Design, cosmétiques, management, résumé des épisodes précédents

Les cosmétiques noirs dans le Journal du dimanche

Les masques et crèmes de couleur noire sont une tendance de fond du monde des cosmétiques. Appréciés pour leur aspect spectaculaire, ils sont les stars de Youtube et Instagram, parfois à l’excès avec des produits non homologués épinglés par la Febea (Fédération des entreprises de la beauté). La couleur correspond au charbon végétal qu’ils contiennent, aux vertus assainissantes. Je décris cette tendance dans le Journal du dimanche du 5 novembre.

 

Dans les coulisses du Peugeot Design Lab

Design fax est une newsletter hebdomadaire pour la communauté des designers. J’y contribue une fois par mois, en alternance avec trois autres journalistes. Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion d’interviewer le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris sur ses actions en faveur du design, de faire le portrait de la jeune société de mobilier Versant Édition, et de visiter le Peugeot Design Lab, le studio de design hors automobile du constructeur. En quelques années, cette agence est devenue une référence dans le monde des transports, avec des réalisations pour Alstom, Airbus, et un vélo pliant qui lui a donné du fil à retordre. Article paru le 9 octobre.

 

Achiever Awards du CEW

Pour le magazine BW Confidential, j’ai réalisé les portraits des lauréats des Achiever Awards du CEW, réseau à la fois professionnel et caritatif du secteur de la beauté. L’occasion de découvrir l’itinéraire étonnant d’Elise Boghossian, acupuntrice à Paris qui part une fois par mois soulager les réfugiés d’Irak. Et d’interroger Françoise Montenay, l’opiniâtre présidente du CEW dont l’action permet d’apporter du bien-être aux malades du cancer. À feuilleter ici le « flipbook » distribué en version papier lors de la remise des prix le 6 novembre.

Le nez des designers

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Nez, la revue olfactive, en est déjà à son numéro 4 (revoir ici mes précédents articles). En complément du dossier spécial sur parfum et art, j’ai interrogé six designers français sur leur rapport aux senteurs : Philippe Starck, Matali Crasset, India Mahdavi, Jean-Sébastien Blanc des 5.5, Élise Fouin, Ionna Vautrin. D’autres seront publiés sur le site, à commencer par Noé Duchaufour-Lawrance.

Sujets management pour Stratégies

Pour Stratégies, j’ai traité deux sujets d’actualité dans les ressources humaines : les shadow comex (article paru le 10 octobre) et le recrutement prédictif. Le premier concerne la création de comités de direction alternatifs pour faire entendre la voix des « millennials » dans les prises de décision.  Accor, Orange, Carrefour, Havas Media ont sauté le pas. J’ai recueilli leurs témoignages ainsi que l’éclairage du consultant Édouard Tessier du cabinet Anakao.

Le recrutement prédictif consiste à utiliser les algorithmes et l’intelligence artificielle pour recruter les meilleurs candidats dans des postes difficiles à pourvoir, non seulement en fonction de leurs compétences mais aussi du meilleur moment pour les contacter. Des robots pour remplacer les DRH? Les experts s’en défendent et font valoir au contraire une élimination des tâches répétitives au profit du contact humain. L’article est paru le 30 novembre (réservé aux abonnés les premières semaines).

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Les bonnes idées de la semaine #8 : spécial Noël

Parfums de créateurs

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Close up d’Olfactive Studio et Ella d’Arquiste, deux coups de coeur parfumés de l’année – photos P.C.

« Quand il n’y a plus rien, il n’y a que le superflu qui compte ». Je pique cette phrase à une interview de Jane Birkin parue dans Grazia la semaine dernière. Elle-même la tenait de sa mère qui, lors des bombardements sur Londres pendant la Seconde guerre mondiale, a emporté avec elle son parfum plutôt que des produits de première nécessité. Je suis persuadée de la justesse de cette phrase, et je pense aussi à mon amie Charlotte, auteure de On ne meurt pas comme ça sur son combat contre le cancer, qui choisissait avec soin son vernis à ongles pour ses séances de chimio. « Ces parures sont mon armure », écrit-elle.

