Qui n’a pas son coussin de peau?

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C’est l’année de la cushion cream (littéralement la crème coussin). J’ai découvert pour la première fois ces fonds de teint imbibés dans une éponge l’année dernière, quand Lancôme a lancé son Miracle Cushion à 45 euros (photo). Les beautistas émérites connaissaient déjà ce geste de beauté des Coréennes et commandaient leurs produits directement sur le site des marques Iope ou Etude House. Mais en 2016 en France, toutes les marques s’y mettent, et à tous les prix : Kiko, Yves Rocher, Sephora, L’Oréal Paris. Yves Saint Laurent arrivera en septembre avec un boîtier noir et doré, très chic à glisser dans sa minaudière pour aller danser, comme l’égérie Cara Delevingne.

J’explique ce phénomène dans Le Journal du dimanche du 28 février.

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Un peu de couleur dans l’hiver

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Le Joli baume de Clarins, back by popular demand

Froid, vent, grisaille, pollution, l’hiver à Paris est une épreuve. C’est pourquoi je sais gré aux marques de cosmétiques de nous offrir des bulles de bonne humeur lors de leurs présentations maquillage d’été. Les cosmétiques, c’est le petit accessoire futile qui apporte un peu de plaisir dans la vie. C’est aussi un secteur économique. Parmi les informations que j’ai glanées récemment lors des conférences de presse (reprises pour certaines par Challenges) :

-Le fond de teint Nude Magique Cushion est devenu la première référence maquillage de L’Oréal Paris en Asie.

-Givenchy a doublé son chiffre d’affaires maquillage en cinq ans dans le monde, principalement grâce au rouge à lèvres Le Rouge et au Prisme Libre, numéro un des poudres libres en Chine.

-Le Joli baume de Clarins (photo ci-dessus) a été le premier soin des lèvres vendu en sélectif en 2015. Censé rester une édition limitée, il entre au catalogue en 2016.

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Ceci n’est pas un gloss

A part ça on peut continuer à se lamenter sur la France qui tombe. On peut aussi célébrer le maquillage pour ce qu’il est, un univers coloré et créatif. Après avoir conquis les ongles, la couleur arrive sur les cils. Dior et Chanel ont ouvert la voie, Yves Saint Laurent va plus loin avec un mascara présenté dans un tube transparent comme un gloss, révélant des teintes flashy : fuchsia, bleu, vert, or… Des couleurs très Saint Laurent à déposer sur la pointe des cils ou en couche généreuse pour un regard en Technicolor.

Je ne sais pas où va Yves Saint Laurent, mais la licence beauté de L’Oréal Luxe se positionne de plus en plus comme la marque des party girls avec ses égéries Cara Delevingne en maquillage et Edie Campbell en parfum. Un virage très junior assez éloigné de la femme fatale fantasmée par M. Saint Laurent qui passe aussi par quelques produits iconiques comme le pinceau Touche Eclat, le mascara Volume effet faux cils ou le vernis à lèvres Rouge Pur Couture.

Photos P.C.

J’ai testé… l’Oculus Rift avec The View from The Shard

Même si je n’ai rien d’une geek, tous les joujoux électroniques m’intéressent. J’étais à la récente Paris Games Weekj’ai testé les Google Glass avec Yves Saint Laurent Beauté, et j’ai sauté sur l’occasion d’essayer l’Oculus Rift à l’invitation de l’agence de relations presse Interface Tourism.

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Rendez-vous était donné dans un bus à impériale devant l’Opéra Garnier – photo P.C.

Celle-ci travaille pour The View from The Shard, l’attraction située dans la pointe de l’immeuble The Shard à Londres, qui offre une vue à 360° sur la capitale britannique. Inauguré en février 2013, il doit encore se faire connaître face à d’autres lieux touristiques comme le London Eye (qui est génial car il bouge, mais est bien moins haut) et propose pour les vacances de février deux billets enfants gratuits pour un billet adulte acheté.

Pour relayer cette opération, l’agence avait réuni quelques journalistes et des « blogueuses mamans » par un beau dimanche ensoleillé dans un bus à plateforme. L’occasion de jouer les touristes à Paris et de découvrir une animation multimédia sur un Oculus Rift Samsung. Marie, d’Interface Tourism, nous a mis en garde sur les risques de vertige mais bien assis sur son siège et même dans un bus en mouvement on ne ressentait aucune gêne. En tournant la tête à droite, on démarrait la session, en regardant en bas, le signe Exit s’affichait comme sur une piste d’atterrissage d’hélicoptère. Dans l’intervalle, on pouvait admirer « la vue depuis le Shard » sous tous les angles, y compris derrière soi. L’immersion est totale, la perte d’équilibre certaine si l’on se tient debout, l’usage prolongé déconseillé pour les enfants.

Verdict : l’expérience d’être à la fois aveugle et plongé dans l’image est saisissante. Mais c’est clair, on n’a pas l’air très intelligent avec ce casque sur la tête!

