Cosmétiques de sorcières

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Cet article paru le 21 avril dans Le Journal du dimanche décrypte le filon marketing des sorcières dans les produits de beauté, qui inspire les marques Delbôve, Mélusine ou Garancia.

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Les questions de Notre-Dame

Le Sunday National m’a demandé d’expliquer à ses lecteurs les réactions à l’incendie de Notre-Dame, le 15 avril dernier. J’ai décrit l’émotion sincère face aux dommages subis par un monument cher au coeur des Français mais aussi le malaise face au déferlement de millions débloqués comme par miracle. Je reproduis ci-dessous l’article publié ici.

Pascale Caussat: Notre-Dame fire raises important questions

PEOPLE of Glasgow know what it is to cry over a national treasure. When the Glasgow School of Art, Charles Rennie Mackintosh’s masterpiece, was destroyed by the flames not only once but twice, you felt a sense of loss similar to mourning for a loved one.

You didn’t only lose the intricate carvings of wood and stone, the delicate pieces of furniture and interior design, the amount of skills that came into the conceiving and manufacturing of the space.

You also recalled the moments you spent there, the people who studied between those walls, the time and passion that were put into the renovation.

On top of that, you felt anger for the recklessness that could let that tragedy occur.

All the emotions felt towards a 19th century building are multiplied when applied to a cathedral that was erected 850 years ago. Last Monday, the images of the fire engulfing the roof of Notre-Dame and raging dangerously close to the two bell towers were a heartbreak.

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Triste postérité

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Dans “Il est avantageux d’avoir où aller”, Emmanuel Carrère reproduit une lettre de 2012 adressée à son “ami” Renaud Camus (ex-ami désormais) où il explique très bien son cheminement intellectuel d’écrivain confidentiel mais admiré à idéologue du « grand remplacement ». La page reproduite ci-dessus se termine par la phrase “ces convictions délirantes restent celles d’un homme intègre, pas d’une crapule”.

La pièce Les Idoles de Christophe Honoré évoquait aussi la figure de l’auteur en rappelant l’attrait qu’il a exercé sur ses lecteurs jusqu’aux années 90 et le dégoût qu’il a suscité ensuite. Christophe Honoré écrit à peu près “si Renaud Camus était mort du sida dans les années 90, il serait resté comme un grand écrivain”. À moins que ce ne soit “si Jean-Luc Lagarce ou Bernard-Marie Koltès avaient vécu, ils seraient peut-être devenus Renaud Camus.” Je ne me souviens pas des termes exacts mais j’ai en mémoire la cruauté du propos car elle m’a frappée, d’autant que j’ai lu le livre de Carrère peu après.

Je n’ai jamais lu Renaud Camus mais je pense que s’il est avéré que l’auteur de l’attentat islamophobe de Christchurch a été inspiré par ses écrits, les familles des victimes devraient porter plainte contre lui. Les idées tuent.

Les Journalopes, des journalistes « badass »

J’étais le 11 mars à la master class du collectif de femmes journalistes Les Journalopes organisée par l’association des anciens du CFJ. Suite à l’affaire de la ligue du LOL, à la journée internationale des droits des femmes et à la libération de la parole sur le sexisme au quotidien (voir l’enquête sur le milieu de la publicité dans Stratégies de cette semaine), il est essentiel d’entendre ces journalistes indépendantes qui se qualifient elles-mêmes de « badass », qui n’hésitent pas à aller sur les lignes de front en Irak ou en Ukraine mais qui se sont créées un environnement de travail sécurisant. « Lorsque l’on part sur une interview qui peut être problématique, on se prévient entre nous, expliquent-elles. Nous avons été marquées par l’assassinat de la journaliste Kim Wall en Suède, un des pays les plus sûrs du monde. Le traitement médiatique de son travail, à la façon d’un fait divers, a été très peu respectueux de son travail. »

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Moutai, l’eau de vie chinoise qui veut convertir les Français

Ce voyage de presse dans le Guizhou, à l’invitation de l’eau de vie Moutai en juin dernier, a été assurément le reportage le plus mémorable de 2018. C’était une occasion unique de découvrir une province peu fréquentée par les touristes (dans le Sud-Ouest du pays, capitale Guiyang), la première industrie d’alcool au monde (loin devant le whisky et le cognac) et une tradition du baiju (l’eau de vie chinoise) qui aurait assuré la longévité du président Mao.