Alors que Noël est la période du consumérisme et des excès en tout genre, je m’appuie sur cette philosophie pour mettre en avant des parfumeurs indépendants, créateurs passionnés hors des circuits traditionnels, qui racontent des histoires sans dépenser des millions d’euros en publicité. Big up à Céline Verleure, une ancienne de L’Oréal qui a lancé sa marque Olfactive Studio par crowdsourcing et qui vient de sortir un nouveau flacon exclusif pour éviter la contrefaçon. Son dernier opus Close up est un boisé fruité (patchouli-griotte) sur fond ambré. Un vrai parfum mixte créé par Annick Menardo (le « nez » de Lolita Lempicka) à partir d’une photo de Suren Manvelyan, selon le concept d’Olfactive Studio qui se retrouve dans le design du flacon évoquant une lentille d’appareil photo.

Gros coup de coeur aussi pour El et Ella d’Arquiste, deux cocktails évoquant des soirées endiablées à Acapulco. Le féminin est sexy avec un coeur de rose turque mais le masculin est presque plus sensuel avec ses herbes aromatiques sur fond de civette et castoréum qui le fait tenir sur la peau comme une chaleur moite. Les deux sont portables indifféremment par les hommes et par les femmes. Arquiste est un projet porté par Carlos Huber, un architecte mexicain qui s’entoure de parfumeurs chevronnés pour recréer des ambiances olfactives -ici, la fin des années 70 avec Rodrigo Flores Roux.

J’ai déjà parlé ici de Pour Toujours, la collection de Martine Denisot basée sur des souvenirs d’enfance. Boule de gomme, Graines, Tudo Bem! ou Bootylicious, chacun trouvera le parfum qui lui convient dans cette série qui revisite aussi les différents registres de la parfumerie, sucré, végétal, fruité ou frais…

Je reviendrai bientôt sur le lancement de la marque de Jean-Michel Duriez, ancien parfumeur de Rochas mais les Parisiens peuvent déjà lui rendre visite dans sa boutique éphémère de la Galerie Vivienne. Il y est jusqu’au 3 janvier pour présenter sa nouvelle création L’étoile et le papillon avant d’arriver en parfumeries en février 2017. Une jolie idée de cadeau en avant-première.

Nez, la revue olfactive

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La couverture de Nez n°2 est assortie à ma déco!

J’en ai tellement parlé que ça devient lassant mais ce bel objet vendu en librairies et en parfumeries indépendantes est un cadeau universel tant le sens olfactif nous concerne tous. C’est la garantie de ravir les yeux et l’esprit avec des articles érudits richement illustrés. Le deuxième numéro au prix modique de 19,90 euros explore les mauvaises odeurs et surtout leur relativité, avec notamment une interview des historiens Alain Corbin et Georges Vigarello. Sentir, c’est intello!

 

Passion céramiques

Rien à voir, mais il n’y a pas que le parfum dans la vie. Mon voyage au Japon l’été dernier m’a donné le goût de la céramique artisanale, comme ces petits gobelets dans lesquels on boit le thé vert brûlant à petites gorgées. Mon amie Laetitia Perrin alias Pinpin Céramiques Paris en conçoit de très belles dans son atelier du 11e arrondissement. On peut la retrouver régulièrement dans des ventes privées en suivant son compte Instagram. Dans un autre style, Laurette Broll, découverte au dernier salon Paris Design Week, crée des vases très délicats aux couleurs pastel. Elle expose actuellement aux Ateliers de Paris parmi d’autres artisans de la capitale. Pour ne pas consommer idiot ce Noël, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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Couleurs et formes délicates des céramiques de Laurette Broll, à « shopper » aux Ateliers de Paris

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J’ai adopté les gobelets de Pinpin Céramiques Paris pour mon thé japonais

Huttopia, Devialet, Canderel et les autres

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Le camping de Paris, secret bien gardé de la capitale, aménagé par Huttopia – photos P.C.

Je profite d’une pause entre deux semaines sur les chapeaux de roues pour faire le point sur mes dernières parutions.

Cet été, l’actualité économique ne s’est pas arrêtée dans Le journal du dimanche avec un portrait du spécialiste du camping (pardon, de l’hôtellerie de plein air) Huttopia, qui promeut un tourisme respectueux de l’environnement. Un petit acteur (28,5 millions d’euros de chiffre d’affaires) prometteur qui a remporté la concession du camping de Paris au bois de Boulogne et vient de s’implanter aux Etats-Unis.

img_2358-3Devialet, le spécialiste français du son aux enceintes ultra-design m’a présenté ses ambitions dans le domaine de l’automobile et de la télévision. La start-up a musclé son management cet été pour répondre aux attentes de ses actionnaires majoritaires, le quatuor Arnault-Granjon-Niel-Simoncini.