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Valentin, je te pique ton parfum

On en conviendra, la Saint-Valentin barbe tout le monde, même dans sa version vaguement trash façon 50 nuances de Grey. Je préfère donc m’intéresser dès à présent à des parfums qui sortent au printemps et, surprise, ceux qui m’ont le plus intéressée ces derniers temps sont en majorité masculins. La question du genre est de plus en plus floue, en parfumerie comme ailleurs, et l’on aurait bien du mal à définir ce qu’est un parfum « genré ».

En apparence, tout est clair, en tête des ventes du moment La vie est belle est une bouffée de fleurs sucrées, Invictus un bloc de bois aromatiques. Sauf que… Dior Homme, incarné actuellement par la belle gueule Robert Pattinson, est le plus androgyne des sent-bons avec son coeur d’iris poudrée, et j’ai plus d’une amie qui porte Pour un homme de Caron, un modèle de lavande ambrée. Inversement, depuis que j’ai appris que certains hommes se parfument au Chanel N°5 au Moyen-Orient, j’ai la certitude que les goûts olfactifs transcendent les catégories marketing.

Parmi la production actuelle, sans doute influencés par les évolutions sociétales, j’ai le sentiment que les parfumeurs ont beaucoup plus de marge de créativité au rayon masculin ou mixte que dans les injonctions fleuries-fruitées des fragrances féminines. Sur ce créneau, ces dernières années, je retiens plus volontiers la rose boisée de Marni ou le cuir vert de Bottega Veneta que les bonbons pralinés de Guerlain ou de Nina Ricci. Les marques italiennes seraient-elles plus subtiles que leurs consoeurs françaises? A méditer.

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Ainsi parmi les prochains lancements j’ai eu un coup de coeur pour The Excelsior Bouquet d’Atkinsons, l’ancienne marque anglaise remise au goût du jour par Perfume Holding. Au-delà du jus, c’est tout un ensemble qui fonctionne : un nom exhumé des archives qui fait référence au premier vol transatlantique sans escale, son imaginaire de métal chaud et de veste en cuir souligné d’accents iodés, le flacon profilé comme une flasque de whisky. On sent que le parfumeur Benoît Lapouza s’est fait plaisir à raconter cette histoire sans contraintes de tests consommateurs. « C’est une parfumerie d’émotions, d’évocations, un mélange chaud-froid d’odeurs de décollage et de grands espaces » confiait-il dans le cadre cosy de l’hôtel Daniel en début de semaine. Les deux autres opus de la Collection Légendaire d’Atkinsons qui sort en avril au Printemps Haussmann sont une violette poudrée Love in Idleness signée Fabrice Pellegrin et un Amber Empire surdosé en muscs de Maurice Roucel. Mais c’est définitivement le blouson d’aviateur que je porterai ce printemps.

A suivre, le Campari de Guerlain, le casual chic de Givenchy et un étonnant exercice sur le thème de l’arbre. Lire la suite

50 nuances de clichés

Nina Ricci surfe sur le phénomène 50 Shades avec une Extase incarnée par Laetitia Casta. Comme on dit dans Quand Harry rencontre Sally : "Donnez-moi la même chose qu'elle"

Nina Ricci surfe sur le phénomène 50 Shades avec un parfum Extase incarné par Laetitia Casta. Comme on dit dans Quand Harry rencontre Sally : « Donnez-moi la même chose qu’elle »

Un siècle après Freud qui parlait du « continent noir », le plaisir féminin reste un grand mystère de notre époque et résiste aux représentations. Difficile de sortir des clichés, lèvres mordues et nuques renversées. Alors que l’adaptation du best seller 50 nuances de Grey sort sur les écrans, ce n’est pas la parfumerie grand public qui va renouveler le genre. Plusieurs créations récentes s’essayent à l’odeur de souffre… mais s’éventent bien vite.

Dernière proposition en date, L’Extase de Nina Ricci, qui sort en mars, entend rompre avec les jus sucrés pour jeunes filles. Incarnée par une Laetitia Casta en pâmoison, elle se veut une ode au désir féminin. Je laisse la parole au dossier de presse :

« Avec cette nouvelle création, Nina Ricci embrasse le rêve d’une femme au diapason de ses envies les plus secrètes. En accord avec son temps, elle revendique un plaisir de tous les sens. Celui d’être surprise, troublée, puis bouleversée. Une féminité habitée d’érotisme. Etre soi, même nue. Surtout nue. Incandescente, libre, déterminée. Un  rêve érotique féminin, un voyage imaginaire et charnel, au plus près d’elle, jusqu’à L’Extâââse.  » (le triple â est de moi)

Sans vouloir dénigrer le travail de l’excellent Francis Kurkdjian qui a signé de jolis projets de commande pour Elie Saab ou Carven, on peine à atteindre le nirvana avec ce jus à base de rose et de benjoin qui semble, comme beaucoup de parfums « masstige », étrangement dilué, sous-dosé. Il est toujours délicat d’annoncer aussi clairement la couleur quand la réalité s’avère au final si sage et policée. Il est vrai que la parfumerie de masse ne peut pas se permettre la qualité ni la quantité de matières premières de la niche, mais dans ce cas autant casser sa tirelire et s’offrir une vraie dose de sensualité, Féminité du bois de Serge Lutens par exemple.

