Une bonne idée par jour : voyager en France

Le compte Instagram Atterrissage promeut les alternatives au voyage en avion

Alors que l’on essaie de saisir les contours de la vie après le confinement strict, il paraît clair que les voyages lointains ne seront pas au programme pendant un bon moment. Les vacances s’il y en a cette année auront lieu en France et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Le tourisme de masse nous a habitués (pour 20% des Terriens qui en ont les moyens) à partir à l’autre bout du monde pour un budget souvent moins élevé que si nous étions restés chez nous, encourageant un mode de vie polluant et une approche consumériste du voyage. On peut connaître la Thaïlande et Bali et n’avoir jamais mis les pieds en Lozère ou en Ariège. Et pourtant il y a en Bretagne, en Auvergne ou dans les Pyrénées des paysages qui valent bien des panoramas exotiques. Et de même que l’on peut choisir d’acheter un produit français plutôt que son alternative moins chère made in China, on peut aussi avoir une approche plus raisonnée du voyage en allant à la redécouverte des beautés locales. Ce n’est pas du repli sur soi, c’est juste un ralentissement indispensable pour la planète qui peut être consenti plutôt que contraint.

Le compte Atterrissage sur Instagram met en avant des régions de France qui font rêver comme les calanques de Marseille, le lac du Salagou, les gorges du Verdon ou une piste cyclable dans les Ardennes. Il fait la démonstration que l’on peut se dépayser sans monter dans un long courrier. Le mouvement flygskam, la honte de prendre l’avion, va certainement prendre de l’ampleur après la crise sanitaire. Et grâce au train, on peut explorer de nombreux pays d’Europe pour un bilan carbone modéré.

L’exemple des moines

En août 2018 j’étais dans le massif de Chartreuse en Isère pour un reportage sur la célèbre liqueur paru dans Le Journal du dimanche. La chartreuse est une liqueur verte à base de plantes aromatiques toujours fabriquée par des moines chartreux qui en gardent jalousement la recette. À cette occasion, j’ai eu un aperçu de leur mode de vie, même si leur monastère ne se visite pas. Leur expérience a des similitudes avec ce que vivent actuellement les personnes isolées en confinement.

Les moines parlent très peu. Ils ont un emploi du temps très codifié rythmé par les prières, des lectures et des tâches dédiées à la communauté comme le jardinage. Puisqu’ils sortent rarement et font peu d’efforts physiques, ils mangent léger. Leur lien avec le monde extérieur se résume aux visites de leur famille, avec qui ils font des promenades dans la forêt voisine. Seuls les moines chargés de la fabrication de la chartreuse sortent du monastère pour surveiller la distillation.

Retirés du monde, les moines sont en pause toute l’année, et nous pour la première fois de notre vie peut-être. Même les bars qui servent leur liqueur en cocktail ont fermé. Sans être croyant, on peut suivre leur exemple et rythmer nos journées de méditations apaisantes. D’autant que s’isoler par choix ne signifie pas « se laver les mains » du monde extérieur. Chartreuse Diffusion, la société qui produit la liqueur, fait partie des distillateurs qui ont offert de l’alcool pour la fabrication de gels hydroalcooliques.