 

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Plus que jamais, luttons contre le tabou des règles

Depuis que j’ai écrit un article sur la fin du tabou des règles dans Le Journal du dimanche, j’aurais de quoi recommencer l’enquête tant l’actualité s’emballe sur ce sujet -et c’est tant mieux. Il y a le documentaire sur Netflix « Period. End of sentence » sur l’arrivée d’une machine à fabriquer des serviettes hygiéniques dans des villages indiens où les jeunes filles sont frappées de honte et obligées de se cacher lorsqu’elles ont leurs règles. Voir leurs sourires lorsqu’elles tiennent entre leurs mains ces protections bon marché n’a pas de prix.

 

Il y a eu la campagne puissante de Care sur le même thème, qui dénonce la déscolarisation des filles lorsqu’elles sont pubères, parfois simplement à cause de l’absence de toilettes séparées ou de l’accès à des protections hygiéniques (agence CLM BBDO).

 

Chez nous, il y a une floraison de start ups autour des nouvelles protections comme les box sur abonnement (Jho, MyHoly, Gina, Fava…), les coupes menstruelles (Luneale, Meluna, Be’Cup, Lamazuna…), des culottes absorbantes (Blooming, Smoon, Fempo…). J’ai même vu un communiqué sur des protections hygiéniques en soie bio chez PliM. Une nouveauté qui correspond aussi à la tendance du zéro déchet, un peu comme les couches lavables mais de façon moins contraignante (quelques jours par mois vs tous les jours!).

On parle de plus en plus des règles, des maladies comme l’endométriose, peut-être même qu’un jour la ménopause ne sera plus synonyme de mise au ban de la féminité. On parle moins des femmes précaires ou sans abri qui doivent se battre pour se nourrir et se loger chaque jour -mais comment font-elles lorsqu’elles ont leurs règles? J’étais récemment aux Grands Voisins à la soirée de l’association Règles Élémentaires qui collecte des serviettes et tampons. Il faut soutenir cette initiative qui met en évidence une précarité dont on n’a pas forcément conscience et qui s’engage aussi « à briser le tabou des menstruations ». Girl power!

 

Focus sur les « indie brands » du maquillage

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On parle beaucoup dans le monde de la beauté des « indie brands », ces marques indépendantes qui font de l’ombre (à paupières) aux grandes. Des alternatives qui n’ont rien de marginal puisque Huda Beauty par exemple, création de l’Américaine d’origine irakienne Huda Kattan, réalise 300 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel. Il faut absolument aller voir son compte Instagram aux 33 millions d’abonnés, c’est un festival de maquillage opulent, faux cils épais, fond de teint ultra-couvrant, « contouring » expert…

Un festival de superficialité mais je ne peux m’empêcher de saluer cette jeune femme issue de la finance qui a fait de sa passion du maquillage un business. Son compte met en avant différents types de beauté comme des jeunes filles voilées et handicapées et son discours est plein d’humour et positif, à l’américaine à coup de « darling » et « gorgeous » adressés à ses fans. Elle a répondu à mes questions sur la façon dont elle a lancé son entreprise et m’a expliqué qu’elle avait travaillé à rebours des marques traditionnelles en construisant d’abord une communauté de fans, devenues naturellement des clientes très loyales.

J’ai dévoré Beauté fatale de Mona Chollet sur l’injonction à la beauté qui aliène les femmes mais je m’incline devant la réussite de femmes indépendantes comme Rihanna (sa ligne Fenty Beauty fait un carton), Anastasia Soare (marque Anastasia Beverly Hills) ou Emilie Weiss de Glossier. Et même Kylie Jenner, désignée plus jeune « self-made milliardaire » par Forbes à 21 ans. Grâce à des rouges à lèvres certes, mais il y a du travail derrière. Je suis convaincue que l’on peut être féministe, entrepreneure, intello et aimer le maquillage. Ce que passe sous silence Mona Chollet dans son essai, c’est à quel point les produits de beauté peuvent être un réconfort face aux épreuves, il suffit de voir l’effet de l’association CEW auprès des femmes atteintes de cancer ou de Joséphine sur les femmes précaires (j’en ai parlé ici).

Bref, je m’égare, je voulais parler de l’enquête que j’ai consacrée aux « indie brands » dans le collector luxe de CB News paru en fin d’année dernière.

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