Entre bon sens économique et tendance sociétale, plusieurs enseignes pratiquent le recyclage de produits dans leurs propres magasins : Marionnaud récupère les tubes et flacons usagés depuis avril dernier, Alinea reprend les vieux meubles pour l’achat d’un nouveau, H&M incite ses clients à ramener les vêtements qu’ils ne portent plus. Des pratiques vertueuses avec contreparties puisque les acheteurs reçoivent des bons d’achat pour leurs gestes, et qui n’ont de sens que si les produits réduisent leurs quantité d’emballage ou intègrent des matériaux recyclés à la source.

Pour Le journal du dimanche, j’ai également couvert l’inauguration de la première boutique L’Oréal Paris dédiée au maquillage, en pleine Fashion Week, et expliqué la tendance des marques qui revisitent leurs classiques de parfums à l’occasion du lancement de Chanel N°5 L’Eau.

Pour Stratégies, j’ai signé un article sur le nouvel hippodrome de Longchamp qui ouvrira ses portes en septembre 2017 et qui a choisi l’agence Matador pour mettre en scène sa nouvelle image. Le lieu géré par France Galop veut être une destination de loisirs pour attirer le public toute l’année et pas seulement lors des grandes courses comme Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (60000 spectateurs).

Dans Stratégies aussi, la saga publicitaire Canderel m’a permis de me replonger dans les archives des Parisiennes de Kiraz légendées par Frédéric Beigbeder, pour qui « si toutes les campagnes de publicité ressemblaient à celle-ci, le monde serait nettement plus vivable, car moins laid ».

Un sujet qui m’a passionnée, publié dans Pharmacien Manager de septembre : comment les laboratoires développent des produits cosmétiques pour les malades du cancer. Un domaine dans lequel les pharmaciens sont en première ligne car les oncologues n’ont souvent pas le temps de gérer les effets secondaires dermatologiques des traitements. L’occasion aussi d’interroger Charlotte Fouilleron, ma camarade de promo du CFJ, auteur d’un très beau témoignage, On ne meurt pas comme ça (éditions Max Milo et chez Pocket depuis ce mois-ci).

img_2538Nez numéro 2 sort le 20 octobre en librairies et en parfumeries indépendantes. Cette magnifique revue dédiée au sens de l’odorat a réussi son pari avec une réimpression du premier numéro et encore plein d’ambitions pour la suite. Je signe une enquête sur l’innovation dans la parfumerie, une industrie profondément conservatrice soumise aux tests consommateurs.

Et toujours Design fax, l’hebdomadaire des professionnels du design. A la une cette semaine, après le scandale des Galaxy Note 7 explosifs, le design peut-il sauver Samsung?

Bilan de Milan

FullSizeRender-3Le 31 mars dernier, Nez la revue olfactive, le projet éditorial auquel j’ai le plaisir de participer, m’a emmenée dans ses bagages au salon de la parfumerie Esxence à Milan. Le 1er avril, j’animais une table ronde sur le thème de l’avenir de la parfumerie de niche en France, en complément de l’article que je consacre au même sujet dans le premier numéro de Nez.

Pour ma première visite à Milan, et a fortiori au salon Esxence, je suis revenue avec une flopée de contacts et d’expériences qui nourrissent ma connaissance du monde du parfum. Olfactivement, Esxence n’a pas totalement tenu ses promesses. Nous sommes nombreux à constater que sur les quelque 200 exposants, il y a eu peu de découvertes majeures. Beaucoup de concepts, de collections autour d’un thème, qui se contentent de décliner les grandes familles olfactives -hespéridé, boisé, ambré, fleuri, chypre…

J’ai rencontré Marjorie Olibère, fondatrice de la marque Olibere, conçue autour de sa passion pour le cinéma. Les parfums, créés par Bertrand Duchaufour et Flair, revisitent les thèmes classiques du grand écran (le voyage, l’amour, le mystère), les flacons sont en forme de caméra super 8, la phrase « To be continued » est inscrite dans les boîtes et Marjorie sponsorise le festival de cinéma de Milan avec un concours de court-métrage. La jeune femme a de l’ambition et l’envie d’aller loin. C’est tout ce que je lui souhaite.

Dans une inspiration proche, Audrey Courbier, une ancienne d’Estée Lauder, a créé cinq parfums sur le thème des coulisses (de tournage, de séance photo, de défilé…). La collection Making Of Cannes fait escale à Paris, New York, la Côte d’Azur. Un concept qui plaît à l’étranger mais qui reste très cliché et pas renversant sur le plan olfactif.

