Plus que jamais, luttons contre le tabou des règles

Depuis que j’ai écrit un article sur la fin du tabou des règles dans Le Journal du dimanche, j’aurais de quoi recommencer l’enquête tant l’actualité s’emballe sur ce sujet -et c’est tant mieux. Il y a le documentaire sur Netflix « Period. End of sentence » sur l’arrivée d’une machine à fabriquer des serviettes hygiéniques dans des villages indiens où les jeunes filles sont frappées de honte et obligées de se cacher lorsqu’elles ont leurs règles. Voir leurs sourires lorsqu’elles tiennent entre leurs mains ces protections bon marché n’a pas de prix.

 

Il y a eu la campagne puissante de Care sur le même thème, qui dénonce la déscolarisation des filles lorsqu’elles sont pubères, parfois simplement à cause de l’absence de toilettes séparées ou de l’accès à des protections hygiéniques (agence CLM BBDO).

 

Chez nous, il y a une floraison de start ups autour des nouvelles protections comme les box sur abonnement (Jho, MyHoly, Gina, Fava…), les coupes menstruelles (Luneale, Meluna, Be’Cup, Lamazuna…), des culottes absorbantes (Blooming, Smoon, Fempo…). J’ai même vu un communiqué sur des protections hygiéniques en soie bio chez PliM. Une nouveauté qui correspond aussi à la tendance du zéro déchet, un peu comme les couches lavables mais de façon moins contraignante (quelques jours par mois vs tous les jours!).

On parle de plus en plus des règles, des maladies comme l’endométriose, peut-être même qu’un jour la ménopause ne sera plus synonyme de mise au ban de la féminité. On parle moins des femmes précaires ou sans abri qui doivent se battre pour se nourrir et se loger chaque jour -mais comment font-elles lorsqu’elles ont leurs règles? J’étais récemment aux Grands Voisins à la soirée de l’association Règles Élémentaires qui collecte des serviettes et tampons. Il faut soutenir cette initiative qui met en évidence une précarité dont on n’a pas forcément conscience et qui s’engage aussi « à briser le tabou des menstruations ». Girl power!

 

Publicités

Plastique : le design en première ligne

Kochi

Cimetière de tongs sur une plage de Kochi, Inde, août 2018 (photo P.C.)

La lutte contre la dépendance au plastique est un enjeu majeur pour l’avenir de la planète. J’en ai pris conscience lors d’un voyage en Inde cet été car si la pollution et le gaspillage sont criants dans nos pays riches, elles sont choquantes dans des sociétés qui manquent de tout (je sais qu’il est paradoxal d’avoir des convictions écologiques et de prendre des vols long courrier, mais les voyages sont un plaisir auquel j’ai du mal à renoncer).

Pour Design fax, j’ai abordé ce thème sous l’angle des actions que peuvent mener les designers en termes de recyclage, éco-conception, utilisation de matériaux alternatifs… L’agence Market Value a réalisé une exposition pendant la Paris Design Week sur ces initiatives de start ups et fabricants pour lutter contre les déchets, comme des revêtements de sol réalisés à partir de plastique échoué sur les plages (les filets de pêche représentent à eux seuls 10% de la pollution plastique des océans).

 

Dorénavant, je n’aborde pas un sujet sans cet angle de vue et je peste contre le manque de responsabilité des industriels qui pratiquent encore le suremballage plastique. Je suis à l’affût des solutions « zéro plastique » comme ces pailles… en paille que j’ai repérées au salon Equiphotel en novembre dernier ou la société savoyarde Cosse qui produit des emballages végétaux réutilisables pour remplacer l’affreux film étirable. Il est certain que nous devons tous nous habituer à une consommation plus frugale. La prise de conscience commence à peine pour la plupart d’entre nous, surtout quand on est habitués aux voyages lointains…

IMG_9576

Pailles de la société Comatec Packaging à Equiphotel. Hôteliers, restaurateurs, arrêtez les pailles en plastiques par pitié pour la planète! (photo P.C.)