Dans le genre « je veux mon shoot de sensation forte », il faut citer le carton du moment, Black Opium d’Yves Saint Laurent, 4ème des ventes fin 2014 après quatre mois seulement de commercialisation. L’idée de miser sur une note café est originale, mais l’impression qui ressort est encore celle d’un érotisme en plastique, aseptisé. Le film de publicité, montrant la mignonne Edie Campbell en état de dépendance olfactivo-amoureuse, peut faire sourire, mais plaît apparemment à la cible des jeunes filles, ravies de s’offrir leur « premier Saint Laurent ».

Pour la Saint Valentin, Lancôme, qui a réussi un coup de maître (commercial s’entend) avec La vie est belle, met le paquet sur son autre pilier Trésor avec une version La Nuit Trésor qui se veut elle aussi plein de promesses. Elle se revendique comme un « aphrodisiaque gourmand » qui ne lésine pas sur les ingrédients soi disant émoustillants : rose, cuir, vanille, praline. Comme Opium en son temps, mais de façon bien moins transgressive, elle entend « dévergonder la bourgeoise », en l’occurrence l’image romantique de Trésor, et la publicité montrant Penélope Cruz toute de noir vêtue (mais toujours avec une alliance, les bonnes moeurs sont respectées) se charge d’enfoncer le clou.

Je ne résiste pas à poster le lien vers la critique du site de passionnés Auparfum. Pas très charitable mais pour le coup, vraiment jouissif!

Un peu d’humour dans ce monde de brutes

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Article paru dans Le Journal du dimanche du 30 novembre

Cette tendance parue dans Le Journal du dimanche du 30 novembre n’avait d’autre prétention que de mettre en parallèle trois campagnes de publicité de parfums pour hommes qui jouent sur la dérision. La réplique à un univers très stéréotypé qui adore mettre en scène l’image du mâle dominant -ambiance French lover pour L’homme d’Yves Saint Laurent avec Olivier Martinez ou cadre dynamique pour Boss Bottled avec Gerard Butler et sa pointe d’accent écossais qui fait toute la différence.

L’arrivée des déodorants Old Spice en France était l’occasion de revenir sur les campagnes délirantes de cet annonceur devenu culte. Le film avec l’acteur pince-sans-rire  Isaiah Mustafa est un classique.

Changement de décor mais toujours détournement des clichés sur la virilité dans la nouvelle campagne sur le thème « Au secours, mon fils devient un homme! »

Après avoir fait virevolter La Petite Robe Noire, Guerlain taille un costard aux machos dans le film pour L’homme idéal tourné par Michel Gondry. Les hommes sont-ils vraiment sensibles à ce discours? La marque prétend que oui. Mais gageons que ce sont surtout leurs petites amies qui s’amusent à leur offrir le parfum des princes pas si charmants… mais tellement attachants au fond!

Illustration de l’article, les animations en grands magasins pour le parfum de niche Atkinsons jouent aussi sur le détournement en représentant un dandy à tête d’ours, clin d’oeil aux baumes à la graisse animale lancés par la maison dès 1799. Du gentleman au hipster, changement d’époque!

Géraldine Dormoy : « La Française a du style sans en avoir l’air »

Merci à Géraldine Dormoy, responsable éditoriale web de L’Express Styles, de m’avoir répondu pendant ses vacances pour le blog de Longchamp (lire l’interview ici).

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Avec ce blog lancé fin 2013, la marque de maroquinerie souhaite créer un véritable magazine lifestyle en ligne, mêlant mode, culture, voyage, et bien sûr quelques nouveautés produits, sans excès. La rubrique Mes rencontres donne la parole à des femmes actives et créatives qui s’expriment sur leur actualité et sur leur vision de l’élégance. Au fil des mois, l’écrivaine Tatiana de Rosnay, la fondatrice de Caudalie Mathilde Thomas, la designer Ionna Vautrin, la chef pâtissier Crystelle Brua se sont prêtées au jeu de l’interview, offrant un beau panel de femmes contemporaines. J’ai eu la chance d’interviewer la chef du Raphaël Amandine Chaignot pour ses conseils de repas de fête et Géraldine Dormoy de L’Express Styles pour son bilan des Fashion Weeks. Une autre rencontre est dans la boîte avec une des chefs d’entreprise françaises les plus en vue. Je pense important de mettre en avant ces « role models », à la manière de Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook, qui milite pour l’ambition des femmes.