J’ai aussi noté une marque de parfum Gustave Eiffel, mais je n’ai pas cherché à aller au-delà des flacons pseudo-industriels et des jus colorés exposés sur le stand. Je doute d’être passée à côté d’une grande innovation créative, un comble quand on se réclame d’un tel visionnaire.

Finalement, les plus jolies créations sont venues de marques déjà connues, comme Adjatay de The Different Company, l’évocation d’une tubéreuse persistante dans une sacoche en cuir. J’ai du mal avec l’odeur de tubéreuse, souvent trop écoeurante à mon goût, mais celle-ci est chaude, sensuelle, relevée d’ylang ylang (création d’Alexandra Monet de Drom). Chez Etat libre d’orange, Hermann à mes côtés me paraissait une ombre cite un vers des Contemplations de Victor Hugo avec des notes de terre et de bois vert (Quentin Bisch, Givaudan). Still Life in Rio d’Olfactive Studio retranscrit l’odeur du sable chaud du Brésil avec une pointe d’eau de coco (Dora Baghriche, Firmenich). La créatrice de la marque, Céline Verleure, va lancer une campagne de financement participatif pour développer un nouveau flacon exclusif, le standard utilisé actuellement étant trop facile à copier.

Sur le salon, j’ai aussi rencontré Alexandra Cubizolles d’Une nuit à Bali, marque née autour de produits pour le corps qui ajoute de nouveaux parfums à sa collection, en attendant de développer de nouvelles destinations. Sur le stand d’à côté, le pharmacien/musicien Michael Partouche de Room 1015 présentait sa dernière création avec le studio Flair, Power Ballad, référence aux slows ravageurs des groupes de hard rock de son adolescence (photos ci-dessus, dans le sens des aiguilles d’une montre).

IMG_0717Mais la niche se niche aussi là où on ne l’attend pas. Une des marques les plus vendues dans les parfumeries spécialisées, Alexandre J, allie sans retenue les couleurs vives et le doré, avec des jus de bonne facture (signés Flair encore) et des packagings clinquants qui plaisent autant à une clientèle française qu’étrangère. On n’en parlera certainement pas dans Nez. Mais aux côtés des nombreuses marques du Moyen-Orient consacrées au oud dans les travées d’Esxence, c’est aussi une réalité de la niche.

 

NB. Depuis son lancement en librairies et en parfumeries indépendantes le 14 avril, Nez fait un carton! La revue a été réimprimée et les retombées presse sont impressionnantes. Elle, Stylist, Le journal du dimanche, Les Inrocks, L’Obs, Stratégies, Les Echos, BFM, TF1, Télématin, ils ont tous parlé de nous. Quant à France Inter, ils nous adorent : la journaliste Dorothée Barba a consacré une chronique à mon article le 20 avril, Patrick Cohen a salué cette « formidable revue » dans la matinale la plus écoutée de France le 21 et l’émission scientifique La tête au carré a invité la rédactrice en chef Jeanne Doré et le chimiste Olivier Pierre David le 22. Fière je suis de faire partie de cette aventure!

 

Nez prend forme, mon portrait parfumé, bientôt Milan

Nez la revue olfactive, la nouvelle revue à laquelle je participe, prend forme… Elle est déjà en vente à cette adresse, avant son arrivée en librairies le 14 avril. La une est toute en typo et découpage, une image intrigante comme le projet, celui de faire un bel objet dédié au sens de l’odorat où la vue, le toucher, l’intellect sont aussi sollicités. Le goût restera abstrait, bien que l’on retrouvera une interview d’Alain Passard. Quant à l’ouïe, peut-être le glissement du papier sous les doigts…?

 

Pour accompagner le lancement, Sarah Bouasse, la rédaction en chef adjointe, a tiré le portrait de certains collaborateurs sur son blog Flair Flair. Après Delphine de Swardt, spécialiste en mots du parfum, Olivier David, chimiste, elle m’a demandé de lui confier mon rapport aux odeurs. Un exercice amusant pour moi qui ai plutôt l’habitude de faire parler les autres. Elle a retranscrit fidèlement mes propos dans ce qui ressemble à un portrait chinois : si j’étais un parfum, je serais sans doute Eau de Rochas, avec un fond de savon de Marseille et d’herbe sèche. Les senteurs d’enfance sont celles qui restent.

