Résumé des épisodes précédents: réalité virtuelle, lobbying, parfum, design etc.

Retour sur mes articles publiés depuis le début de l’année.

-Ces derniers mois, j’ai signé plusieurs dossiers pour Stratégies sur des thèmes variés. Pour ceux qui me voient un peu comme une blogueuse beauté, sachez que j’ai plus d’une corde à mon arc! Même si le secteur des cosmétiques m’intéresse et m’amuse beaucoup.

16729330_10154507164269601_8436735383778343317_nA l’occasion du salon Virtuality, j’ai donc revêtu mon casque de réalité virtuelle pour explorer les utilisations de cette technologie par les marques. En publicité, l’opération de la bière Old Irish en Géorgie, qui mêle le réel et le virtuel, est bluffante. En communication de recrutement, Mazars a réalisé un film malin à 360° pour faire découvrir l’entreprise aux jeunes diplômés. Si certains sont sceptiques sur le potentiel grand public de la VR (virtual reality), ses applications B to B sont convaincantes.

Toujours pour Stratégies, j’ai signé le dossier « cible femmes » à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars. J’y démontre à quel point le marketing « genré » (rose pour les filles, bleu pour les garçons) est dépassé alors que l’enjeu principal des femmes est l’égalité salariale et que les nouvelles générations se définissent d’abord comme individu plus que par des chromosomes X et Y. Même les publicitaires le reconnaissent et ont eu la peau de la ménagère de moins de 50 ans.

17309271_10154586126464601_595930578159351422_nJ’ai enchaîné avec le dossier lobbying, d’actualité en pleine campagne présidentielle. J’ai rencontré des professionnels de l’influence (avec les réseaux sociaux, on dit engagement) parfois dans le métier depuis François Mitterrand et qui revendiquent une pratique éthique. En bon lobbyistes d’eux-mêmes, ils se défendent d’être des maîtres de la manipulation, et il est vrai que leur profession est plus encadrée (avec un registre au Parlement) que les frais des députés et sénateurs!

 

A venir le 20 avril, le dossier design, à l’occasion du Grand prix Stratégies.

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-Pour Le Journal du dimanche, qui vient de lancer une nouvelle formule, j’ai inauguré la rubrique Plaisirs avec un portrait de trois jeunes « nez » qui perpétuent l’art de la conception de parfum, pas totalement soumise au marketing. Il est rafraîchissant de constater que malgré les budgets publicitaires, les égéries et les promotions en magasins, la parfumerie est toujours un artisanat avec des créateurs qui « s’éclatent » à associer des matières premières.

Pour la même rubrique, j’ai publié dimanche dernier un article sur le « maquillage qui tache », la suite du sujet sur la beauté selfie ready que j’ai traitée sur ce blog. Le lip art, les oeuvres d’art sur les lèvres, est une rubrique en soi sur Instagram et les marques grand public comme L’Oréal Paris s’inscrivent dans le mouvement avec des lignes de maquillage qui font forte impression en selfie. Toujours aussi fascinée par la famille Kardashian, j’ai découvert l’existence du « lip kit » de la petite soeur Kylie Jenner lancé suite à son opération des lèvres et dévalisé en 30 secondes lors de sa mise en vente sur internet.

Pour les pages économie, j’ai traité le lancement du nouveau parfum Guerlain (avec Angelina Jolie) qui porte la stratégie internationale de la marque de LVMH, la tendance des agences bancaires qui se transforment en espace de coworking, celle de la « minceur à la française », ces entreprises (Puressentiel, LPG) qui prônent une traque non invasive des capitons, les start-ups innovantes en « e-santé ». Eclectique, vous dis-je.

-Dans Pharmacien Manager, je n’ai pas chômé non plus. Toujours au sujet de la e-santé, j’ai expliqué pourquoi les ventes de dispositifs médicaux connectés ne décollent pas (réponse : il n’y a pas encore de modèle économique) et j’ai interviewé le spécialiste de l’ubérisation Grégoire Leclercq. La pharmacie aussi est en passe d’être ubérisée avec des spécialistes de la livraison qui sont prêts à transporter les médicaments mais curieusement les groupements de pharmaciens eux-mêmes n’investissent pas dans ce secteur.

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Pour Pharmacien Manager, j’ai signé également une enquête sur la communication des pharmacies sur les réseaux sociaux, une pratique très contrôlée mais certains titulaires font cependant preuve d’innovation comme la Pharmacie Centrale à Castelsarrasin. En revanche, la Grande Pharmacie Bailly à Paris est dans les limites des règles du conseil de l’ordre avec des opérations promotionnelles et une association avec Colette.

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De retour de Hong Kong, j’ai interviewé la spécialiste de l’Asie Florence Bernardin sur les dernières tendances beauté. Où l’on apprend qu’en Chine, l’anti-âge commence dès 25 ans car la vie de bureau, la pollution, la lumière bleue des écrans abîment la peau.

 

 

-Enfin, je poursuis ma collaboration avec Design fax avec ces dernières semaines un reportage à la Biennale du design de Saint-Etienne et une interview sur la stratégie de Guy Degrenne pour s’adapter aux nouveaux usages culinaires.

Le design management, qu’est-ce que c’est?

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Design, ça fait trop fauteuil Eames. Aujourd’hui, dans les entreprises, on parle de design management. A savoir une méthode de travail qui part des modes de vie des utilisateurs, qui mobilise plusieurs compétences internes et externes et qui développe des produits et services utiles. Comme le disait Herbert Simon, prix Nobel d’économie et gourou des design managers, « le design est un ensemble d’actions qui vise à transformer une situation existante en situation préférable ».

