Sophie Marceau, elle est trop forte

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C’est certain, Sophie Marceau a lu mon article sur les pin-up dans le JDD dimanche dernier! En la voyant monter les marches du festival en robe fendue, révélant une adorable culotte couleur chair, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce que m’avait dit la spécialiste du cinéma Mélanie Boissonneau sur la pin-up « sexy par inadvertance », qui monte un escabeau en jupe courte ou, comme Marilyn Monroe dans Sept ans de réflexion, marche sur une bouche d’aération en robe légère. Si l’on voit ses dessous et que cela émoustille les témoins, c’est leur problème, pas le sien! C’est évident, Sophie Marceau a « fait la pin-up » et tous les observateurs sont tombés dans le panneau comme le loup de Tex Avery, c’est tellement drôle à observer.

L’actrice préférée des Français a souvent suscité les moqueries comme lors d’un discours mal préparé au Festival de Cannes en 1999 mais j’y vois une sincérité rafraîchissante parmi les exercices de promotion formatés. Dix ans après l’affaire de la bretelle qui révélait un téton (vraiment par inadvertance, cette fois), l’héroïne de LOL a prémédité son coup d’éclat en sachant que les chaînes en direct et les réseaux sociaux allaient amplifier l’incident.

Tout y est : la robe portefeuille signée d’un créateur français connu sans être une star qui gagne une notoriété instantanée; la culotte qui a le mérite d’exister et de ne pas être transparente, on n’est pas dans la provocation trash; la jambe galbée qui montre que Sophie porte beau ses 48 ans et peut encore assurer dans des rôles sexy; le sourire et l’humour, qui tranchent avec la volonté de contrôle ou la vulgarité de certaines de ses consoeurs plus jeunes. Quant à Guillermo del Toro, complice ou pas, il joue très bien son rôle de chevalier servant!

Le lendemain, Sophie Marceau a livré l’acte 2 en apparaissant dans un pantalon en cuir moulant, pas de risque de wardrobe malfunction cette fois, et toujours avec le sourire.

C’est vraiment la femme française bonne vivante et pétillante qui s’exprime là. En 2002, Sharon Stone avait fait une démonstration de classe similaire en vampant la Croisette en tant que membre du jury mais on désespère de revoir enfin l’interprète de Casino dans un premier rôle, même si elle était géniale dans Broken Flowers de Jim Jarmush et Apprenti Gigolo de John Turturro. J’espère que les propositions de rôles de femmes fortes vont affluer pour Sophie Marceau, qui a fait le tour des comédies romantiques franchouillardes.

Et si je me trompe complètement et qu’elle n’a vraiment pas préparé son geste, elle a quand même réussi son buzz car tout le monde en parle de façon positive, même moi. Décidément elle est très forte. Avec Catherine Deneuve, qui n’a plus de leçon de franc parler à recevoir de quiconque, c’est la meilleure.

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Bientôt Cannes, déjà dans le JDD

J-3 avant le Festival de Cannes, Le Journal du dimanche publie son supplément dédié avec en une la gracieuse Naomi Watts.

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Comme chaque année, L’Oréal Paris, partenaire officiel de l’événement, est l’annonceur unique de ce tiré à part, et je me suis pliée à l’exercice de l’interview du directeur général international Cyril Chapuy. Authentique passionné de cinéma, il est comme un poisson dans l’eau sur la Croisette, entouré de ses égéries venues de tous les continents.

L’interview est toujours l’occasion de livrer quelques informations en primeur. Il m’a confié que la marque ferait une démonstration de force dans le digital cette année, avec des expériences de « live streaming » (diffusion de vidéos en direct) sur Periscope, l’application de Twitter dont tout le monde parle, Snapchat et Twicer, un nouvel outil développé par la start-up californienne (fondée par le Français Carlos Diaz) Kwarter. Et dire que Thierry Frémaux, le délégué général du festival, s’était prononcé contre les « selfies » sur tapis rouge (il est depuis revenu sur cette interdiction, difficile de froisser les annonceurs)!

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Cette année, j’ai également eu le plaisir de traiter des sujets directement liés au cinéma, comme cette enquête sur l’évolution de la pin-up, de Clara Bow du temps du muet à Tournée de Mathieu Amalric en passant par Betty Grable et Jayne Mansfield. J’ai interviewé Mélanie Boissonneau, coauteur avec Laurent Jullier du livre Les pin-up au cinéma chez Armand Colin, pour qui, loin d’être des potiches soumises, ces archétypes sont des rôles de composition endossés par les plus grandes actrices, Jane Fonda, Sophia Loren ou Eva Mendès aujourd’hui. Pour moi, Jane Fonda est vraiment une figure de femme libre, à la fois Barbarella, militante contre la guerre du Vietnam, icône de l’aérobic, femme de milliardaire, aujourd’hui égérie L’Oréal Paris, la boucle est bouclée.

Mélanie Boissonneau m’a fait connaître le film Sois belle et tais-toi de Delphine Seyrig en 1976, dans lequel Jane Fonda, toute fille d’une légende d’Hollywood qu’elle est, raconte comment les studios ont voulu lui teindre le cheveux en blond et briser la mâchoire pour creuser ses joues, afin de correspondre aux attentes du marché. L’actrice a depuis reconnu en toute franchise avoir eu recours à la chirurgie esthétique pour enlever ses poches sous les yeux, ce qui ne l’empêche pas de faire son âge et de donner envie de vieillir avec élégance.

Mélanie Boissonneau m’a également signalé cette photo de Burt Reynolds parue dans Cosmopolitan en 1972 qui prouve qu’un homme aussi peut « faire la pin up » avec humour et autodérision.

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