Design et cuivre, le bon alliage

Le cuivre, c’est le détail design qui n’a l’air de rien mais qui change tout. Deux marques de cosmétiques l’utilisent avec subtilité, l’élevant au rang de nouveau code du luxe.

Chez Codage, créée par la fratrie Amandine et Julien Azencott, la charte graphique est majoritairement noir et blanc, en cohérence avec son inspiration pharmaceutique déclinée dans la boutique de la rue du Trésor à Paris. Mais dans le laboratoire et l’espace institut, le cuivre martelé apporte la juste touche de couleur et de chaleur. Une identité visuelle signée de l’agence 7 Lieux.

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Derrière le comptoir d’accueil, un mur façon tableau périodique des éléments, en lien avec les ingrédients des formules personnalisables

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Tout en transparence, le mini-laboratoire fait apparaître le mur cuivré de l’institut

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Le métal vient réchauffer le code couleur noir et blanc, synonyme de rigueur scientifique

Cha Ling l’esprit du thé vient tout juste d’éclore au sein du groupe LVMH. Cette marque de cosmétiques franco-chinoise, formulée autour d’une variété ancestrale de thé du Yunnan, se veut respectueuse de la nature et de la peau. BETC Design a créé le logo et les packagings, avec de nombreuses références à la culture chinoise : idéogrammes traditionnels, volutes évoquant l’infusion du thé, toucher céramique, couleurs blanc, vert, rouge et ce qu’il faut de cuivre pour rappeler les théières traditionnelles. L’effet est apaisant, élégant, haut de gamme (jusqu’à 250 euros le masque de printemps), précurseur d’une nouvelle forme de luxe, transculturelle et concernée par la biodiversité.

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Chez Cha Ling, nouvelle marque franco-chinoise du groupe LVMH, le cuivre rappelle les ustensiles traditionnels chinois

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Blanc et cuivre, un contraste apaisant dans la salle de bain

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Un univers à retrouver au Bon Marché Rive Gauche

J’ai traité des projets de Codage en pharmacies dans le numéro de février de Pharmacien Manager et du lancement de Cha Ling dans Le Journal du dimanche du 24 janvier.

Toutes les photos : P.C.

La beauté cachée du lait

Le lait de vache n’a pas bonne presse. Ses bienfaits pour la santé sont remis en cause comme le décryptait un récent article très fouillé du Monde. Quant à l’affaire de la « ferme des 1000 vaches », elle illustre les dérives du productivisme par opposition à une agriculture de proximité.

C’est dans ce contexte que le Cniel, l’interprofession laitière, organise jusqu’au 30 juin l’exposition « Milk Lab, les designers réinventent le lait ». Réunis par la journaliste Claire Fayolle dans une scénographie d’Ich & Kar, une dizaine de designers et des étudiants de Reims et de Nancy ont imaginé des propositions futuristes sur le thème du lait, en tant que contenu, contenant et ingrédient de nouveaux matériaux.

Mes petits chouchous des 5.5 Designstudio ont amené le geste de la traite en ville à travers le projet « Vache à lait » :

5.5

BETC Design a imaginé une imprimante 3D pour créer des objets comestibles :

BETC Design a imaginé une imprimante 3D pour créer des sculptures comestibles

Eliumstudio s’est associé à la start up lyonnaise Lactips, qui a mis au point une matière plastique compostable et biodégradable à partir de la caséine, une protéine du lait :

Eliumstudio s'est associé à la start up lyonnaise Lactips, qui a mis au point une matière plastique compostable et biodégradable à partir de la caséine, une protéine du lait

C’est le plus simple, le plus « low tech » et le plus facilement exploitable des projets. « Hot Milk Lab » de Sebastian Bergne est un bar à lait à mixer avec des épices et des arômes :

C'est le plus simple, le plus

Et aussi… Le designer culinaire Marc Brétillot a proposé des moules à fromage irréguliers, Stéphane Bureaux un bol à et en lait (à base de caséine), Nodesign une imprimante utilisant le lait comme encre, Sismo une application pour smartphone, l’étudiante de l’Ecole supérieure d’art de de design de Reims Sijya Gupta une pâte à lait nutritive…

Une opération de communication et de lobbying grandeur nature pour l’interprofession, qui investit une galerie d’art éphémère, la Milk Factory, 5 rue Paul Bert dans le 11e arrondissement de Paris. Plus originale qu’une campagne de communication, c’est une façon de parler du lait sous l’angle de la création et de la prospective. Mais du lait de vache uniquement, les laits de chèvre ou d’ânesse sont non grata au Cniel.