Une bonne idée par jour : le zéro déchet

Pour relâcher la pression sur les employés des supermarchés, et pour éviter au maximum les sorties qui pourraient faire circuler le virus, on essaie de limiter les courses à une ou deux fois par semaine en fonction de la taille de son foyer. Il serait donc absurde de gaspiller la nourriture dans ces circonstances. C’est le moment ou jamais d’apprendre à cuisiner sans jeter et à accommoder les restes. Cela vaut surtout pour les aliments périssables comme les fruits et les légumes.

Quand on achète des produits bio (carottes, pommes de terre), on n’a pas besoin de les peler. Les frotter simplement sous l’eau est suffisant. Avec les épluchures s’il y en a, on peut faire une soupe. La soupe, c’est le plat pratique qui recycle tout : on peut y mettre des feuilles de salade un peu flétries, des fanes de radis ou de carottes, un oignon, deux pommes de terre, on mixe et c’est bon. Si on a un congélateur, on peut en préparer d’avancer et stocker le reste.

Avec les bananes un peu mûres ou les pommes fripées, on fait un dessert délicieux avec du sucre et du beurre : on fait caraméliser dans une poêle et c’est prêt. Là aussi, on peut congeler pour plus tard. Cela peut servir de garniture pour un gâteau.

Avec les restes de pain, on peut faire plein de choses : des croûtons (coupé en dés et revenu à la poêle), de la chapelure (passé au mixer), du pain perdu (imbibé de lait tiède et passé dans l’oeuf battu, quelques minutes de chaque côté dans du beurre, saupoudré de sucre, c’est un petit-déjeuner de fête).

L’eau des pois chiches sert à faire des meringues, de la mayonnaise…

Au niveau expert du zéro déchet, il y a d’autres techniques. Connaissez-vous l’aquafaba? C’est l’eau que l’on trouve dans les conserves de pois chiches. Elle peut se monter en neige avec un batteur et remplace le blanc d’oeuf. Pour faire un glaçage par exemple, ça fonctionne. On peut aussi en faire une base de mayonnaise. Testé et approuvé!

Les Asiatiques connaissent les bienfaits des boissons chaudes qui rééquilibrent les énergies. Dans un restaurant japonais, j’ai découvert l’idée de servir l’eau de cuisson des nouilles soba en fin de repas avec un peu de sauce soja : ça réchauffe, ça aide à digérer. On peut le faire chez soi avec l’eau de cuisson des pâtes ou du riz. Le bouillon Kub est très salé mais peut dépanner faute de mieux. Sinon un peu de ciboulette ou de cébette (petit oignon vert), de l’huile de sésame ou de colza, quelques grains de poivre, c’est un bouillon parfumé et réconfortant.

Le zéro déchet, c’est aussi réduire le volume de nos poubelles pour faciliter le travail des éboueurs. Plus on cuisine maison avec des ingrédients bruts, moins on a besoin d’acheter des produits industriels sur emballés (paquets de biscuits, plats préparés…) et c’est meilleur pour la santé. D’autant qu’il est aussi plus difficile de recycler : beaucoup de centres de tri sont fermés. Dans mon arrondissement, on pratique la collecte de déchets alimentaires pour faire du compost, mais depuis le confinement, les poubelles dédiées ont disparu. Ce devait être trop difficile à gérer et pas assez sécurisé. Espérons que les bonnes habitudes reprendront après la crise sanitaire. Mais si on a un jardin, on n’a pas d’excuse!

Les cocktails soignent leur image

Le design de cocktails est une compétence que les bartenders doivent maîtriser. Au-delà de l’équilibre des goûts, l’aspect visuel doit être pris en compte pour séduire les clients, surtout à l’ère d’Instagram. Avec aussi un point sur la prochaine disparition des pailles en plastique jetable. Un article paru le 7 juillet dans le Journal du dimanche.

