Une bonne idée par jour : acheter français

soutenonsnosentreprise.fr, un site pour favoriser l’achat français

La crise sanitaire mondiale que nous traversons repose la question de la relocalisation des industries. On l’a vu sur les masques et les tests, la délégation de certaines fabrications à d’autres pays a fait perdre du temps à la France dans la lutte contre l’épidémie. Pendant le confinement, les distributeurs s’engagent à privilégier les produits agricoles français, ce qui garantit des débouchés à des cultures qui doivent être récoltées.

Afin de soutenir les entreprises françaises, l’appellation Origine France Garantie et la plateforme de financement participatif Tudigo lancent une opération solidaire en trois volets : acheter français, prêter de l’argent à des TPE et PME, donner à une cagnotte. Le site soutenonsnosentreprises.fr recense toutes les initiatives à défendre. Encore une fois, c’est le consommateur qui a le pouvoir en choisissant les achats qui ont du sens : le dernier smartphone à la mode fabriqué dans des conditions sociales et environnementales déplorables qu’il changera dans un an, ou une production locale d’alimentaire ou de cosmétiques qui font vivre des salariés à côté de chez lui? Difficile d’arguer que le made in France coûte cher quand on dépense sans rechigner des dizaines d’euros par mois en abonnements à internet et à des plateformes de streaming (souvent américaines). Tout est question d’arbitrage et du coût réel de ce que nous achetons.

Cela fait des années que j’écris sur le « made in France », principalement dans Le Journal du dimanche. Je me tue à dire qu’acheter français n’est pas un mot d’ordre nationaliste mais une garantie de créations d’emplois et de cohésion sociale. La France est allée trop loin dans la destruction d’emplois industriels et a toutes les peines aujourd’hui à retrouver des savoir-faire dans le textile notamment. J’espère que cette crise remettra en cause une mondialisation excessive, même s’il y a fort à parier que la Chine fera pression pour que l’on continue d’acheter ses produits. Une consommation plus locale, plus raisonnée, dans tous les pays, peut cependant assurer une mondialisation plus responsable et moins coûteuse pour l’environnement.

Une bonne idée par jour : les masques de 1083

Fabrication_masques_protection_1083J’ai visité l’entreprise 1083 en janvier dernier et raconté dans Le Journal du dimanche le parcours de son fondateur Thomas Huriez pour relocaliser la fabrication de jeans en France. Depuis mardi, la société a réorganisé son atelier de Romans-sur-Isère pour coudre des masques de protection à destination des personnels soignants de la ville. Une réaction rapide et citoyenne pour faire face au manque d’équipement des personnes en contact avec les patients. D’autres entreprises de textile françaises se sont mobilisées : Atelier Tuffery en Lozère, Tissages de Charlieu dans la Loire, Saint-James dans la Manche…

Pour la fabrication de gel hydroalcoolique, L’Oréal, LVMH, Eugène Perma et des distillateurs font aussi fait tourner leurs lignes de production. Les salariés qui participent à « l’effort de guerre » malgré les risques méritent nos pouces levés.

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Fashion, la mode à voir en Normandie

Le programme d’expositions Fashion à la Réunion des musées de Rouen se poursuit jusqu’au 19 mai. J’en ai parlé dans le Journal du dimanche du 13 janvier dernier. Ces expositions ont la particularité d’être gratuites et de puiser dans les collections permanentes de six musées de la métropole normande. C’est notamment une rare occasion de voir rassemblées des robes métalliques de Paco Rabanne, dans le cadre du musée de la ferronnerie le Secq des Tournelles. Le musée des Beaux-Arts s’intéresse aux dandys du XIXe siècle, le musée de la Céramique au bijou, les Antiquités aux tissus coptes… À Elbeuf, la Fabrique des Savoirs abritée dans une ancienne manufacture textile retrace l’histoire du drap de laine, malheureusement balayé par la mondialisation dans les années 70. Une programmation qui mérite largement le détour.

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Le chanvre, la plante à tout faire

Lorsque j’ai commencé à enquêter sur le retour du chanvre, en cosmétique, alimentaire, textile, je ne m’attendais pas à tomber dans un véritable roman policier. Le complot pour éradiquer la plante, sous l’influence des industries chimique, papetière et du coton, a failli aboutir au XXe siècle. Mais ses vertus avérées pour la santé et sa capacité à pousser sans pesticide en font l’allié parfait des régimes éco-vegan. Et les tentatives de le discréditer pour sa parenté avec le cannabis ne découragent pas les producteurs français. L’article est paru le 31 décembre dans le Journal du dimanche.

LE JOURNAL DU DIMANCHE