Une bonne idée par jour : Arte.tv

Une offre très riche de documentaires, de séries, de classiques du cinéma

Netflix, OCS, Disney +, Canal +, toutes ces plateformes sont alléchantes pour occuper son temps libre pendant le confinement mais elles sont payantes. Si l’on veut suivre aussi bien Le bureau des légendes que Succession, Years and Years ou Unorthodox (autant d’excellentes séries que je recommande chaudement), ça commence à faire un sacré budget. Il existe pourtant une façon de se divertir et de s’instruire sans bourse délier, c’est de suivre la programmation d’Arte.tv. Le week-end dernier, je me suis fait un marathon Éric Rohmer (Ma nuit chez Maud, Le genou de Claire, La Collectionneuse) et j’ai avalé la série Dérapages (pleine d’incohérences mais quand même prenante). L’offre de documentaires est passionnante et les programmes sur le voyage permettent de s’évader sans sortir de chez soi. Tout cela ne coûte pas plus cher que le montant de la redevance! Il faut se féliciter d’avoir une offre d’une telle qualité à disposition face aux mastodontes américains.

Une bonne idée par jour : réduire la pollution numérique

Mon bureau de confinement (photo P.C.)

On incrimine beaucoup le voyage en avion dans le réchauffement climatique, et le confinement actuel est une bonne nouvelle pour le climat, mais la pollution numérique est encore plus dommageable : elle représente 4% des émissions de carbone dans le monde, et l’avion 2,8% (voir ce guide de l’Ademe). Je l’ai appris lors d’une conférence organisée par la société Fabernovel en février dernier (l’heureux temps où l’on pouvait encore participer à des conférences de presse). La croissance du cloud en particulier (+21% par an depuis dix ans) se traduit par le stockage des données dans des serveurs géants qu’il faut refroidir. Un mail avec pièce jointe d’1Mo correspond à l’énergie consommée par une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes. Le développement du streaming, les Netflix, Amazon, OCS, Disney + qui remplissent nos journées actuellement, participe de cette débauche d’énergie. Sans compter le coût écologique et social de l’exploitation des minerais qui entrent dans la composition des téléphones portables. C’est une pollution invisible, immatérielle, indolore à première vue, et pourtant bien réelle et intimement liée à nos modes de vie.

Selon Fabernovel, les Gafams (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) sont conscients de cet impact et mènent des programmes de réduction de leur empreinte carbone. Apple, qui fabrique des téléphones, travaille avec ses fournisseurs pour favoriser l’utilisation d’énergies renouvelables. Microsoft s’est fixé l’objectif d’être négatif en carbone à l’horizon 2030, c’est-à-dire aller plus loin que la neutralité carbone ou la compensation.

Ce sont des engagements qui ont du poids, mais ces technologies ont aussi pour stratégie de nous inciter à rester le plus longtemps possible sur leurs services, pour engranger de l’audience, des données et des achats. C’est à nous consommateurs d’agir en étant conscients de l’emprise du numérique sur nos vies. Avons-nous besoin d’être connectés à tout instant, d’envoyer autant de mails, de stocker autant de données? Orange donne des conseils très utiles pour un usage raisonné du digital sur son site mais on peut aller plus loin en privilégiant des activités non polluantes. Lire un livre par exemple, qui ne se clique pas, ne nécessite pas d’électricité pour fonctionner, ne consomme pas plus d’énergie que celle qui a été nécessaire à sa production. Une bonne activité de confinement, aussi.

Une bonne idée par jour : The Circle sur Netflix

The Circle est le programme parfait pour se changer les idées en confinement. C’est une téléréalité dont le principe rappelle notre condition actuelle : des candidats sont enfermés chacun dans un appartement, ils ne peuvent pas voir les autres participants, et communiquent par le biais d’un écran en s’envoyant des messages, des émojis, des photos. Différentes épreuves permettent d’en savoir plus sur les personnalités, des alliances se créent, voire des romances, mais aussi des « clash ». À intervalle régulier, les candidats sont invités à classer leurs concurrents par ordre de préférence et le moins populaire (ou le plus dangereux) est éliminé.

Là où ça se corse, c’est que les joueurs ne sont pas forcément ce qu’ils annoncent sur leur profil : ce peut être un homme qui prétend être une femme, deux femmes qui jouent un homme, deux hommes qui se font passer pour une femme etc. Quiproquos à gogo! Perversité supplémentaire, les règles du jeu sont susceptibles de changer à tout moment, ce qui redistribue les cartes.

