Les parfums Chanel ont une boutique rien que pour eux

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Le point de vente de 70 m2 est installé dans un ancien hôtel particulier

Après avoir testé la formule quelques mois rue Saint-Honoré, la maison de luxe vient d’ouvrir un point de vente permanent uniquement dédié à la beauté et aux parfums rue des Francs Bourgeois. Le Marais s’est transformé en « beauty alley » avec sur quelques centaines de mètres une succession d’enseignes comme Bobbi Brown, Penhaligon’s, Fragonard, Khiel’s, L’Artisan Parfumeur, Diptyque…

Chanel, habitué aux quartiers chics, se dévergonde quelque peu dans cet ancien hôtel particulier au style bohème. Qu’en aurait pensé sa fondatrice, qui fut pensionnaire du Ritz (le palace va bientôt rouvrir avec un spa signé Chanel, une autre grande première pour la maison)?

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La figure de Gabrielle Chanel est présente en filigrane

La figure tutélaire est présente en silhouette dans le décor de même que le motif matelassé que l’on retrouve sur les sièges. Pour le reste, le lieu joue avec la pierre de taille et les volumes de guingois.

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L’alcôve formée par un ancien puits crée un point focal dans l’espace homme

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La terrasse donne envie de revenir pour un pique-nique au printemps

L’espace de 70 m2 est propice aux animations saisonnières et l’esprit de Noël règne actuellement dans la mise en scène du célèbre N°5. Les visiteurs étrangers ne devraient pas se bousculer à la suite des attentats mais les Parisiens fortunés pourront y trouver des idées de cadeaux intemporels.

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Des « tables éditoriales » mettent en avant les animations du moment

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Let it snow… Un grand classique pour les fêtes

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Chanel saisit sa chance avec Jean-Paul Goude

La maison de luxe a lancé hier la publicité de son nouveau parfum Chance Eau Vive, l’occasion de remettre en avant les autres versions, Chance original sorti en 2003, suivi d’Eau Fraîche et d’Eau Tendre.

La campagne a été confiée à Jean-Paul Goude, responsable de certains des plus beaux chapitres de la saga Chanel, et de l’histoire de la publicité : Coco avec Vanessa Paradis, petit oiseau en cage en 1992, et Egoïste en 1990. On se souvient du ballet des fenêtres sur la façade du Carlton cannois, scandé par la musique de Prokofiev. Une réalisation si spectaculaire qu’elle a fait de l’ombre au parfum selon une indiscrétion, comme si la communication se suffisait à elle-même au détriment du jus, pourtant loin d’être anodin.

Ci-dessous pour mémoire ces deux classiques:

Chanel évoque invariablement N°5 pour le grand public mais on ignore souvent que la maison est le premier vendeur de parfums au monde et que son best seller absolu, celui qui transcende les frontières, est Coco Mademoiselle, incarné depuis 2007 par Keira Knightley. Chance est lui aussi un vrai succès, particulièrement prisé aux Etats-Unis. Comme le souligne la communication de la marque, « ce n’est pas un parfum pour jeunes mais c’est le plus jeune des parfums Chanel ».

Je fais le pari que le film écrit et réalisé par Jean-Paul Goude sera revu lui aussi avec plaisir dans les années à venir. Il est charmant, pimpant, en lien avec la collection haute couture printemps-été 2015 (ah, ces jupettes taille basse!). Voir un groupe de copines qui rient et s’amusent ensemble au lieu d’attendre passivement le galant n’est pas si fréquent dans une publicité de parfum. Le décor du bowling est cohérent avec le thème de la chance et sera repris pendant l’événement Cinéma Paradiso au Grand Palais du 16 au 26 juin, pour permettre aux chanceux qui auront des places de tenter eux aussi le strike. Décidément, l’humour et la bonne humeur sont compatibles avec le luxe, c’est rafraîchissant.

Et le parfum alors? Il est lui aussi très frais, pour plusieurs raisons. Chance Eau Vive est une création d’Olivier Polge, le directeur de création des parfums Chanel (voir l’article que je lui ai consacré dans le Journal du dimanche ici), qui a succédé à son père Jacques, auteur des précédentes versions. La composition pétille comme un jus de pamplemousse pressé en tête, structure son coeur floral autour de muscs blancs, et se termine sur une touche d’iris, l’ingrédient fétiche d’Olivier Polge, qui ne peut se retenir d’en mettre partout. Cette belle histoire de transmission est une très convaincante contribution à l’actualité des parfums féminin au deuxième semestre et prend la concurrence de vitesse en arrivant en parfumeries dès le 12 juin.

Valentin, je te pique ton parfum

On en conviendra, la Saint-Valentin barbe tout le monde, même dans sa version vaguement trash façon 50 nuances de Grey. Je préfère donc m’intéresser dès à présent à des parfums qui sortent au printemps et, surprise, ceux qui m’ont le plus intéressée ces derniers temps sont en majorité masculins. La question du genre est de plus en plus floue, en parfumerie comme ailleurs, et l’on aurait bien du mal à définir ce qu’est un parfum « genré ».

En apparence, tout est clair, en tête des ventes du moment La vie est belle est une bouffée de fleurs sucrées, Invictus un bloc de bois aromatiques. Sauf que… Dior Homme, incarné actuellement par la belle gueule Robert Pattinson, est le plus androgyne des sent-bons avec son coeur d’iris poudrée, et j’ai plus d’une amie qui porte Pour un homme de Caron, un modèle de lavande ambrée. Inversement, depuis que j’ai appris que certains hommes se parfument au Chanel N°5 au Moyen-Orient, j’ai la certitude que les goûts olfactifs transcendent les catégories marketing.

Parmi la production actuelle, sans doute influencés par les évolutions sociétales, j’ai le sentiment que les parfumeurs ont beaucoup plus de marge de créativité au rayon masculin ou mixte que dans les injonctions fleuries-fruitées des fragrances féminines. Sur ce créneau, ces dernières années, je retiens plus volontiers la rose boisée de Marni ou le cuir vert de Bottega Veneta que les bonbons pralinés de Guerlain ou de Nina Ricci. Les marques italiennes seraient-elles plus subtiles que leurs consoeurs françaises? A méditer.

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Ainsi parmi les prochains lancements j’ai eu un coup de coeur pour The Excelsior Bouquet d’Atkinsons, l’ancienne marque anglaise remise au goût du jour par Perfume Holding. Au-delà du jus, c’est tout un ensemble qui fonctionne : un nom exhumé des archives qui fait référence au premier vol transatlantique sans escale, son imaginaire de métal chaud et de veste en cuir souligné d’accents iodés, le flacon profilé comme une flasque de whisky. On sent que le parfumeur Benoît Lapouza s’est fait plaisir à raconter cette histoire sans contraintes de tests consommateurs. « C’est une parfumerie d’émotions, d’évocations, un mélange chaud-froid d’odeurs de décollage et de grands espaces » confiait-il dans le cadre cosy de l’hôtel Daniel en début de semaine. Les deux autres opus de la Collection Légendaire d’Atkinsons qui sort en avril au Printemps Haussmann sont une violette poudrée Love in Idleness signée Fabrice Pellegrin et un Amber Empire surdosé en muscs de Maurice Roucel. Mais c’est définitivement le blouson d’aviateur que je porterai ce printemps.

A suivre, le Campari de Guerlain, le casual chic de Givenchy et un étonnant exercice sur le thème de l’arbre. Lire la suite