La chute de Las Vegas

Photo Steve Marcus, Reuters, parue dans Paris Match. Comment un monde qui a créé de telles inégalités pourrait reprendre son activité comme avant?

Les images de sans abris allongés sur un parking de Las Vegas, au pied d’hôtels vides, brisent le coeur. Elles montrent toute la superficialité d’une ville bâtie sur du sable, ultra climatisée pour rendre supportable un climat désertique, dédiée à un divertissement devenu dérisoire en temps de crise sanitaire. Comme dit l’adage « Ce qui se passe à Vegas reste à Vegas ». Dans un pays puritain comme les États-Unis, la capitale économique du Nevada est l’endroit où l’on peut s’autoriser tous les excès : claquer ses économies au casino, acheter une prostituée, se saouler, faire un mariage express… avant de tout oublier comme dans le film Very Bad Trip et de retrouver sagement sa vie ordinaire. Dans cette période où il faut gérer l’urgence, la ville du jeu créée par la mafia est exposée dans toute sa vacuité.

Une certaine idée de l’enfer (photos P.C.)

J’ai eu la chance de voyager plusieurs fois aux États-Unis l’année dernière, pour le travail et pour les vacances. J’ai été invitée à Las Vegas par les montres Tudor pour assister aux concerts de Lady Gaga, qui est égérie de la marque. C’est un endroit extra-ordinaire au sens propre qu’il faut avoir vu une fois dans sa vie. On est ébahis devant les jets d’eau du Bellagio, vus dans Ocean’s Eleven, les néons qui clignotent, le Trump Hotel entièrement doré, la fausse pyramide, la fausse Tour Eiffel, la fausse Venise… C’est le royaume du fake, du mauvais goût, du clinquant, de la gabegie d’argent et d’énergies fossiles. En voyant Las Vegas au temps du réchauffement climatique, on pressent déjà sa fin. C’est une ville sans avenir, car on ne peut pas imaginer un Vegas écolo. Sa raison d’être même est l’inverse du développement durable!

Il existe pourtant un Las Vegas moins connu, que j’ai eu aussi la chance de visiter. Le district de Fremont, l’ancien quartier des casinos avant le Strip, est devenu un haut lieu du street art, soutenu par le mécénat de l’entrepreneur Tony Hsieh. Beaucoup des artistes et des guides touristiques de ce quartier sont les enfants des employés de casinos qui ont envie d’une autre vie que leurs parents. Ils ont grandi à l’ombre des hôtels et veulent que leur ville existe pour d’autres raisons que les machines à sous. Fremont laisse entrevoir un Las Vegas sans voitures, avec des restaurants bio et des jardins urbains. Au Neon Museum, on visite les enseignes obsolètes de l’ancien Vegas au charme rétro. Nous avons La Joconde et Le déjeuner sur l’herbe, ils ont leurs devantures décaties. Et l’on se dit que ce Las Vegas-là, qui n’oublie pas son passé, a peut-être un avenir.

J’ai testé… Paris à trottinette

Après l’Oculus Rift, j’ai répondu à une autre proposition alléchante d’une agence de relations presse : tester une visite de Paris sur une trottinette Micro Mobility. Cette marque suisse fondée par un banquier de Zurich soucieux de se déplacer rapidement incarne le haut de gamme de la planche à roulettes avec des modèles à 200 euros et jusqu’à 900 euros pour sa nouveauté électrique qui file à 25 km/h.

Conçue en Suisse et fabriquée en Chine, robuste et facile à plier (ce qui n’est pas le cas de ses concurrents d’après mon expérience), la Micro est adaptée aux enfants avec ses petites roues qui encouragent les figures freestyle (!) mais aussi aux adultes dans la version grandes roues bien stables et leur système de suspension.

L’agence 187 Com avait invité samedi dernier une poignée de journalistes pour un circuit inédit dans le Paris du street art. Il s’agissait avant tout d’une opération de communication pour faire parler de la marque (je m’y prête volontiers), mais l’agence et son client n’excluent pas de développer un programme de visites touristiques grand public tant l’expérience s’avère ludique. Circuler en trottinette est plus flexible qu’en vélo ou en Segway dans les petites rues du vieux Paris, et s’il faut slalomer entre les piétons et les véhicules de livraison, la formule est bien adaptée à un après-midi en famille. Surtout avec des pré-ados boudeurs…

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Un couple de souris squatte la rue Saint-Denis

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Space Invader nous fait de l’oeil

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La rumeur court…

La visite avec la guide Isabelle de l’organisme Localers, graphiste et spécialiste du street art, nous a menés sur les traces de Space Invader, aux mosaïques bien connues. Mais j’ai découvert d’autres oeuvres fondues dans la ville, telles ces souris en craie ou ces diamants en éclat de verre collés sur les murs. Ou encore ces morceaux de vélo laissés par un passe-muraille invisible. Le tout dans un périmètre compris entre le Marais et le Centre Pompidou où l’oeil attentif pourra repérer une tête de général de Gaulle. A pied ou à trottinette, Paris se visite aussi le nez au vent, car la poésie est au coin de la rue!

Verdict : une idée simple de sortie en famille le week-end. Avec un/e guide qui sait se mettre à la portée des enfants, c’est encore mieux.

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La prochaine fois que vous passez dans le quartier des Halles, levez les yeux

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La visite s’est terminée à la tombée de la nuit auprès de ce bonhomme mélancolique – photos P.C.