Les slippers ne pantouflent pas

Le plat, c’est le nouveau stiletto. C’est du moins ce dont veulent nous convaincre les marques de slippers, ces chaussons d’intérieur qui sortent dans la rue. Et d’abord la plus sautillante d’entre elles, Chatelles. Son fondateur, François du Chastel, aime à raconter qu’il avait offert une paire de chaussures plates à une jeune fille, qui a accepté le cadeau avec enthousiasme et l’a planté là (la rumeur ajoute que la belle s’appelait Pippa Middleton, car le garçon travaillait dans la finance à Londres, mais c’est peut-être pousser le storytelling un peu loin).

Portrait François du Chastel avec slippers 081015

François du Chastel, un banquier sachant chausser – photo Chatelles

Quoi qu’il en soit, le banquier a vu là une opportunité de business, et a lancé sa propre marque de souliers confortables et tendance. « Non à la dictature des talons et non à la banalité des ballerines, affirme-t-il. Les femmes ne devraient pas souffrir pour être élégantes, désirables et remarquées. » On pourrait objecter que le plat sied surtout aux jambes longues et fines, et que le talon a l’avantage d’allonger la silhouette. La marque répond design et style avec des motifs pailletés, écailles ou léopard. Elle revendique une fabrication made in Europe avec une inspiration anglaise, une création française, des cuirs italiens et un façonnage au Portugal.

Ce mois-ci, Chatelles s’associe avec La Maison du Chocolat pour la création d’un modèle en cuir verni façon chocolat fondu. Jusqu’en février 2016, les acheteuses pourront retirer une boîte de chocolats à la boutique La Maison du Chocolat du 19 rue de Sèvres Paris 7e. Chatelles se trouve au 94 rue du Bac, prix 190 euros (merci à la RP de choc Yaël pour les infos, les photos et les chocos!).

Toute jeune maison fondée en juin 2014 par la styliste Alexia Aubert, Solovière se positionne sur le chic parisien : des lignes classiques, intemporelles, faites pour arpenter la ville et qui s’adaptent à un vestiaire masculin ou féminin. En septembre, elle a lancé au Bon Marché une collection capsule sur le thème Crazy Animal, avec un imprimé léopard. Le prix est plus élevé, 295 euros, justifié par une fabrication en Italie.

Alors que Repetto a déjà prouvé que le plat pouvait avoir du relief, n’oublions pas que Christian Louboutin, le roi du stiletto, propose aussi des ballerines, toujours avec la fameuse semelle rouge. Et si l’on veut tricher, on peut aussi arborer des talons de 12 au bureau et enfiler des chaussures pliables Bagllerina pour attraper le métro. Le bien-être de nos pieds inspire aussi les entrepreneurs!

Portrait d’Olivier Polge, le « nez » de Chanel

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Article paru le 22 février dans Le Journal du dimanche

Dès l’annonce de son arrivée chez Chanel à l’été 2013, j’ai souhaité tirer le portrait d’Olivier Polge. Comme beaucoup de connaisseurs du parfum, j’appréciais le travail du créateur d’IFF pour Dior Homme, Midnight in Paris de Van Cleef and Arpels ou Repetto. Des compositions caractérisées par les notes poudrées d’iris, une certaine androgynie des  fragrances masculines et une délicatesse qui affleure dans les créations féminines les plus grand public. Les usages de la maison de luxe veulent que les nouvelles recrues gardent le silence le temps de se familiariser avec la culture interne, c’est donc une grande satisfaction pour moi d’avoir pu réaliser cette interview en début d’année, peu après la confirmation de son rôle de créateur des parfums Chanel. Un poste d’autant plus prestigieux et stratégique qu’il y succède à son père Jacques, qui a signé quelques fleurons comme Egoïste, Coco Mademoiselle ou la très réussie Eau Première de N°5. Peu disert, ce qui lui confère une posture à la Patrick Modiano, le jeune homme s’exprime davantage par les molécules parfumées que par les mots mais sa modestie, d’après tous ceux qui l’ont approché, est non feinte. Une très belle rencontre publiée dans Le Journal du dimanche du 22 février.