleine crise de la presse écrite, et ces événements sont à rapprocher de la démission de Nicolas Demorand de Libération. Les premiers échos laissaient entendre que Jill Abramson était partie pour des questions de différences salariales mais sa personnalité complexe mérite mieux qu’une victimisation hâtive.

Il ne s’agit pas de nier le plafond de verre, les inégalités salariales ou les injonctions culpabilisantes faites aux femmes. Toutes n’ont pas une batterie de nounous et de coachs sportifs à leur disposition pour reprendre le travail en talons hauts et le ventre plat quinze jours après leur accouchement comme Rachida Dati ou Victoria Beckham -et toutes ne le souhaitent pas. Mais malgré les remises en question inquiétantes comme en Espagne, je trouve notre période passionnante pour les femmes, car on voit émerger une génération de dirigeantes féminines, ambitieuses dans le bon sens du terme et qui ont envie de partager leur expérience avec leurs consoeurs. Je dois encore finir de lire Lean In de Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook, mais j’ai retenu un de ses conseils, qui est de faire confiance à son compagnon pour le partage des tâches familiales et mieux encore, de choisir le compagnon dont on sait qu’il sera un bon partenaire dans ce partage. L’égalité hommes-femmes n’est pas que le combat des femmes !