J’ai le plaisir de filer à Milan en fin de semaine pour animer une table ronde sur le thème de l’article que je signe dans Nez : quel avenir pour la parfumerie de niche en France? Ce sera dans le cadre du salon Esxence consacré à la parfumerie artistique.

Les bonnes idées de la semaine #5

Pas de date de parution attitrée pour cette chronique, je publie au gré de mes découvertes. Cette semaine j’ai aimé Ai Weiwei au Bon Marché, le blog A la recherche du pain perdu et le film L’odorat.

Ai Weiwei au Bon Marché

J’admire beaucoup l’oeuvre d’Ai Weiwei, artiste engagé, révolté, assigné à résidence. Je me souviens de sa caméra de surveillance en marbre à la Collection Lambert, dans le cadre carcéral de la prison Saint-Anne à Avignon. Le Bon Marché à Paris lui a commandé une série d’oeuvres exclusives, structures de bambou et de soie représentant des personnages de contes chinois. Les créatures sont suspendues au-dessus de l’espace beauté du grand magasin et c’est drôle de voir un buffle ou un cochon tendre leur museau ou leur postérieur sur les enseignes chics de Serge Lutens ou Carita. Un dragon géant, qui n’a pas la connotation négative des fables occidentales, se déploie en rez-de-chaussée.

Les touristes chinois ne seront pas offusqués par cette installation qui rend hommage à l’artisanat d’art chinois, même si Ai Weiwei a confié vouloir dénoncer la censure pratiquée par la Révolution culturelle contre les traditions ancestrales. A l’issue de l’exposition, les oeuvres rejoindront Berlin, où l’artiste réside désormais, à l’exception d’une seule qui restera la propriété du Bon Marché.

IMG_0489Lors du vernissage de l’exposition, le 18 janvier, Le Bon Marché avait organisé une soirée féérique baignée dans la brume au son de Chopin joué par une pianiste. Ai Weiwei était présent et se prêtait volontiers aux selfies avec les invités. Je me suis tenue à l’écart de l’exercice, chacun ayant à coeur de publier sur les réseaux sociaux sa photo avec l’artiste-people du moment. Je préfèrerais l’interviewer ou passer du temps dans son atelier plutôt que d’échanger trois mots dans une soirée mondaine, mais je reconnais avoir été émue de le voir « en vrai » comme j’aimerais approcher Anish Kapoor ou Christian Boltanski.

Un grand magasin de luxe qui pratique le mécénat d’art contemporain, faut-il s’en réjouir ou le regretter? Nul doute que l’opération attirera des touristes étrangers amateurs d’art, déjà dans la cible du Bon Marché, mais rien n’empêche les visiteurs d’admirer les oeuvres sans acheter, d’autant que les vitrines accueillent aussi l’artiste jusqu’au 20 février. Quand l’art est dans la rue, il n’y a pas d’excuse pour ne pas passer le voir!

Exposition Er Xi, Air de jeux, jusqu’au 20 février au Bon Marché Rive Gauche, 24 rue de Sèvres 75007 Paris.

Le blog A la recherche du pain perdu

C’est le meilleur nom de blog que je connaisse et il annonce bien la couleur : parler à la fois de cuisine et de voyages, deux de mes passions. Je l’ai découvert au hasard d’un fil de commentaires sur Instagram et je suis sous le charme de ses photos qui donnent l’eau à la bouche et l’envie de préparer sa valise illico. Fabienne, son auteur, est d’origine chinoise et connaît bien l’Asie. Comme moi, elle est freelance, vit à Paris, a vécu à Glasgow, ce qui explique peut-être pourquoi je suis sensible à son oeil et à sa plume. Ses bonnes adresses à Paris sont dignes de confiance et ses visites hors des sentiers battus comme dans le quartier musulman de Xi’An valent le détour. Un blog à déguster tout chaud!

Le documentaire L’Odorat

J’ai déjà parlé ici de la nouvelle revue Nez qui paraîtra en avril et à laquelle j’ai le plaisir de collaborer. Encore virtuelle, elle est déjà partenaire d’une sortie de film, le documentaire L’Odorat (Jupiter Films) qui sera sur les écrans le 10 février. J’ai pu assister à une avant-première et pour tout dire, j’en suis sortie avec des impressions mitigées. J’ai trouvé la narration assez décousue. Le réalisateur canadien Kim Nguyen (nommé aux Oscars pour son film de fiction Rebelle) dévie vers l’anecdotique lorsqu’il crée un faux suspense autour de l’ambre gris, ou lorsqu’il donne trop d’importance aux élucubrations du « parfumeur mystique » Guido Lenssen. Il ne manque pourtant pas d’interlocuteurs passionnants, le chef Olivier Roellinger (que l’on aimerait voir aux fourneaux plutôt qu’à son bureau), la spécialiste du thé Yu Hui Tseng ou le sommelier François Chartier. J’ai apprécié aussi le témoignage de la journaliste Molly Birnbaum sur son expérience d’anosmie. Mais comme s’il ne croyait pas suffisamment à son sujet (difficile en effet d’évoquer les odeurs sur un écran), le réalisateur se croit obligé de céder à certaines facilités racoleuses, jusqu’à la scène finale qui frôle le voyeurisme.