Je fais le point sur le design management à l’heure de l’ubérisation de l’économie dans Stratégies spécial design du 14 avril 2016. Bousculées par les start ups dans les secteurs du transport, de l’hôtellerie, du commerce, les entreprises traditionnelles misent sur cette méthode pour innover, quitte à bousculer les habitudes internes (en général, ça fonctionne quand la direction est convaincue). Orange, SNCF, Accor Hotels, Decathlon en font partie, sur le modèle de leur mère à toutes, Apple.

Egalement dans ce numéro, j’écris sur les nouveaux métiers du design, sur le pack d’eau Evian sans emballage et sur le nouveau portail d’accueil des Deux Alpes.

Et ce n’est pas fini puisque j’ai le plaisir de rejoindre l’équipe de Design Fax, lettre hebdomadaire des professionnels du design, pour suivre l’actualité du secteur. A mon actif  ces dernières semaines (pour les abonnés) : les innovations de Samsung dans l’espace de travail connecté, le portrait du nouveau directeur Vision & Design d’Orange, les mésaventures du Lieu du design, au budget rogné par la région Île-de-France… Ma petite entreprise ne connaît pas la crise.

 

L’uberisation de l’économie, dans la beauté aussi

Il y a quelques mois, Les Echos publiait un édito sous la plume de Jean-Marc Vittori sur la fin du salariat. « Et si le salariat disparaissait… » prophétisait l’article qui résonne avec l’actualité, entre chiffres du chômage, polémique sur UberPop et vote de la loi Macron sur la croissance et l’activité. Gouvernants et médias s’agitent pour trouver comment redresser la courbe de l’emploi, mais le débat s’obstine à confondre travail et salariat.

Comme l’expliquait l’éditorialiste des Echos, ce dernier est lié à une période précise de l’histoire économique, caractérisée par des emplois industriels standardisés. Avec le déclin de l’industrie et l’émergence d’entreprises agiles nées grâce à internet, les notions de salaire, fiche de paye et contrat de travail sont bousculées. Et si le travail peut être une condition de réalisation personnelle et d’insertion sociale, il va falloir s’habituer à ce qu’il ne soit pas forcément associé à un employeur unique. Voire à ce que chacun devienne son propre employeur.

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Ces réflexions ont été alimentées par un entretien que j’ai eu avec Morgane L’Hostis, la cofondatrice de l’application Pop my day. Cet outil permet de réserver via son téléphone portable des services de manucure, maquillage, coiffure, massage à domicile. Comme Uber offre une alternative aux taxis, Pop my day permet de contourner les contraintes d’horaires des instituts de beauté. Et comme UberPop faisait appel à des chauffeurs indépendants qui souhaitaient arrondir leurs fins de mois, l’appli a recours à des esthéticiennes freelance, surnommées des « Popartistes », dûment déclarées et à jour de leurs cotisations, qui complètent leur activité. Ce type d’emploi à la carte correspond à ce que l’on a appelé « l’uberisation de l’économie » et que Morgane L’Hostis a étudié de près. Au passage, les dirigeants d’Uber sont ravis de la publicité gratuite assurée à leur nom, synonyme de cette nouvelle économie.

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Morgane L’Hostis, entrepreneuse de 24 ans

« J’ai travaillé chez Airbnb aux Etats-Unis et j’ai pu constater le développement des applis, dans le domaine des chauffeurs ou des coursiers, explique la jeune entrepreneuse. Cela correspond à une société où l’on a d’un côté des personnes qui ont les moyens et peu de temps, de l’autre des gens qui ont un travail précaire et souhaitent augmenter leurs revenus. C’est évidemment une conséquence de la précarité. On peut aussi le voir comme une transformation du marché de l’emploi et une remise en avant du salarié par rapport à l’entreprise. Chez Airbnb, j’ai vu des hôtes qui avaient quitté leur job pour vivre de la location de leur maison et appréciaient de nouer d’autres relations avec les autres. »

Evidemment, qui dit salariat dit cotisations, congés payés, comité d’entreprise… Mais les conditions sociales sont-elles si idylliques en entreprises? Combien de salariés rêvent de flexibilité sur les horaires, de télétravail, d’autonomie sur les tâches assignées? Combien d’anciens salariés qui ont monté leur boîte s’épanouissent dans un projet qui leur appartient, malgré les incertitudes et les pressions administratives? Combien de chômeurs refusent de saisir la première offre d’emploi venue, car elle est en dessous de leurs qualifications? L’excellent film La loi du marché avec Vincent Lindon le montre bien : un chômeur de longue durée, même volontaire et décidé à s’en sortir, n’est pas prêt à tout accepter pour payer ses factures à la fin du mois. C’est aussi une question de courage et de dignité.

A 24 ans, tout juste diplômée d’HEC, Morgane L’Hostis a beau jeu de voir dans l’emploi indépendant un facteur « d’empowerment ». Difficile pour un ouvrier de 55 ans de créer sa propre activité, la transition vers 40% de freelance estimée pour 2020 ne se fera pas sans soubresauts. Mais on peut aussi porter un autre regard sur cette nouvelle ère et voir les opportunités qui s’ouvrent plutôt que les risques du changement. Envisager le réel comme une comédie sociale britannique (The Van ou Full Monty, sur des chômeurs qui prennent leur destin en main) plutôt que comme un film des frères Dardenne qui voit le monde en mode binaire. Foi de journaliste indépendante… qui s’accorde quelques jours de vacances.