Une bonne idée par jour : être utile

L’épisode « Le Hameau » de la série L’Effondrement, visible sur YouTube. Faut-il forcément faire un métier manuel pour avoir le droit de survivre à une catastrophe? (photo AlloCiné)

Depuis le début du confinement, on a beaucoup parlé des métiers les plus utiles dans la gestion de la crise, les professionnels de santé, les employés de supermarché, les éboueurs et tous les salariés qui assurent la continuité de l’activité pour que l’eau, l’électricité, internet soient délivrés aux utilisateurs. Beaucoup de Français en télétravail ou au chômage partiel ont pu se poser la question de l’intérêt de leur métier, pas directement indispensable dans l’état d’urgence. On a même entendu que les métiers les plus utiles à la société étaient les plus mal payés, ce qui oublie un peu vite le rôle des médecins et des chercheurs en virologie, pas exactement des derniers de cordée, dans la lutte contre la maladie.

Je n’aime pas ce discours sur l’utilité, qui rappelle la révolution culturelle de Mao qui envoyait les porteurs de lunettes dans les champs. Dans un épisode de la série L’Effondrement visible sur YouTube, des rescapés sont triés selon l’intérêt de leur savoir-faire : un ébéniste a plus de valeur qu’un commercial au temps du survivalisme. Actuellement il est plus utile d’avoir un diplôme en médecine ou d’aller récolter des légumes qu’être artiste ou guide touristique, mais qui pourrait contester l’importance de l’art et de la culture pour affronter des difficultés? Les restaurants, les théâtres, les musées sont fermés parce qu’un virus invisible nous menace, pas parce que ces activités sont superflues. Et quand bien même on exerce un métier futile ou un « bullshit job » qui nous ennuie, cela signifie pas que l’on est inutile à la société ou que l’on ne peut pas se réaliser dans autre chose que son travail. La crise sanitaire pose la question du sens que l’on donne à son métier et de la reconnaissance des emplois mal payés, pas de la valeur des personnes en tant que telles.

Pendant cette épreuve, chacun peut être utile en faisant un don à une association, en aidant un voisin, en remontant le moral d’un ami, en s’occupant de ses enfants ou en respectant tout simplement le confinement pour soulager les hôpitaux. La plupart de ces actes sont invisibles et ne mettent pas leurs auteurs en danger, mais ils n’en contribuent pas moins à la cohésion de la société. Lorsque le virus sera sous contrôle comme on l’espère tous, les professions en première ligne pourront se mettre en retrait pendant que l’arrière reviendra au premier plan pour faire redémarrer l’économie. Chaque vie est précieuse et il ne faut pas laisser dire qu’il y a des utiles et des inutiles dans la société.

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