Bref, je n’ai pas été entièrement convaincue mais je salue tout de même l’initiative de faire connaître au grand public un sens négligé et des matières premières fascinantes (ambre gris, truffe blanche, safran…). Exactement l’ambition de Nez la revue!

Les bonnes idées de la semaine #3

Demain, un film de solutions

Réchauffement climatique, pollution, surpopulation, l’humanité va à sa perte si rien n’est fait d’ici 20 ans. Pour aller au-delà des études catastrophistes, l’auteur du film Demain Cyril Dion a donné la parole à des individus qui agissent à leur niveau : des jardiniers urbains à Détroit, des agriculteurs qui cultivent en permaculture en Normandie, des commerçants qui utilisent de la monnaie locale à Bristol, des éboueurs-recycleurs à San Francisco, des citoyens qui font plier les banques à Reykjavik, un proviseur bienveillant à Helsinki…

On prend beaucoup l’avion et la voiture dans ce film écolo, coréalisé avec Mélanie Laurent qui abuse un peu du regard vague à travers le pare-brise. Mais nul cynisme dans cette entreprise, l’objectif est atteint de montrer des initiatives qui fonctionnent et qui peuvent faire école, à l’image du système éducatif en Finlande. Comme dans la fable du colibri de Pierre Rabhi (qui intervient aussi dans le film), chacun peut prendre sa part, et on sort de la projection gonflé à bloc.

Demain le film, en salles depuis le 2 décembre. Egalement en livre chez Actes Sud.

On ne meurt pas comme ça

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Charlotte a la trentaine, une vie bien remplie, des amies, un métier qui la passionne. Il lui manque le grand amour mais elle est bien décidée à le trouver. Elle cherchait l’amour, elle a trouvé le cancer. Ce n’était pas prévu au programme. Avec la force de vie qui la caractérise, Charlotte va se lancer dans la bataille contre la maladie. Son récit n’élude rien de la souffrance physique et morale, des moments de désespoir et de solitude, de la maladresse des proches. Mais aussi du soutien indéfectible de sa mère qui lance comme un cri du coeur « On ne meurt pas comme ça! ». Et de la coquetterie de la jeune femme qui accompagne ses rendez-vous à l’hôpital de teintes de vernis OPI : Lucky Lucky Lavender pour porter chance, Vodka & Caviar pour subir une chimiothérapie, Siberian Nights pour fêter son anniversaire…

Ce n’est pas exactement un conte de Noël mais on peut dire qu’il finit bien puisque Charlotte Fouilleron, l’auteur, est là pour témoigner que oui, on survit au cancer, en restant féminine, en continuant à sortir et en se découvrant des capacités insoupçonnées dans l’épreuve. Journaliste avec un vrai talent d’écriture, la jeune femme mêle habilement expérience personnelle et emprunts à la chick lit dans sa quête de l’amour qui, sans trop en dévoiler, sera aussi récompensée.

On ne meut pas comme ça est paru cette année chez Max Milo.

Nez, la revue olfactive

Je peux en parler puisque le projet commence à prendre forme et que le pot de bouclage a eu lieu! Nez est une nouvelle revue qui paraîtra en avril 2016 sous l’égide des éditions Le Contrepoint et du site Auparfum. Les premières éditent déjà la revue Omnivore consacrée à la gastronomie et vont décliner le concept sur le thème de l’olfaction, avec la part belle donnée à l’illustration. Le second fédère une communauté de passionnés de parfums, et souhaite passer du virtuel au réel à travers un bel objet riche en contenu. Le premier numéro de Nez traitera des odeurs sous des angles scientifiques, historiques, économiques, critiques… et sentira bon! Une innovation éditoriale à laquelle je suis fière de participer.

Pour en savoir plus sur le projet, le site internet est en ligne et une campagne de crowdfunding démarrera en janvier.