On suit les stratégies de chacun, les retournements d’alliances, les dilemmes des candidats, dans un esprit beaucoup plus bon enfant que Koh Lanta. Ça reste un jeu même s’il y a 100 000 euros à la clé pour le vainqueur. C’est divertissant, rythmé, très drôle, complètement addictif, assez cliché, totalement superficiel mais qu’est-ce que ça fait du bien! Et le final est incroyable.

Je ne sais pas si les créateurs de The Circle ont pensé au livre du même nom de Dave Eggers paru en 2013. C’est un très grand roman sur l’emprise des Facebook et Google sur nos vies. Une excellente lecture de confinement aussi!

Une bonne idée par jour : Pandemic sur Netflix

Une série sur les pandémies actuellement? J’admets qu’il faut être masochiste pour s’infliger un tel programme et que l’on peut préférer se repasser Love Actually. Mais on peut aussi être en quête d’information sur les événements en cours et j’ai tendance à penser que l’on a moins peur de ce que l’on comprend.

La série documentaire américaine Pandemic sur Netflix n’apprendra rien aux spécialistes de virologie. Pour les profanes, elle pose des chiffres et des visages sur des termes que l’on croit connaître : Sras, Mers, H1N1, grippe aviaire, Ebola… Le programme suit plusieurs acteurs sur le front de la lutte contre les virus : la seule médecin d’un hôpital de campagne en Oklahoma confrontée à une épidémie de grippe; un médecin dans un hôpital de Jaipur en Inde face au H1N1; une spécialiste en épidémiologie qui travaille à des simulations de crise sanitaire à New York; un médecin de l’OMS qui suit la progression du virus Ebola en République démocratique du Congo; de jeunes chercheurs sur la piste d’un vaccin universel; des familles anti-vaccins…

La série a le parti-pris un peu étrange de s’attarder sur les pratiques religieuses des protagonistes, alors qu’en France la foi est considérée comme une affaire privée. Mais le fond reste pédagogique et assez prémonitoire. Une suite est prévue…

Plus que jamais, luttons contre le tabou des règles

Depuis que j’ai écrit un article sur la fin du tabou des règles dans Le Journal du dimanche, j’aurais de quoi recommencer l’enquête tant l’actualité s’emballe sur ce sujet -et c’est tant mieux. Il y a le documentaire sur Netflix « Period. End of sentence » sur l’arrivée d’une machine à fabriquer des serviettes hygiéniques dans des villages indiens où les jeunes filles sont frappées de honte et obligées de se cacher lorsqu’elles ont leurs règles. Voir leurs sourires lorsqu’elles tiennent entre leurs mains ces protections bon marché n’a pas de prix.

 

Il y a eu la campagne puissante de Care sur le même thème, qui dénonce la déscolarisation des filles lorsqu’elles sont pubères, parfois simplement à cause de l’absence de toilettes séparées ou de l’accès à des protections hygiéniques (agence CLM BBDO).

 

Chez nous, il y a une floraison de start ups autour des nouvelles protections comme les box sur abonnement (Jho, MyHoly, Gina, Fava…), les coupes menstruelles (Luneale, Meluna, Be’Cup, Lamazuna…), des culottes absorbantes (Blooming, Smoon, Fempo…). J’ai même vu un communiqué sur des protections hygiéniques en soie bio chez PliM. Une nouveauté qui correspond aussi à la tendance du zéro déchet, un peu comme les couches lavables mais de façon moins contraignante (quelques jours par mois vs tous les jours!).

On parle de plus en plus des règles, des maladies comme l’endométriose, peut-être même qu’un jour la ménopause ne sera plus synonyme de mise au ban de la féminité. On parle moins des femmes précaires ou sans abri qui doivent se battre pour se nourrir et se loger chaque jour -mais comment font-elles lorsqu’elles ont leurs règles? J’étais récemment aux Grands Voisins à la soirée de l’association Règles Élémentaires qui collecte des serviettes et tampons. Il faut soutenir cette initiative qui met en évidence une précarité dont on n’a pas forcément conscience et qui s’engage aussi « à briser le tabou des menstruations ». Girl power!