Moutai, l’eau de vie chinoise qui veut convertir les Français

Ce voyage de presse dans le Guizhou, à l’invitation de l’eau de vie Moutai en juin dernier, a été assurément le reportage le plus mémorable de 2018. C’était une occasion unique de découvrir une province peu fréquentée par les touristes (dans le Sud-Ouest du pays, capitale Guiyang), la première industrie d’alcool au monde (loin devant le whisky et le cognac) et une tradition du baiju (l’eau de vie chinoise) qui aurait assuré la longévité du président Mao.

 

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J’ai testé… l’Oculus Rift avec The View from The Shard

Même si je n’ai rien d’une geek, tous les joujoux électroniques m’intéressent. J’étais à la récente Paris Games Weekj’ai testé les Google Glass avec Yves Saint Laurent Beauté, et j’ai sauté sur l’occasion d’essayer l’Oculus Rift à l’invitation de l’agence de relations presse Interface Tourism.

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Rendez-vous était donné dans un bus à impériale devant l’Opéra Garnier – photo P.C.

Celle-ci travaille pour The View from The Shard, l’attraction située dans la pointe de l’immeuble The Shard à Londres, qui offre une vue à 360° sur la capitale britannique. Inauguré en février 2013, il doit encore se faire connaître face à d’autres lieux touristiques comme le London Eye (qui est génial car il bouge, mais est bien moins haut) et propose pour les vacances de février deux billets enfants gratuits pour un billet adulte acheté.

Pour relayer cette opération, l’agence avait réuni quelques journalistes et des « blogueuses mamans » par un beau dimanche ensoleillé dans un bus à plateforme. L’occasion de jouer les touristes à Paris et de découvrir une animation multimédia sur un Oculus Rift Samsung. Marie, d’Interface Tourism, nous a mis en garde sur les risques de vertige mais bien assis sur son siège et même dans un bus en mouvement on ne ressentait aucune gêne. En tournant la tête à droite, on démarrait la session, en regardant en bas, le signe Exit s’affichait comme sur une piste d’atterrissage d’hélicoptère. Dans l’intervalle, on pouvait admirer « la vue depuis le Shard » sous tous les angles, y compris derrière soi. L’immersion est totale, la perte d’équilibre certaine si l’on se tient debout, l’usage prolongé déconseillé pour les enfants.

Verdict : l’expérience d’être à la fois aveugle et plongé dans l’image est saisissante. Mais c’est clair, on n’a pas l’air très intelligent avec ce casque sur la tête!

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A la recherche du vrai luxe

Selon un récent sondage Opinionway pour le joaillier en ligne Gemmyo, 90% des personnes interrogées jugent que les produits et services de luxe sont inaccessibles pour la plupart des Français. Et elles ont raison : ils ne leur sont pas destinés ! Les sondés ne sont pas dupes, puisqu’ils sont 84% à estimer que le luxe s’adresse en priorité aux touristes étrangers. Il suffit de déambuler dans un grand magasin parisien pour constater que l’on est passé d’enseignes démocratiques (cf. l’ancienne Samaritaine) à des écrins aristocratiques calibrés pour les acheteurs de maroquinerie, d’horlogerie et de parfumerie haut de gamme.

D’un côté, l’évolution est inévitable : les department stores se mettent au niveau de leurs homologues de Londres et de New York, alors que Paris a accueilli presque 17 millions de touristes étrangers en 2013, au coude à coude avec la capitale britannique. Le Bon Marché et le Printemps Haussmann qui flamboient de mille feux n’ont (presque) rien à envier à Harrods ou Saks 5th Avenue.

La maison de luxe britannique Burberry est l’invitée du Printemps Haussmann ce Noël

D’un autre côté, on a de plus en plus l’impression d’un pays à deux vitesses, où l’extrême luxe s’envole vers des hauteurs stratosphériques tandis que la majorité fait la course à la débrouille. Une visite du palace Peninsula, ouvert en août dernier avenue Kléber, suffit à s’en convaincre : c’est un déluge de dorures et de cristal qui se targue de proposer la suite la plus chère de Paris (35000 euros la nuit!?).