JDD07juillet2019

 

Plus que jamais, luttons contre le tabou des règles

Depuis que j’ai écrit un article sur la fin du tabou des règles dans Le Journal du dimanche, j’aurais de quoi recommencer l’enquête tant l’actualité s’emballe sur ce sujet -et c’est tant mieux. Il y a le documentaire sur Netflix « Period. End of sentence » sur l’arrivée d’une machine à fabriquer des serviettes hygiéniques dans des villages indiens où les jeunes filles sont frappées de honte et obligées de se cacher lorsqu’elles ont leurs règles. Voir leurs sourires lorsqu’elles tiennent entre leurs mains ces protections bon marché n’a pas de prix.

 

Il y a eu la campagne puissante de Care sur le même thème, qui dénonce la déscolarisation des filles lorsqu’elles sont pubères, parfois simplement à cause de l’absence de toilettes séparées ou de l’accès à des protections hygiéniques (agence CLM BBDO).

 

Chez nous, il y a une floraison de start ups autour des nouvelles protections comme les box sur abonnement (Jho, MyHoly, Gina, Fava…), les coupes menstruelles (Luneale, Meluna, Be’Cup, Lamazuna…), des culottes absorbantes (Blooming, Smoon, Fempo…). J’ai même vu un communiqué sur des protections hygiéniques en soie bio chez PliM. Une nouveauté qui correspond aussi à la tendance du zéro déchet, un peu comme les couches lavables mais de façon moins contraignante (quelques jours par mois vs tous les jours!).

On parle de plus en plus des règles, des maladies comme l’endométriose, peut-être même qu’un jour la ménopause ne sera plus synonyme de mise au ban de la féminité. On parle moins des femmes précaires ou sans abri qui doivent se battre pour se nourrir et se loger chaque jour -mais comment font-elles lorsqu’elles ont leurs règles? J’étais récemment aux Grands Voisins à la soirée de l’association Règles Élémentaires qui collecte des serviettes et tampons. Il faut soutenir cette initiative qui met en évidence une précarité dont on n’a pas forcément conscience et qui s’engage aussi « à briser le tabou des menstruations ». Girl power!

 

Plastique : le design en première ligne

Kochi

Cimetière de tongs sur une plage de Kochi, Inde, août 2018 (photo P.C.)

La lutte contre la dépendance au plastique est un enjeu majeur pour l’avenir de la planète. J’en ai pris conscience lors d’un voyage en Inde cet été car si la pollution et le gaspillage sont criants dans nos pays riches, elles sont choquantes dans des sociétés qui manquent de tout (je sais qu’il est paradoxal d’avoir des convictions écologiques et de prendre des vols long courrier, mais les voyages sont un plaisir auquel j’ai du mal à renoncer).

Pour Design fax, j’ai abordé ce thème sous l’angle des actions que peuvent mener les designers en termes de recyclage, éco-conception, utilisation de matériaux alternatifs… L’agence Market Value a réalisé une exposition pendant la Paris Design Week sur ces initiatives de start ups et fabricants pour lutter contre les déchets, comme des revêtements de sol réalisés à partir de plastique échoué sur les plages (les filets de pêche représentent à eux seuls 10% de la pollution plastique des océans).

 

Dorénavant, je n’aborde pas un sujet sans cet angle de vue et je peste contre le manque de responsabilité des industriels qui pratiquent encore le suremballage plastique. Je suis à l’affût des solutions « zéro plastique » comme ces pailles… en paille que j’ai repérées au salon Equiphotel en novembre dernier ou la société savoyarde Cosse qui produit des emballages végétaux réutilisables pour remplacer l’affreux film étirable. Il est certain que nous devons tous nous habituer à une consommation plus frugale. La prise de conscience commence à peine pour la plupart d’entre nous, surtout quand on est habitués aux voyages lointains…

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Pailles de la société Comatec Packaging à Equiphotel. Hôteliers, restaurateurs, arrêtez les pailles en plastiques par pitié pour la planète! (photo P.C.)