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Ayant eu le privilège de faire la visite avec l’architecte en charge du projet, Richard Martinet du cabinet Affine Design (photo ci-dessus), j’ai pu admirer l’excellence des métiers d’art mis à contribution pour la restauration de ce bâtiment construit en 1908 : sculpture sur bois, dorure à l’eau, peintures en trompe l’oeil, toiles marouflées restaurées…. La riche clientèle asiatique est sensible à ces attentions au patrimoine européen, tout comme elle prise l’extrême technologie des tablettes assurant le contrôle des commandes en chambres.

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Patrimoine et high tech, tradition et modernité, ce sont les nouveaux standards du luxe pour cette clientèle internationale. Un article dans M le magazine du Monde du 25 octobre nous apprenait pourtant que les nouveaux palaces d’origine asiatique (Peninsula, Mandarin Oriental, Shangri-La) ne font pas le plein à Paris. L’élite politique et économique leur préfère des établissements old money, Bristol ou George V. Il faut le dire, les groupes chinois n’inspirent pas confiance en termes de sécurité, cette fois c’est Vanity Fair de septembre qui démontrait à quel point la naïveté n’est plus de mise en affaires. Tandis que le Royal Monceau était agité par un conflit social cet automne, le boycott du Meurice et du Plaza Athénée, hôtels propriétés du sultan du Brunei qui a rétabli la charia dans son micro-Etat, a réduit encore l’offre de lieux de rendez-vous fiables dans la capitale.

Alors, où est le vrai luxe ? Dans une griffe voyante ou dans un objet rare? Dans une enseigne clinquante ou dans l’assurance de la discrétion? Dans une démonstration de technologie ou dans un service fluide et efficace? Le luxe à la française (et dans l’hôtellerie il porte les noms d’Accor, Barrière, Baverez) n’a pas dit son dernier mot.

1er Etage, un hôtel de poche dans le Marais

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Serge et Juliette Topolanski, les tauliers – photo P.C.

Paris est plein de surprises, il suffit parfois de pousser une porte. Quelques marches, un code à composer, et l’on se trouve dans un appartement meublé années 50. Nous sommes au 1er Etage, un hôtel de poche situé rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, au coeur du Marais. Juliette et Serge Topolanski l’ont ouvert en septembre dernier pour proposer une alternative aux voyageurs qui veulent vivre une expérience parisienne tout en bénéficiant de services hôteliers. « Paris a accueilli 29,7 millions de touristes en 2013, rappelle Serge, le financier du couple. L’offre hôtelière existante ne suffit pas à couvrir les besoins. » « Certains visiteurs ne trouvent pas leur compte entre les hôtels impersonnels et les chambres d’hôtes, où la promiscuité avec les propriétaires peut être envahissante », poursuit Juliette, qui a travaillé dans la publicité et la décoration. Le développement de nouveaux modèles comme Airbnb a répondu ponctuellement au problème, mais un grand ménage est en train de s’opérer pour clarifier le marché.

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Le 1er Etage, ce sont cinq chambres « comme à la maison, en mieux ». Le couple a écumé les Puces de Saint-Ouen pendant huit mois pour trouver les fauteuils Mad Men et étagères tout droit sorties de Mon Oncle de Jacques Tati, ou encore le comptoir à l’accueil qui leur a fait penser aux Tontons Flingueurs. « On adore tous les deux le cinéma français des années 50 et 60, souligne fièrement Juliette. Nous avons soigné les détails pour que les clients soient plongés dans une atmosphère française. Ils reçoivent un guide avec nos bonnes adresses. Les gels douche sont de la marque corse Casanera. »

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Un buffet chiné tout droit sorti des Tontons Flingueurs – photos P.C.

Un petit-déjeuner est servi le matin (compris dans le prix, de 200 à 270 euros la nuit) et les clients peuvent préparer leur programme de la journée en discutant avec les propriétaires. « On dévie assez vite sur les enfants. C’est une préoccupation universelle! » souligne Juliette Topolanski. Américains, Russes, visiteurs de la Fashion Week, l’adresse inscrite sur Booking.com et Tripadvisor attire une clientèle avertie -les avis mis en ligne sont très élogieux et Juliette leur répond personnellement. Une deuxième ouverture est prévue. Avec 1er Etage, Paris c’est dans la poche.